7/14/2025

5 ans

5 ans.

Il y a exactement 5 ans, ç'a déraillé, c'est arrivé. Comme si mon cerveau n'en pouvait plus.

Il y a exactement 5 ans, j'étais convaincu que j'avais tout compris. Les regards, les réactions, les comportements des derniers jours... Puis, un gars m'a dit d'appeler ma famille. Ma soeur m'a dit d'appeler notre cousine psychiatre. Ma cousine m'a dit d'aller tout de suite à l'hôpital.

Je ne me souviens plus trop ce qui s'est passé après ça. Ma soeur est venue me chercher à mon appart et on est entrés dans le building.

Il y a exactement 5 ans, ma mère et ma soeur m'ont vu et accompagné dans un état délirant, psychotique, se demandant désespérément quoi faire pour m'aider. Je crois bien qu'il n'y avait rien à faire d'autre que d'attendre qu'on me prenne en charge. Pendant ce temps, mes neurones surchauffaient violemment.

Il y a exactement 5 ans, dans la salle d'attente, je disais haut et fort toutes sortes de choses qui n'avaient absolument aucun rapport entre elles. Je faisais des liens hyper rapides dans ma tête, mais rien de tout ça n'était cohérent.

Aucune idée de ce qu'on m'a donné comme médicament. Toujours est-il qu'après avoir avalé la chose, j'ai filé dans les bras de Morphée pendant plusieurs heures. Je me suis réveillé un instant, le temps de constater qu'on était en train de déplacer ma civière ailleurs dans l'hôpital.

Le lendemain ou le surlendemain, une psychiatre m'a posé des questions.

À l'époque, je ne connaissais vraiment pas grand chose du trouble bipolaire. Un des symptômes est d'avoir des idées de grandeur. Et pour en avoir, j'en ai eu!

Un soir, un peu avant minuit, j'ai appelé ma soeur, hyper excité de lui dévoiler ma vocation. Elle était couchée, avec de petits yeux. Je venais de la réveiller et elle ne comprenait pas trop ce que je lui racontais. C'est que c'était vraiment gros, ce qui venait de se passer. J'avais trouvé mon objectif de vie. Ma voie.

C'était clair dans ma tête : j'allais devenir Premier ministre du Québec et j'allais réaliser l'indépendance du Québec!

Aujourd'hui, j'en ris, bien sûr. Et quand j'en parle à des gens, juste après leur avoir dit c'était quoi le diagnostic, ils trouvent ça bien drôle aussi.

8/25/2024

NP : magazine remarquable


Ça n'a pas beaucoup retenu l'attention, mais pour la troisième fois de sa courte histoire, le magazine Nouveau projet a remporté le titre du meilleur magazine au Canada dans la catégorie Actualités, affaires et intérêt général - toutes langues confondues. C'était pendant les 47e Prix du magazine canadien, qui ont été remis à Toronto, en juin dernier.

Il y a un peu plus d'un an, les activités du magazine ont fait l'actualité. Des collaborateurs attendaient de recevoir leur chèque émis par le magazine depuis des mois, voire des années. Ça avait fait un peu jaser dans le milieu médiatique. Le rédacteur en chef et cofondateur de NP, Nicolas Langelier, avait dû se défendre.

J'étais personnellement surpris de ça. Je me doutais bien qu'ils ne roulaient pas sur l'or, mais ces délais étaient très importants, si bien que des gens ont dit qu'il y avait faute grave et que, avoir su, ils n'auraient pas collaboré avec le magazine.

Une autre fois, c'était en 2020. Une affaire qui a suscité bien des questionnements de mon côté, je dois l'avouer. Le Devoir révélait dans ses pages l'entreprise qui était derrière la biographie de Lino Saputo. C'était la maison d'édition Atelier 10, qui publie Nouveau projet. "Atelier 10 a créé de toutes pièces une maison d’édition pour cet ouvrage qui ne « cadrait pas » avec les orientations de l’éditeur de Nouveau Projet."

Je me souviens d'ailleurs avoir écrit à Nicolas après avoir lu l'article (je le connaissais un peu et je l'avais croisé à une soirée pendant le congrès de la FPJQ) pour lui dire que je comprenais, mais aussi que j'avais été choqué. Malheureusement, je n'ai pas retrouvé mon message. Je n'ai pas eu de réponse, mais je m'en fous.

Aujourd'hui, à ma connaissance, cette maison d'édition n'a rien publié depuis. Le site Web, c'est 3 pages et il n'est question que de la biographie de Saputo. Au moins, ils ont pu faire un peu d'argent, j'espère...

Pourquoi tout ce préambule?

Le 27e numéro de NP est arrivé dans ma boîte aux lettres il y a une dizaine de jours. Au début de chaque numéro de Nouveau projet, Nicolas écrit L'intro. Et jamais je n'ai été déçu par ses textes. Il ne faut certainement pas être écoanxieux pour lire l'intro de NP27, mais je dois dire que c'est plutôt bien. En fait, à chaque numéro, je lis ces quelques pages avec un grand intérêt. Ça amène à réfléchir, le ton est juste excellent.

Je ne lis pas tout le contenu du magazine, pour être bien honnête. Il y a des textes de fond, des textes plus légers, des écrits plus sentis, des nouvelles au sens littéraire du terme, de la poésie. Même si un abonnement n'est pas donné, il y a toujours quelque chose de bon dedans et je me dis que ça vaut la peine de faire partie des abonnés.

Atelier 10, qui publie aussi des essais et des textes de pièce de théâtre, n'est certainement pas parfait. Il y a eu des embûches, des erreurs, des litiges...

Toujours est-il que NP a fêté ses 10 ans en début d'année. Dans cette entrevue, on peut comprendre que Nicolas a une belle vision et qu'il a fait preuve d'innovation.

8/04/2021

Que d'apprentissages!

Dans la vie, on apprend, tous les jours. Sur le monde, sur les autres, sur soi-même.

Dernièrement, je suis allé voir le film "Le guide de la famille parfaite", de Ricardo Trogi, avec Louis Morissette, qui a aussi participé à l'écrire du film. J'ai appris des choses? Certainement. Je retiens qu'il faut faire attention à l'anxiété de performance. Je n'en dis pas plus, allez voir le film. C'est presqu'aussi bon que Le mirage.

Au cours des derniers mois, j'essaie d'apprendre à lâcher prise. Oh là, ça c'est pas évident, on s'entend là-dessus. C'est tout un défi! Mais je pense que plus le temps passe, plus j'y arrive. Je me dis que je ne peux pas tout contrôler. Je me dis que "ça va bien aller". Je me dis que je fais de mon mieux pis que c'est ben correct de même.

On dirait que la vie est faite pour apprendre. Récemment, j'en ai appris un peu plus sur Noémi Mercier, brillante journaliste et actuellement cheffe d'antenne à Noovo, grâce à l'entrevue qu'elle a accordée dans le cadre de l'émission Métier journaliste. Dans un de nos cours, quand j'étais aux études en comm, on nous a demandé de faire un portrait de journaliste. Ça m'avait pris des semaines à décider. J'hésitais entre Steve Proulx et Jean-Benoît Nadeau. Finalement, j'avais fait le portrait de JBN. Mais à bien y penser, j'étais plus intéressé par M. Proulx, qui soulignait d'ailleurs, il y a quelques jours à peine, son dixième anniversaire en tant qu'entrepreneur.

Aujourd'hui, c'est clair que je ferais le portrait de Noémi Mercier, femme forte et féministe assumée. Il y a de la matière et elle mériterait certainement qu'un(e) étudiant(e) fasse un bon portrait étoffé d'elle. Je la connais peu, mais je suis sûr que c'est vraiment une femme exceptionnelle.

Autre chose que j'ai apprise il n'y a pas si longtemps : le mot ptérodactyle (tsé, les dinos qui volent) vient du latin pterodactylus, signifiant « doigt ailé ». Je savais pour dactylus. Mais j'ignorais pour ptero. C'est ma grande soeur qui me l'a appris. Elle sait beaucoup de choses, elle. Elle a cette réputation dans la famille (et même au-delà, certainement), une réputation tout à fait fondée. "Demande à Caro" est presque devenu un classique. 

Et quand elle ne sait pas ou qu'elle se pose une question, elle cherche. C'est ce qu'elle a confié l'autre jour à ma nièce et à mon filleul.

"Pis savez-vous ce que je fais quand je sais pas?" Les deux enfants, curieux, ont répondu par la négative. "Je cherche!".

Voilà. Il n'en fallait pas plus pour leur faire comprendre qu'on peut chercher (et trouver!) quand on ne sait pas.

On apprend tous les jours, même sans s'en rendre compte. Je suis convaincu de ça. Même si, dans ta journée, tout ce que tu as fait (ou presque), c'est dormir, aller un peu sur Facebook pis jouer aux cartes sur ton ordi (fait vécu dernièrement, alors que je vivais une mauvaise journée).

Il y a des journées plus tough que d'autres. Aujourd'hui, ça va bien. Je tiens à le dire. Demain ou après-demain, je ne saurais le dire.

À chaque jour suffit sa peine, comme le dit le proverbe.

Et d'où vient ce proverbe? On le trouve dans le Nouveau Testament (Matthieu, 6:34). "Jésus conclut ainsi un discours où il conseille de ne pas se soucier du lendemain et de faire confiance à la providence divine."

J'ai trouvé. Merci Wiki :)

6/15/2021

Je vais bien mieux

Il y a quelques mois déjà, je demandais ici comment vous alliez.

En espérant que ça s'améliore si ça ne va pas. Ou que ça se maintient si ça va bien.

Un mot pour dire que je vais bien mieux, moi. J'ai plus d'énergie. Peut-être pas autant qu'au début de l'an dernier, je dirais. En fait, ça dépend.

Dans mon journal de l'humeur, on peut voir qu'au cours des dernières semaines, j'ai flirté avec la déprime et l'exaltation. C'est pas mal ça, le trouble bipolaire, je pense. Ces derniers jours ont été neutres, normaux. Et c'est ce qu'il faut, le plus possible.

C'est important de prendre soin de soi, je ne vous apprends rien.

***

Ce qui me rend surtout content (heureux?), c'est aussi l'élection d'un beau conseil d'administration pour le projet que je porte (avec d'autres, bien sûr), Valoristes Québec. Enfin, des élections ont pu avoir lieu et on a recruté sept belles personnes dévouées. L'organisme est entre bonnes mains, pas mal certain de ça.

Comment je me sens? Plus léger, soulagé. Participer aux premiers pas d'un OBNL, c'est stimulant, drainant, mais ça ne se fait pas tout seul ou avec 2-3 bénévoles engagés. Avec les élections du CA, je pense qu'une étape importante a été franchie. Et qu'on peut passer à un autre niveau.

Je suis fier, aussi. Quand j'en ai glissé un mot sur Facebook, une tante m'a félicité et m'a notamment écrit ceci : "un immense bravo pour tous tes efforts qui ont contribué à ce résultat".

Je suis fier du résultat et je suis excité à l'idée de collaborer activement à la suite du projet.

***

Ce blogue s'appelle Tête heureuse. C'est mon papa qui a suggéré le nom il y a quelques années déjà. Ce titre, pour moi, comme à peu près tout le monde j'imagine, c'est un espèce d'objectif à long terme. Physiquement, ça va bien. Et mentalement, présentement, si on compare à cet hiver, je vais bien mieux.

Et je souhaite que ça dure.

4/16/2021

"Y a du vomi dans l'entrée"



Salut!

Cette pandémie qui perdure m'a rappelé une anecdote. Et j'aimerais vous la partager.

Ça vient de me passer par la tête. Le parallèle que je vais faire est peut-être un peu boiteux, mais je me demande bien ce que serait devenue cette pandémie si les symptômes de la maladie étaient différents et bien définis.

Je m'explique. Tout le monde connaît la gastro. Les symptômes, on les connait! Personne ne souhaite refiler ça à quelqu'un d'autre. Personne ne souhaite que ses amis se mettent à chier liquide ou à gerber à profusion. Personne.

***

Je me souviens d'un samedi où j'étais censé aller voir Daniel Boucher en spectacle à L'Assomption, au théâtre Hector-Charland. J'y étais allé avec un bon ami à moi.

Quelques heures avant le show, je parle à mon père qui me dit qu'il ne se sent pas bien et tout le tralala. Ah bon, que je le lui réponds, tout en me dirigeant vers la salle de bain de la maison.

Avais-je bien lavé mes mains? Sûrement pas.
Et avais-je limité mes contacts avec mon papa? Je ne crois pas.

Une fois rendu sur place, à L'Assomption, je me sentais quand même bien. Mais dans la salle, quand le spectacle a commencé au son de la chanson Voyons donc (m'en souviens comme si c'était hier), j'ai rapidement eu des nausées.

Je pensais résister, mais un moment donné, je n'étais juste plus capable. J'ai dû sortir de la salle. Et tout juste après avoir poussé la porte, c'est sorti. Je me suis dirigé péniblement vers les toilettes en criant au passage : "Y a du vomi dans l'entrée". 

Les préposés m'avaient entendu, car je suis allé voir après, et c'était nettoyé. Ouf, disons qu'on s'est évité un entracte particulier pour de mauvaises raisons.

J'ai donc à peine vu le show, c'est clair. Le reste, je l'ai tout juste entendu (plus des vibrations qu'autre chose). J'essayais de reconnaître les tounes, bien assis sur la bol ou tout près des toilettes, et prêt à y retourner pour évacuer.

Je ne suis pas retourné dans la salle, il me semble. En fait, je n'aurais peut-être juste pas dû aller au show. Et j'espère ne pas avoir contaminé des personnes lors de cette soirée. Parce que quand ça se met à sortir des deux bords, on s'entend, c'est pas agréable.

***

Pour revenir à ce foutu coronavirus... Il est insidieux, car la COVID-19 comprend toutes sortes de symptômes, du nez qui coule à la fièvre en passant par des problèmes respiratoires. Même que des fois, les symptômes sont absents sauf que la maladie est bien là. Et elle peut tuer des gens ou les rendre très malade.

C'est pour ça que la COVID, elle fait tellement chier :)

Respectons les consignes (distanciation, masque, lavage de mains). Imaginons que si nous ne faisions pas ça, les gens qu'on côtoie se mettaient facilement à vous savez quoi pendant des semaines. Comme moi je l'ai fait à l'Assomption, mais juste un soir.

Et allons nous faire vacciner.

Pour que tout ça finisse au PC. Ça achève... Chaque jour qui passe nous rapproche de la fin.

12/31/2020

Particulière 2020

2020... quoi dire?

Il y en aurait tellement à dire au sujet de ce qui s'est passé au cours des 365 derniers jours. Tentons de résumer ça en quelques mots.

2020, année particulière si c'en est une. Because pandémie, bien sûr.

J'ai joué une fois au jeu de société Pandémie. La partie avait duré un bon deux heures. Pis cette année, comme tout le monde, j'ai "joué" trop longtemps dans la vraie vie. Pis c'est même pas fini. Vivre dans un contexte pandémique, c'est pas l'fun pantoute.

2020, année où j'ai plongé dans un projet d'entreprise qui m'emballe encore aujourd'hui, mais avec moins d'intensité (pis c'est tant mieux, croyez-moi :)). Et année lors de laquelle j'ai cofondé un OBNL qui, on l'espère bien, va se développer de belle façon.

2020, année où j'ai pris du temps à me remettre sur pied. Présentement, avec les médicaments, je gère mon trouble comme il faut. Ça s'améliore de belle façon. Je suis entouré de personnes compétentes et j'adopte, je crois, une bonne attitude. Mais on y va un jour à la fois.

Alors on se dit quoi? À la fin de ma plus récente rencontre avec l'éducatrice, elle m'a demandé ce qu'elle pourrait me souhaiter pour 2021.

"De la sérénité", ai-je répondu spontanément. J'avais comme oublié la santé, qui s'avère très importante. Santé physique ET santé mentale.

Pourtant, si on regarde pour sénérité : "État de calme, de tranquillité, de confiance sur le plan moral", indique Larousse.

Alors donc santé et sérénité, ça me semble un bon mix.

11/26/2020

Ça va?

En temps "normal", on pose la question assez souvent, surtout de façon banale.

En fait, on demande : "Ça va bien?". Une question déjà orientée et qui encourage l'interlocuteur à dire un "oui" bien ordinaire, sans vraiment trop y réfléchir.

Mais là, à cause de cette saleté de pandémie, on dirait que le "ça va?" prend une autre tournure. Il est plus profond et sincère. On est plus à l'affût de l'état physique et mental de nos proches et des gens dans nos réseaux.

Bon, puisque vous êtes peut-être curieux d'avoir une réponse sincère de ma part, justement, je vais vous le dire... 

Je vais bien. Je suis fatigué, mais je vais bien. En fait, c'est que ça dépend des jours.

Bien. Présentement, il faut parfois, encore, que je me répète ce que la psychiatre du TIBD (Traitement intensif bref à domicile) m'a dit cet été : ça va prendre du temps à revenir à la normale.

De toute façon, la normale, on dirait que ces temps-ci, je sais plus trop c'est quoi. Tant pour mon état personnel que l'état de la pandémie.

Oui, j'apprivoise mon trouble bipolaire, je le comprends mieux, mon humeur ne joue pas au yoyo, donc tout ça c'est positif. Le moins plaisant, c'est que je ressens encore un bon manque d'énergie. Plus amorphe, je fais des siestes quelques fois par semaine et j'ai plus de difficulté à me concentrer.

Récemment, on a procédé à un changement dans mes médicaments. Un changement qui, je l'espère, me permettra d'avoir des journées complètes, plus dynamiques, sans trop avoir le goût de fermer les paupières et de m'assoupir.

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"T'es en feu!", m'avait dit Damien en janvier. Retraité occupé, Damien travaille sur le projet des valoristes et des contenants consignés avec moi.

Et je l'étais, en feu, en effet. De janvier à juin, tranquillement, j'étais de plus en plus exalté...

Exalté, le mot est important. Ça veut dire actif, intense. Je dormais peu, mais j'avais quand même beaucoup d'énergie pour écrire un paquet de messages à un paquet de monde, noter des idées, aller courir, parler avec de potentiels partenaires, réseauter pas mal et me faire entendre pour parler du projet. 

C'était un véritable feu roulant, j'avais le pied au fond de l'accélérateur, mais j'aimais ce qui se passait et je voulais que ça continue.

Oui, c'était accaparant, drainant, mais tellement stimulant.

J'étais donc de plus en plus intense... et je ne voyais pas le mur s'en venir. En fait, je me disais bien que j'allais craquer ou m'enfarger un moment donné. Je savais qu'il fallait que je me calme, mais mon cerveau lui ne s'arrêtait vraiment pas. 

Le truc des valoristes était rendu une obsession. Je voyais des canettes partout. Je voulais carrément casser la baraque avec le projet, que tout le monde en entende parler à Québec (et même au-delà) et qu'il trouve ça si beau et si trippant. Comme moi je le trouvais si beau et si trippant...

Fin juin, je tenais bon, mais je négligeais mon alimentation et mon hygiène de vie. Depuis quelques semaines déjà, je travaillais sur le projet à même mon nouvel appart plutôt que dans l'espace de coworking qu'un partenaire offrait. En juillet, mon frère est venu me rendre visite, seul. Tout semblait beau.

Sur mon guide de cotation de l'humeur, il a 9 niveaux qui vont de + 4 à - 4, le plus élevé étant une sensation intense de bien-être... et croyances inhabituelles.

Ça s'est mis à aller mal, sans trop que je m'en rende compte. Je me suis mis à imaginer des choses, un gros complot contre l'entrepreneur que je devenais et contre le projet des valoristes. Je doutais beaucoup des gens.

C'était insensé, mais j'y croyais. Je ne dormais presque plus... je vous épargne les détails, mais il fallait que ça s'arrête.

Mon séjour à l'hôpital a été salvateur. On a pris soin de moi, j'ai dormi profondément pendant une bonne nuit. Et je suis sorti le lendemain, accompagné de ma mère, qui est restée à mes côtés pendant plusieurs jours.

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Et vous, ça va?


7/29/2020

Love you, Mark. Fuck you, Mark.


J'ai vraiment une relation amour-haine avec Mark Zuckerberg, fondateur et créateur de Facebook.

C'est en fait plus une relation admiration-détestation, je dirais. Ça fait des années que ça dure.

Zuckerberg, je l'admire. C'est tout un entrepreneur. Il a eu une idée et il l'a amenée super loin et maintenant, c'est l'un des gars les plus puissants du monde.

Avec son chiffre d'affaires et son influence sur le monde, Facebook fait partie de ce qu'on appelle souvent les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple). Il existe d'ailleurs quelques variantes de l'acronyme, selon l'empire qu'on ajoute à la fin : GAFAN (Netflix) ou GAFAM (Microsoft), par exemple.

Je le reconnais, donc :  Mark Zuckerberg, petit génie, a conçu la plateforme numérique la plus utilisée et la plus intéressante sur la planète. Les jeunes la délaissent, mais il y a quand même des centaines de millions de personnes qui sont dessus chaque jour, plusieurs fois par jour. Je lève la main.

Le film The Social Network, de David Fincherm'a fasciné, la première fois que je l'ai vu. Bon, tout dedans n'est pas véridique (Zuckerberg l'a affirmé en tout cas), mais le long métrage raconte quand même bien la genèse de ce qu'est devenu Facebook et tout le travail que les gens qui l'ont créé, Mark en tête, ont mis dans son élaboration.

Maintenant, après les fleurs, le pot.

Toujours selon le film de Fincher, le gars est narcissique et un vrai p'tit morveux. Il aurait utilisé et volé les idées des autres pour propulser et améliorer la plateforme.

Je n'aime pas le gars pour ses opinions, son obsession à faire du profit et son attitude face aux médias et aux journalistes. On ne peut pas vraiment dire que Zuckerberg et Facebook sont synonymes de transparence.

Rappelons que Monsieur a créé une fondation en 2015, avec sa femme Priscilla Chan : la Chan Zuckerberg Foundation. Elle a été créée afin de faire "avancer le potentiel humain et promouvoir l'égalité dans des domaines comme la santé, l'éducation, la recherche scientifique et l'énergie".

Traitez-moi de rabat-joie, mais j'ai vraiment l'impression que c'est de la frime, ça, juste pour mieux paraître et dorer l'image de Zuckerberg. 

On se dit : oh, wow, comme c'est une bonne personne. Mais le tout, à mes yeux, est bien plus une campagne de relations publiques. Justement, sur Wikipédia, on peut lire certaines critiques, dont le fait que la fondation en question "n'est pas une organisation à but non lucratif" et qu'elle permet de "générer des profits, financer des campagnes politiques ou faire du lobbying".

Ce sacré Mark Zuckerberg a créé un truc qui a accaparé beaucoup (trop?) de mon temps ces dernières années. J'ai fait une pause du réseau il y a quelques jours. Ma pause a duré un bon 4 jours. C'en est ridicule.

Ça m'a fait du bien, c'est sûr. Mais c'est comme une drogue, cette patente-là, les notifications étant des shots d'attention qui t'encouragent à publier plus et à poster sur tout ce qui se passe dans ta vie. C'est dangereux, car les communications numériques ne remplaceront jamais les contacts humains, plus complexes mais plus véritables et profonds.

7/07/2020

Ancrage et solidarité


Oh mon Dieu... c'est fou! Quand on dit que le temps passe vite... je pensais que j'avais publié un texte il y a deux semaines ici! Mais non, c'est il y a presqu'un mois! Anyways, c'est pas pantoute là-dessus que je veux écrire. Alors passons.

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Depuis que j'ai déménagé, je me sens vraiment ancré. Groundé.

Ancré dans Québec, ville adorée. Ancré dans Limoilou, quartier que je connaissais quand même un peu. Le Vieux-Limoilou, si dynamique et charmant. Ancré dans une communauté engagée et solidaire.

Avant et depuis

Avant j'étais dans Lebourgneuf, banlieue située à l'arrière des Galeries de la Capitale (tsé, les manèges dans le centre d'achat).

Sauf que dans Lebourgneuf, je trouve qu'il n'y a pas de vie de communauté. Pratiquement pas de bon voisinage. Assez peu d'arbres, qui sont bien jeunes, donc tout petits. Avant, c'était un champ, il y a quelques années à peine, m'a-t-on expliqué. Mais les tours et les immeubles ont poussé depuis, à vitesse grand V.

J'y ai donc habité un condo bien acceptable de décembre 2016 à juin 2020. Sauf que depuis des mois, il y avait quelque chose qui ne marchait pas vraiment. Je travaillais sur notre projet de Valoristes Québec et j'étais dans mon condo de Lebourgneuf, à 20 minutes du centre-ville, loin de ceux et celles pour qui je me démenais.

C'était... incohérent (je pense que c'est le bon mot, oui).

Et depuis que je suis dans Limoilou, pas mal toute fitte.

Je sors dans les rues, je parle à des valoristes. Je salue des gens que je connais. Je peux consommer dans des commerces locaux et des boutiques spécialisées plutôt que les grandes chaînes. Même mon épicerie, un IGA, a un petit cachet communautaire. Il y a un peu de moins choix et y a pas tout ce qu'on veut. Mais s'il faut autre chose, cette autre chose-là, elle est fort probablement à deux ou trois rues (pharmacie, boulangerie, fromagerie, boucherie, poissonnerie, saucisserie, sushi... alouette!)

Bon voisinage

Depuis que je suis dans Limoilou, je trouve ça génial. Quand tu habites dans le Vieux-Limoilou, tu peux encourager plusieurs commerces  (pas de grandes chaînes! Et c'est tant mieux :)) en un seul avant-midi, tout ça en marchant!

C'est pas dans Lebourgneuf qu'on peut faire ça, croyez-moi. Moi et mon ex, on devait sûrement être parmi les rares à aller, des fois, magasiner aux Galeries de la Capitale à pied, en partant du condo. Là-bas, tout est pas mal pensé et conçu pour l'auto. Si tu veux y aller à pied, tu traverses des stationnements en asphalte.

Et question voisinage, ce n'est pas terrible, disons. Simple anecdote : quand j'ai terminé mon mandat comme président du conseil d'administration du syndicat de copropriété, j'ai envoyé un message de démission aux propriétaires. J'ai reçu, si je me souviens bien, 3 ou 4 messages de retour. Dont un de M. Dufour, que j'appréciais bien car il travaillait pour l'entretien du terrain (c'était pas mal le seul, en fait!). Et lui, il a répondu. Il a écrit (je cite de mémoire) : "vous êtes une bonne personne". J'ai trouvé ça gentil de sa part. Au moins, lui, il a cette petite fibre communautaire.

Les trois autres messages envoyés à l'adresse du syndicat étaient aussi des remerciements, essentiellement. Sauf qu'on était 15 à vivre dans l'immeuble! Faites le calcul : une bonne dizaine de proprio qui n'ont juste pas répondu pour remercier leur président et pour reconnaître le travail effectué pour la "communauté". Ce n'était pas 10 heures par semaine de bénévolat, mais quand même. On parle de quelques heures par mois, sans rien avoir en retour. Juste parce que on veut donner un peu et s'impliquer... Le trésorier était bien déçu de me voir quitter l'immeuble.

Je dois dire par contre que cela m'a permis d'acquérir un paquet de compétences. J'ai appris des choses sur les procès verbaux, les assurances, les entreprises de déneigement qui font la piasse, les relations entre les autres blocs (pas toujours évidentes), les relations entre les copropriétaires (pas toujours évidentes non plus), etc.

Des défis variés et des tâches que j'ai réalisées et qui me servent bien aujourd'hui, dans mon travail, pas encore rémunéré... mais qui devrait l'être bientôt, je l'espère.

Attention : je ne veux pas dire que mes anciens voisins sont des insensibles. Ils avaient sûrement de bonnes raisons de ne pas me remercier (quoique, ça prend quelques minutes pour reconnaître les efforts) : pas eu le temps, trop occupé, pas vu le message, oublié...

Et ce n'est pas une attaque contre la banlieue, je tiens à le spécifier. C'est juste un constat que je fais. Ici, dans Limoilou, avec le bon voisinage, je suis pas mal convaincu que les personnes qui gèrent les copropriétés sont plus reconnues. Tout simplement parce que les voisins se connaissent plus, sont moins nombreux à être coproprio et s'apprécient davantage. Alors ils ont le réflexe de dire aux gens qui les aident : heille, merci, bon travail!

Bref, tout ça pour dire que j'adore où je suis. Je compte y rester longtemps. À côtoyer cette faune solidaire et davantage communautaire. Ça me branche au boutte!

Et l'ancrage se poursuit...


P.S. : le titre de ce billet est un petit clin d'oeil à la série Les Invincibles (premiers épisodes), mais en beaucoup moins mâle. Les gens qui l'ont vue comprendront peut-être... elle est en ligne sur ICI Tou.tv d'ailleurs. Gratuitement.

6/08/2020

Valoristes Québec : une histoire d'amitié


Nous avons ouvert notre point de dépôt de contenants consignés au centre-ville de Québec le vendredi 5 juin dernier. Toute une journée! Beaucoup d'émotions pour moi... je prendrai le temps d'y revenir éventuellement.

Mais avant, voici un texte rédigé pour le Journal
L'Infobourg du Comité populaire St-Jean-Baptiste. Touchez la photo pour l'agrandir. Sur la photo : Bernard St-Gelais, Odette Giroux, Damien Morneau, moi-même, Serge Williams et Pierre-Luc Lachance.


La première fois que j’ai vu Damien Morneau, citoyen engagé du quartier Saint-Jean-Baptiste, c’était l’été dernier. Nous étions bénévoles sur un projet de point de dépôt de contenants consignés dédié aux valoristes, ces gens qui collectent les matières recyclables (canettes et bouteilles) pour se faire un peu de sous.

Déjà, je sentais que ça allait cliquer entre nous. Grand, bouille sympathique, il m’a tout de suite semblé être un homme sensible et dévoué aux causes environnementales et sociales. Comme moi.

Depuis 2016

Et puis, le temps a passé. Pour la petite histoire, Valoristes Québec est d’abord une initiative du Conseil de quartier Saint-Roch, qui a pris de l’ampleur depuis ses débuts en 2016. Si bien qu’en 2018, on faisait un premier point de dépôt « test » afin de déterminer si les besoins pour ce genre d’initiative étaient présents dans Saint-Roch.

La réponse était claire : mais bien sûr ! Comme dans toute ville relativement dense, et même ailleurs, on retrouve des gens en situation de vulnérabilité, qui comptent sur certains revenus d’appoint que représentent les contenants consignés afin de subvenir à leurs besoins.

Puis, en 2019, un projet-pilote a été mené, principalement par le Conseil de quartier Saint-Roch, toujours en collaboration avec celui de Saint-Jean-Baptiste. De juin à septembre, à raison d’une fois par semaine, les dimanches avant-midi, nous étions à l’îlot Fleurie pour accueillir les valoristes et rembourser leurs contenants consignés. De nombreux bénévoles sont venus nous aider. Plus de 100 000 contenants ont été récupérés !

Sur place, nous avons rencontré de belles personnes, tant bénévoles que valoristes. Certains et certaines nous attendaient même le dimanche, à 8 heures, contents de nous voir.

Complicité et amitié

Damien et moi avons participé quelquefois à ce projet- pilote. Nous avons eu de bonnes discussions. Il m’a jasé du voyage en vélo qu’il préparait, notamment. Nous avons développé une belle complicité.

Depuis ce temps, notre projet a pris de l’ampleur et a donné naissance à un organisme dédié à supporter les valoristes, principalement par la création d’un point de dépôt permanent pour les contenants consignés. Un projet emballant ! Et tout ça, c’est parce que beaucoup de gens y ont contribué au cours des derniers mois et des dernières années.

En janvier dernier, nous avons pris un café et discuté abondamment. De politique, d’actualité, d’environnement, d’une façon d’attirer l’attention et de faire changer le système de consigne, qui, actuellement, n’est pas très avantageux pour les points de dépôt de contenants consignés.

Damien, je souhaite longue vie à notre amitié! Et longue vie à Valoristes Québec!

Vous pouvez joindre Valoristes Québec ou vous abonner à l'infolettre à l’adresse suivante : valoristesqc@gmail.com

L’organisme a aussi une page Facebook.

5/18/2020

Et puis?

Et puis? Comment ça se passe de votre bord?

Je pense que je n'ai jamais autant posé cette question ces dernières semaines, et à un paquet de monde.

Ça, évidemment, c'est cette crise sanitaire que nous vivons tous et toutes depuis des semaines. Une pandémie, ostie. Jamais je n'aurais pensé vivre ça dans ma vie.

Ce nouveau coronavirus est un petit salaud, comprend-on, un sacré problème pour toute les sphères de la société. Et le pire, c'est qu'il tue, pas mal, surtout des vieilles personnes.

À combien de morts on va se rendre? Un million? C'est vraiment pas impossible, considérant qu'il y a quand même de sérieux risques de deuxième vague.

Il faudra donc être vigilant, très vigilant, et pendant plusieurs mois encore, de ce qu'on comprend.

J'espère qu'on retiendra au moins quelques trucs de cette foutue crise qui, littéralement, paralyse nos vies et s'attaque à tout le monde. Personne n'est à l'abri, bien sûr, mais je pense surtout aux plus vulnérables et aux plus pauvres. Par exemple, les personnes qui n'ont pas de toit ou qui n'arrivent pas à manger trois repas par jour, qui se voient obligées de fréquenter des organismes ou des banques alimentaires.

Alors, qu'est-ce qu'on peut apprendre de tout ça? Il est un peu passé sous le radar, mais je vous invite grandement à lire ce texte "long format" de Guillaume Piedboeuf, journaliste à Radio-Canada :

Comment la planète a manqué la bateau

C'est plus long qu'un reportage normal, mais c'est hyper instructif. Ça, c'est du journalisme de profondeur comme je l'aime. Et c'est quand même stupéfiant de comprendre à quel point c'était prévisible. Et qu'on a, collectivement, au niveau mondial, fait bien peu de choses pour prévenir cette pandémie.

Et qu'il y aura d'autres crises du genre, si on ne réagit pas comme il faut. Il y a certainement des leçons à retenir de tout ça.

Alors, et puis après?

L'après suscite aussi beaucoup de questionnements. Est-ce qu'on va pouvoir vivre comme avant? Aller dans des salles de spectacles bondées et tripper devant nos artistes préférés? Ou manger dans nos restaurants favoris avec des gens qu'on aime? Je l'espère... mais sans vaccin, je ne suis pas certain qu'on pourra. Et ce vaccin (s'il est créé, c'est pas 100 % sûr), il ne va pas arriver avant un bon bout de temps, considérant qu'il faudra aussi mettre du temps à le produire et à l'administrer à des millions de personnes.

Alors l'après? Comment l'entrevoir? Osons poser la question... Devrait-on revenir à la normale d'avant la COVID?

Je suis vraiment de ceux qui adhèrent à une relance écologique et sociale. Je pense que cette crise représente une opportunité unique. Il nous faut "absolument allier urgence budgétaire et urgence climatique en intégrant la logique de développement durable dans la présente vague d’investissement public", comme l'écrivaient les 22 Pôles régionaux d’économie sociale du Québec dernièrement dans leur lettre ouverte.

Avec cette crise, c'est le temps de requestionner beaucoup d'éléments... nos valeurs, nos modes de vie, nos façons de faire et de produire des biens, nos manières d'extraire les ressources...

Bien franchement, si, dans quelques années, je réalise que rien dans nos systèmes économiques n'a changé, je vais être vraiment déçu. Déçu de l'humanité, rien de moins. qui n'aura, encore une fois, pas appris de ses erreurs.

Des murs s'en viennent, rappelons-le. Écologique, économique...

Pourquoi ne pas ralentir un peu (beaucoup?) et s'adapter, dès maintenant, alors que nous avons une opportunité unique de revoir de fond en comble nos systèmes?

2/02/2020

Écolo? Les 4RVE

Et puis, vos résolutions?

Je pose la question, car, il y a un peu plus d'un mois, je suis pas mal sûr que, juste après Infoman et le Bye Bye, beaucoup de gens ont affirmé, avec plus ou moins de conviction, quelque chose comme : "Bon, ça y est! Cette année, je veux être plus écolo!"

Peut-être même que des gens ont offert des cadeaux plus écoresponsables (un terme que je juge personnellement beaucoup trop galvaudé, mais ça, c'est une autre histoire).

Alors, vous vouliez être plus écolo. Parfait, bravo. Mais comme on sait, des fois, quand il est question de résolutions de début d'année, eh bien, avouons-le, ça arrive que ça chie un peu 4-5 semaines après.

Et au fond, qu'est-ce que ça veut dire, être écolo? Il y a tellement d'interprétations possibles, tellement d'actions possibles. Je pense qu'il est important de rappeler la bonne base. Je vais proposer ici des idées que je juge vraiment intéressantes, plutôt simples et qui sont directement en lien avec les 4RVE.

Les quoi?

Les 4RVE, c'est pour : refuser, réduire, réutiliser, recycler, valoriser, éliminer.

(Attention : ce qui suit va peut-être sembler pour certaines gens assez radical, mais je pense qu'il est nécessaire de l'aborder. J'ai fait vraiment mon possible, dans ce billet, pour ne pas avoir l'air de vouloir faire la morale à personne. Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d'accord et j'invite même les gens à faire des critiques de ce qui va suivre (des critiques constructives, pas d'insultes gratuites, là!).

On sait bien ce qui est arrivé quand Dominic Champagne a lancé son Pacte pour la transition (que vous avez peut-être signé), à l'automne 2018... et j'aimerais que ça ne se reproduise pas avec ce texte. D'ailleurs, le Pacte a fonctionné, mais pas tant que ça, considérant que son objectif était d'un million de signataires. À lire : une analyse assez juste du phénomène réalisée par l'agence Bang Marketing et publiée en décembre 2018.

Ici, je m'en tiens beaucoup à des constats, alors ça ne devrait pas susciter tant de réactions négatives, mais on sait jamais, tsé... Fin de la parenthèse)


Bon, maintenant, revenons aux 4RVE. L'ordre est important. Et allons-y, justement, dans l'ordre.

  • Refuser
"En as-tu vraiment besoin?", titrait le charmant comptable et auteur à succès Pierre-Yves McSween. Faut se poser la question, idéalement tout le temps.

On enveloppe d'une petite pellicule plastique votre savon à l'épicerie, au cas où la bouteille coule (oui, fait vécu dans mon cas. Je suis sûrement pas le seul)? Refusez. Non, pas besoin de ça. Oui, mais le savon pourrait couler? Pourrait, en effet. Mais pensons-y un instant : c'est quoi, objectivement, concrètement, voire scientifiquement, les probabilités que ça arrive. Elles sont presque nulles.

On vous encourage à acheter 2 produits à l'épicerie pour un meilleur prix? D'ailleurs, bien souvent, un seul produit est 2 fois moins cher que ce qui est annoncé (donc aucune différence), alors c'est juste une tactique marketing quasi mensongère. Et en avez-vous vraiment besoin de 2?

Pendant un spectacle, on vous offre un verre en plastique pour y verser votre bière? Vous pouvez toujours demander de la boire à la bouteille. Là-dessus, je dois faire un certain mea culpa et j'aimerais développer davantage ce réflexe.

Par contre, un agenda papier, moi, je dis "oui", j'en ai besoin d'un pour organiser mes semaines. Je l'ai acheté à Limoilou et il est fait à Québec. Je l'aime beaucoup. Il me permet d'avoir une vue d'ensemble sur ce qui s'en vient dans ma semaine, sans avoir tout le temps un écran de téléphone dans la face.

Mais peut-être qu'un sac promo ou une bouteille d'eau pendant un événement quand on en a déjà chez soi, on peut s'en passer. D'ailleurs, les objets promo constituent une énorme source de déchets.

  • Réduire
Au Québec, on produit des tonnes et des tonnes de déchets par année. Même pas la peine de regarder les chiffres, c'est clair que c'est beaucoup trop.

J'en ai trié pendant quelques semaines, dans une autre vie disons, et laissez-moi vous dire que ce n'est pas beau à voir. Une visite dans un dépotoir ou un site d'enfouissement s'impose à quiconque affirme qu'on génère relativement peu de déchets au Québec. C'est complètement faux. Aliments, vêtements, objets de décoration, meubles, emballages variés, appareils de toutes sortes qui ne sont plus fonctionnels (mais qui vont normalement à l'éco-centre, tsé), etc.

Comment réduire? Même question : en as-tu vraiment besoin? Si oui, ben correct, mais il faut assumer ses choix de consommation.

Dans son balado 3,7 planètes, l'humoriste François Bellefeuille veut en faire plus pour l'environnement. Dans les médias, pour parler du balado, il a quand même beaucoup été question du bidet qu'il s'est procuré, question de réduire son utilisation de papier de toilette. C'est vrai que c'est un passage assez comique, car on entend l'humoriste essayer son bidet pour la première fois et constater que ça pince les fesses en titi.

Mais il y a un autre épisode (le huitième) bien intéressant, dans ce balado, et ça parle du spray net. Bellefeuille veut absolument en avoir parce qu'il en met dans ses cheveux avant ses shows pour pas en avoir dans la face. Dans l'épisode, il est aux Îles-de-la-Madeleine et il n'arrive pas à en trouver. Alors il fait quoi? Il n'en utilise pas. Et puis quoi? Bien honnêtement, il se rend compte que c'est finalement pas tant la fin du monde... tiens, tiens.

Réduire. Réduire ses déchets, réduire sa consommation (moins d'objets ou de produits consommés, c'est moins de ressources utilisées), réduire son empreinte environnementale (compenser ses voyages si on en fait beaucoup)...

  • Réutiliser
On pourrait aussi inclure le terme réparer à ce volet. Pour celui-ci, une autre question à se poser : est-ce la fin de vie utile de cet objet? Pour bien des affaires, ce n'est pas réutilisable. Mais pour beaucoup d'autres, ça peut servir à autre chose. Il existe sur Internet une foule de trucs. Ça vaut la peine de fouiller.

Même en alimentation, on peut aussi réutiliser. De ce côté, j'avoue, je pourrais faire des efforts.

La semaine passée, il y avait un Café Réparation, à Québec. Dans mon cas, 2 pièces de vêtements et un drap contour réparés. Tout ça gratis et entouré de plein de beau monde!

Il y a aussi les pages As-tu ça toi? qui peuvent être très intéressantes. J'ai donné plusieurs choses qui m'embarrassaient et dont je ne me servais plus et au moins, je suis certain que quelqu'un les a reprises pour leur donner une deuxième vie.

Je suis bien conscient que c'est pas mal moins évident pour les gens en région de participer à ce genre de trucs. Mais peut-être qu'il y a sûrement moyen de s'arranger. Vous pourriez être des pionniers dans votre région.


  • Recycler
"Moi, je fais ma part, je mets tout ce qu'il faut dans mon bac bleu."

Je n'ai rien contre ce discours. Mais avouons qu'il est bien mince. Avant Noël, beaucoup de gens ont vu et partagé l'excellente vidéo du groupe Alaclair Ensemble, une campagne efficace de la Ville de Laval. Métal, verre, plastique, carton, papier, that's it!

Cette vidéo est excellente, car elle a permis de faire prendre conscience aux gens que certaines choses ne doivent pas être mises dans le bac bleu. Des couches souillées (!), des télés, c'est non. Et ce ne sont pas tous les cartons et tous les plastiques qui vont dans le bac non plus.

On le sait, c'est un peu le chaos dans certains centres de tri. Et l'annonce faite cette semaine par le gouvernement Legault sur l'élargissement de la consigne est très intéressante. Et à surveiller!

Pour les personnes intéressées, deux éditos de Robert Dutrisac du Devoir (ne pas se fier à sa face de bougon ;)). Le premier sur les centres de tri et le recyclage, puis l'autre sur la consigne, Recyc-Québec et ses pouvoirs limités et Éco Entreprises Québec, un lobby pas mal fort qui est contre la consigne. Et un autre texte intéressant du Huff Post Québec, qui permet de comprendre d'autres enjeux. Bref, on comprend que tout ça c'est complexe.

Par ailleurs, je me permets de signaler que ce R de recycler vient après les 3 autres (refuser, réduire et réutiliser). Donc oui, recycler, c'est bien. Mais il y a d'autres options avant. Et, individuellement, on a assez peu de pouvoir sur ce R de recycler. Alors que pour les 3 autres d'avant, oui, on en a.

Le Pacte, c'est pas mal ça, au fond. On fait notre part, dans nos maisons, chez soi et avec notre bac, mais les gouvernements aussi doivent agir, avec beaucoup de moyens. On est dû pour une réforme en profondeur de tout le système de récupération (collecte sélective), qui a connu bien des ratés ces dernières années.

Bon à savoir : en théorie, le verre est recyclable à l'infini. Je dis ça de même...

  • Valoriser
Ici, on parle de compost. J'ai moins de chose à dire. Sauf peut-être qu'il est particulièrement intéressant de savoir que quand les gens ont l'option du compost, ils ont tendance à plus gaspiller de bouffe. Pas grave, ça va dans le bac brun. Euh, oui, ok, mais on pourrait faire mieux (les 2 premiers R, tsé).

  • Éliminer
L'élimination, c'est l'enfouissement ou l'incinérateur. L'idée est évidemment d'avoir le moins possible de choses qui vont là. Les sites d'enfouissement débordent. Les incinérateurs rejettent des particules pas cool dans l'air. Pas plus compliqué que ça.

Alors voilà pour les 4RVE.

S'empêcher de vivre?

Oui, mais, Étienne, on va quand même pas s'empêcher de vivre? Bien d'accord. En fait, presque. Je pense qu'on peut juste penser à vivre différemment, un peu, pas mal, déjà. Je pense qu'on est rendus là.

Suffit de se poser des questions. En ai-je vraiment besoin? Un VUS ou une auto suffit? Ou juste pas d'auto? Compenser ses voyages en avion? Tout ça, ça se fait. Ça demande des efforts, certes, mais c'est possible.

Moi-même, j'ai un char. J'en ai pas trop honte. Et je veux le garder, pour le moment, car j'en ai besoin et que l'offre de transport en commun où j'habite ne me convient pas.

Qu'est-ce qu'on fait?

Alors, qu'est-ce qu'on fait? J'ai le goût de déclarer, haut et fort : place à l'action! Sans vouloir accuser des gens, j'espère sincèrement que certaines personnes vont repenser un peu leur mode de vie. Faudra-t-il en arriver à taxer les déchets au poids? Une telle mesure ferait rager bien des gens, mais ça éveillerait peut-être les consciences.

La protection de l'environnement et la lutte aux changements climatiques, ça peut devenir bien abstrait, car on ne voit pas les impacts sur nos vies, concrètement. Mais une facture salée quand les bacs de poubelle et de récupération sont pleins, ça, ça parle plus aux citoyens.

Car oui, on peut (on doit?) faire mieux. Des données, des études et des rapports nous indiquent qu'il ne reste plus grand temps avant que les conséquences, au niveau mondial, soient désastreuses... Hausse du niveau des eaux, réfugiés climatiques, phénomènes météo extrêmes plus fréquents, on le sait, les nouvelles ne sont pas très bonnes.

Et la meilleure réponse à cette éco-anxiété qui pourrait se développer, surtout chez les jeunes, c'est l'action. Disons-nous que chaque geste compte. Dans la maison, dans les magasins, dans sa cour arrière, dans la rue.

Alors, on agit?

1/20/2020

Le plongeon

Resalut!

Dans mon bilan de mes dernières années (qui a suscité quelques réactions, même une outre-mer!), je constate que je n'ai pas du tout parlé de ma tentative en humour. Pourtant, si j'ai pris un certain risque ces dernières années, c'est bien cette courte mais agréable aventure vers la gloire et le succès (c'est une blague... poche).

Début 2012, je n'avais rien devant moi. Alors j'ai osé. J'ai présenté mon dossier à l'École nationale de l'humour. Ça n'a pas été un succès. Mais bien des gens ont salué mon courage avec ce saut dans le vide.

Début 2020, un peu moins de huit ans plus tard, j'ai tout devant moi.

Alors j'ose... Je plonge... Je me lance en affaires!

Oui, oui! Moi, Étienne Ferron-Forget, petit être gêné à ses premières années de vie, incertain et pas mal low profile quand il était ado, peu confiant alors qu'il sortait de l'université, se sent d'attaque, en feu et prêt à foncer!

"Que tes rêves se réalisent. Il s'agit d'y croire", m'a écrit ma maman dans ma carte de Noël cette année. Elle ne pensait peut-être pas à cette décision de me lancer en affaires... Mais moi, ça, oui j'y crois plus que tout!

"Vis ta vie pleinement", a-t-elle aussi ajouté.

Alors voilà. Je me lance. Je plonge.

Je constate depuis un certain temps que cette décision ne me fait pas peur. J'ai l'impression de flotter, d'avoir des ailes.

Je ne dors vraiment pas beaucoup ces temps-ci (3-4 heures par nuit). Et curieusement, au cours des dernières années, je n'ai jamais eu autant d'énergie et de motivation à réaliser des choses au quotidien qu'aujourd'hui.

Je suis juste trop excité et enthousiaste à l'idée de développer ce projet qui m'habite, m'interpelle et me passionne.

C'est fou! Il y a un an à peine, mon père, un homme si doux et sensible envers les autres, engagé à sa manière, venait de rendre son dernier souffle. Je me sentais alors abattu, déprimé, voire apathique. J'avais le goût de rien. Faire mon ménage et mon épicerie constituaient de gros défis de ma semaine.

Aujourd'hui, maintenant, 20 janvier 2020, il y a une vigueur insoupçonnée en moi. Tout un revirement! Jamais je n'aurais cru ça possible!

Je le confirme et je l'affirme haut et fort ici : je m'engage à mettre tous mes efforts, mes énergies et mon dévouement à la concrétisation de ce projet de valoristes qui me porte, m'emballe et me stimule tant.

Je suis donc désormais un entrepreneur social. Je veux être un acteur de changement social et environnemental, voire économique (les trois piliers du développement durable, quoi). Pour quoi? Je vais travailler essentiellement à la mise en place d'un point de dépôt de contenants consignés pour les valoristes, ces gens qui ramassent les contenants consignés et recyclables des poubelles, bacs de récupération et des espaces publics.

Ce sera local, écolo, social... et génial! Ça va rassembler plein de monde et contribuer à améliorer le sort de personnes marginalisées, entre autres choses. Je n'en dis pas plus pour le moment, car un paquet d'éléments restent à préciser.

On va avoir du pain sur la planche, ça oui. Il y aura des embûches, des noeuds, des épreuves. Mais, je l'espère aussi, des joies, des réussites et des accomplissements merveilleux!

Tout ça va me mener où? Je ne sais pas trop précisément (sûrement vers une super job un moment donné, tsé).

Tout ça m'allume au plus haut point et ça me rend très heureux. Et c'est vraiment ce qui compte pour moi.

À suivre, donc!

1/06/2020

Le temps d'un gros bilan

Ça fait des semaines que je me dis qu'il faut que je me remette à l'écriture...

Alors allons-y.

Bonjour 2020!

Ce n'est pas la fin d'une décennie (elle a lieu fin 2020 en fait), mais c'est certainement un bon moment pour faire un bilan des dernières années. Le chiffre rond donne le goût de s'arrêter un instant et de constater ce qui a été fait et ce qui s'en vient pour nous.

Je l'ai déjà fait à quelques reprises avant, il y a quelques années. Prendre une pause pour noter nos bons coups, nos moins bons, ce qu'on a aimé et ce qui nous a fait un peu chier.

L'exercice permet de replacer certaines choses et de se recentrer, de laisser décanter ce qui a été secoué, de réaliser ce qui se trouve derrière et d'entrevoir ce qui s'amène.

Bon, alors quoi dire des dix dernières années... Il y a beaucoup à dire (ou à écrire, plutôt).

Sur le plan professionnel, j'ai d'abord fait du journalisme. Par la suite, j'ai quitté le métier pour le milieu plus large des communications. Pour finalement y revenir l'automne dernier.

Sur le plan personnel, un paquet de constats, beaucoup de questionnements, énormément d'apprentissages... Des doutes, des incertitudes, un être cher malade qui trépasse (j'y reviendrai)... mais aussi des joies, des succès, des naissances, du bonheur en masse et tout plein de moments mémorables, plus ou moins grands, avec des gens que j'aime.

Au fil des années, je me suis de plus en plus impliqué socialement (je reviendrai à ça aussi). Et je compte bien poursuivre dans cette voie...

Donc, OK, on part ça. Rapido, petit bilan des dernières années :

2010. Je termine mon bacc en communication, concentration journalisme. Collation des grades en juin 2010. Je suis de près le milieu des médias, qui m'intéresse beaucoup (ce qui n'a pas changé du tout).

L'été, je travaille comme technicien en échantillonnage, tri et pesée de matières résiduelles (ou quelque chose de même). Essentiellement, je trie des déchets pour caractériser leur contenu. Sale job, y a pas à dire. Mais ça me change les idées et me rapporte un certain salaire.

Je le savais pas mal, mais je réalise vraiment à quel point, au Québec en tout cas, on jette et on gaspille. De la bouffe, beaucoup trop. Des objets recyclables, d'autres encore utiles ou bonnes, mais aussi une énorme quantité de déchets. C'en est révoltant.

(Je reviendrai là-dessus, indirectement du moins, dans un autre billet plus tard sur 2020, que j'aimerais publier d'ici quelques jours.)

À l'automne, je réalise un stage pour un organisme en environnement à Québec, via le programme Écostage.

2011. Je suis engagé comme journaliste pour un hebdo en banlieue de Montréal. Je travaille là quelques semaines jusqu'à ce que j'arrive à la conclusion que c'est un milieu pas fait pour moi (ou plutôt l'inverse, en fait), car je n'ai pas confiance en moi. Bref, je décide de quitter mon emploi (et une très belle équipe, je dois le dire, une gang soudée et engagée).

Ma blonde de l'époque part en voyage au Bénin pour plusieurs semaines. De mon côté, je me cherche pendant des semaines. J'ai besoin de laisser décanter. Je lis mon Devoir numérique chaque matin, je prends quelques marches, mais pas grand chose m'allume.

2012. Rupture amoureuse, avec une femme rencontrée pendant mes années de travail dans les camps de vacances. Je décide de me choisir.

Je quitte notre appart dans Montcalm et je retourne chez mes parents temporairement, question de faire le point. Finalement, je décide de rester à Québec, d'abord chez ma cousine qui m'héberge gracieusement, le temps de me trouver une autre place où rester. Je me trouve une chambre dans une maison sur René-Lévesque. Rien de bien luxueux ou spacieux (je fais entreposer plusieurs de mes trucs), mais ça fait le travail. Je vis simplement et me contente de peu.

Toujours pas de travail. J'envoie quelques CV, sans trop de sérieux. Je ne m'en fous pas, mais pour le moment, ce n'est pas une priorité pour moi.

Je suis beaucoup l'actualité, surtout ce qui ce passe au Québec. Je mange des nouvelles et ce qui se trouve sur les médias sociaux, Facebook était mon média favori (je me dis que ce truc est promu à un bel avenir, en tout cas). J'écoute aussi beaucoup d'émissions sur mon ordi, car pas de télé. Je prends le temps de lire des vrais livres.

C'est le début du printemps étudiant. Le mouvement social prend de l'ampleur et m'interpelle. Ça éveille chez moi quelque chose.

Un jour de grande manif, je sors prendre la rue, avec une vieille casserole et une cuillère de bois, avec tous les autres qui portent leur carré rouge. On est des milliers.  Je savais que j'étais sensible aux affaires publiques, mais c'est un petit point tournant qui me démontre que l'engagement social a quelque chose de bien beau.

Politiquement, au Québec, ce mouvement fait notamment émerger le nouveau parti Option nationale, fondé entre autres par l'ancien député péquiste Jean-Martin Aussant, qui en est le chef. J'apprends à le connaître, je découvre son parcours, ses idées, ses convictions. Je décide d'embarquer dans le mouvement. Je participe à des rassemblements à Québec, même si peu de gens sont présents.

Je deviens membre de ON et j'en suis fier. Je rencontre des candidats aux élections de septembre 2012. Bref, de super rencontres pour de super idées!

À l'automne, ne sachant trop vers quoi je m'en vais, je décide de m'inscrire à la maîtrise en communication publique à l'Université Laval. J'habite près du campus, alors c'est pratique. Les cours sont stimulants. À l'université, je rencontre une fille super intéressante avec qui je serai en couple pendant près de six ans.

Je travaille aussi au Centre d'études sur les médias, où nous analysons le contenu médiatique de la dernière campagne électorale au Québec.

2013. On va aller un peu plus vite pour les prochaines années, si vous le voulez bien.

À l'université, le fait de devoir me trouver une question de recherche m'affecte. On dirait que ça m'intimide. Peu confiant, je ne sais pas trop vers quoi me diriger, car plusieurs trucs m'intéressent. Mais il faut bien que je fasse un choix. Entre-temps, ma copine m'oriente vers un beau poste en communication pour un organisme à but non-lucratif. Ça m'intéresse et ça me convient. Je suis engagé comme infomestre!

2014, 2015 et 2016. La vie suit son cours. Avec ma copine, nous faisons quelques voyages. Washington, mont Washginton (une superbe ascension, vraiment!), Chicago pour mes 30 ans (un super voyage, vraiment!).

Alors que j'approche les 30 ans, je fais une petite folie (avec l'appui et la complicité de mes parents). Je mise gros lors de la Grande guignolée des médias et je participe à un enregistrement de La soirée est (encore) jeune. On m'invite même au micro, aux côtés de la bande. Olivier Niquet demeure mon préféré.

Avec ma copine, nous déménageons, fin 2016, dans un condo du secteur Lebourgneuf à Québec. Je suis bien.

2017 et 2018. La vie suit son cours. Voyage en Gaspésie à l'été 2017. Je me fais beaucoup de sandwichs et, à l'initiative de Clément Laberge, je vais en manger plusieurs devant l'Assemblée nationale. On en parle dans Le Soleil.

Je décide de m'impliquer un peu avec Québec solidaire, le parti qui me rejoint le plus (justice sociale, écologie, indépendance). Je veux surtout voir de plus près les coulisses d'une campagne. J'apprécie l'expérience, mais elle ne durera pas.

Automne 2018, ma copine et moi reconnaissons que nos voies s'éloignent. D'un commun accord, on décide de se laisser. Ça me fait de la peine, bien sûr.

Et je sous-estime surtout le poids de la solitude. Dans les semaines qui suivent, les repas sont vraiment moins animés et agréables.

L'hiver s'en vient. Les périodes d'ensoleillement se font de plus en plus courtes. Cela affecte mon moral et mon humeur.

2019. Année de bouette (de cul, même) qui débute très mal. Atteint d'un cancer, mon père meurt, après plusieurs jours aux soins palliatifs. Il est parti en douceur, dans la dignité, entouré des siens. Quel homme bon au coeur tendre il a été!

C'est un choc. J'aurais tellement aimé passer encore du temps avec lui pour discuter de toutes sortes de choses, avec complicité et plaisir.

Le retour au travail ne se passe pas bien. J'ai de la difficulté à me lever de mon lit. Je n'ai pas d'énergie. Je prends donc un congé maladie de plusieurs semaines.

Je soupe avec un cousin que ça fait longtemps que j'ai pas vu et ça me fait du bien. On jase beaucoup, c'est agréable. Il m'encourage à plonger et à oser, ça me motive.

Cela dit, je n'arrive pas vraiment à remonter la côte. Les journées s'avèrent dans l'ensemble difficiles. Je suis peu motivé. Je poursuis mes rencontres en thérapie offertes par l'employeur. C'est OK, mais je ne peux dire que ça génère chez moi un rétablissement et un regain d'énergie probant.

J'effectue un retour au travail progressif. Mais ça continue de battre de l'aile.

Finalement, je décide de quitter mon emploi avant mes vacances. Je pars en solo vers Natashquan, sur la Côte-Nord. Ma mère lance l'excellente idée de proposer un voyage Amigo pour m'accompagner pendant la route. À Québec, le matin, je rencontre Ksenia Tsypina, d'origine russe, et son fils Pavel, que je conduirai jusqu'à Sept-Îles. C'est aussi avec elle que je ferai le chemin du retour, de Baie-Comeau à Québec.

La route paraît vraiment moins longue en bonne compagnie. On jase de plein de trucs, de séries télé, de politique, du conflit étudiant de 2012, de la vie en région...

Rendu à la dernière journée de mon voyage, je lui confie que j'ai quitté mon emploi et que je ressens un beau sentiment de liberté. Et que je veux travailler plus intensément sur un projet d'entreprise en économie sociale dans le domaine du recyclage. Elle m'encourage à me lancer.

Fort ressourçant et fort stimulant.

2020. Globalement et avec un certain recul, je suis quand même content des dix dernières années.

J'ai pu préciser des choses dans ma tête, dans ma vie. Identifier ce qui m'interpelle, ce que je veux et, surtout, ce qui me rend heureux.

9/09/2019

Le tournant

Salut! Oui, ça fait un méchant bail que j'ai rien mis ici. J'aimerais que ça change. Mais c'est comme ça depuis des années, à bien y penser...

Quoi de neuf? Merci de poser la question.

Allons-y sans détour : j'ai eu toute une année. Ces douze derniers mois ont en effet été assez turbulents. Ce n'était pas de tout repos, comme on dit.

Rupture amoureuse, mon papa qui nous annonce qu'il a un cancer, mon papa qui meurt dans la dignité (je pense à lui chaque jour), mon emploi qui ne convient plus (résultat : démission en juillet dernier).

Malgré tout ça, je ressens une légèreté depuis plusieurs jours.

Cet été, je suis allé sur la Côté-Nord.  Je n'avais jamais visité ce coin de notre beau Québec. 10 jours dans la région de Sept-Îles, Baie-Comeau, la Minganie. Je me suis rendu jusqu'à Natashquan. C'est beau.

Ce voyage m'a fait un bien immense. J'ai pu non seulement faire le vide, en apprendre sur moi-même, sur les mammifères marins, les îles Mingan (un endroit exceptionnel). J'ai aussi pu réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie, le chemin que je voulais emprunter.

Sur mon profil Facebook, je partage rarement des éléments personnels. C'est bien souvent des articles ou ces contenus médiatiques d'autres, que je commente à l'occasion.

Le 6 août, j'ai publié un statut plus personnel :
Ces centaines de kilomètres parcourus (principalement sur la 138), ces visites d'attraits québécois, ces croisières en bateau, ces coups de pagaie, ces baleines, ces oiseaux et ces rencontres m'ont permis de me ressourcer. J'ai pu réfléchir et me connaître encore un peu plus. 
Même si ce fut un court voyage de 9 jours, ce petit périple me donne le goût d'oser, de voguer, de voler vers de nouvelles expériences enrichissantes, stimulantes et épanouissantes. 
Que la suite soit douce et bonne!

Passer à l'acte

Il y a quelques jours, j'ai eu 33 ans. C'est encore jeune, bien sûr, mais l'idéaliste en moi a toujours le goût de changer les choses.

Avec des amis, nous planchons sur un projet d'entreprise en économie sociale. C'est encore au stade embryonnaire pour le moment. Mais je suis motivé à construire quelque chose qui me ressemble, qui rassemble, et qui contribue à améliorer le sort des plus démunis, entre autres choses.

J'essaierai de documenter un peu le développement de notre projet ici, au cours des prochaines semaines.

3/24/2018

Quitter Facebook?

Je n'ai bien sûr pas tout saisi du complexe scandale qui a éclaté il y a quelques jours au sujet des données de millions d'utilisateurs de Facebook détournées à des fins politiques . Mais j'en sais suffisamment pour trouver ça très inquiétant, voire révoltant.

Mais que faire? Fermer son compte? Il y a le hashtag #deleteFacebook qui est devenu viral... Je l'ai vu passer dans mon fil de nouvelles... une fois.

Ah, si c'était si facile! Quand j'y pense un peu, je me dis que depuis plus de 10 ans, c'est ce géant des réseaux sociaux qui, d'une façon ou d'une autre, détermine et gère :
  • comment je m'informe
  • ce que je lis et (un peu plus indirectement) ce que je partage
  • de quoi je parle avec mon entourage et avec mes collègues
  • les événements auxquels j'assiste
  • les films que je vois
  • les messages que j'envoie
  • les amitiés que je développe
  • les cadeaux que je donne
  • les connaissances que j'acquière
Etc, etc, etc...

De quoi inquiéter, voire faire peur.

Mais reste que l'idée de faire un beau gros doigt d'honneur à Mark et sa gang, qui semblent avoir fait preuve d'un grand manque d'éthique, est tentante. Le lien de confiance a été brisé, en ce qui me concerne.

Et maintenant, je lis (grâce à Facebook, quelle ironie quand même!) qu'il y a eu perquisition dans les bureaux de Cambridge Analytica... Je m'en réjouis.

Au moins, on commence à ouvrir les yeux quant au fait que le droit à la vie privée est bien peu respecté. C'est un peu gros, mais c'est un peu ça : les multinationales du monde numérique nous manipulent et s'enrichissent grâce à nous.

Les autorités (gouvernementales, judiciaires, policières) doivent s'en mêler et  faire payer les gens qui ont orchestré cette tentative d'influence de la démocratie. L'heure est grave.

Cela dit, ce scandale est vraiment la pointe de l'iceberg...

Alors je recommence à bloguer. Dans l'idée de peut-être me débrancher, bientôt, me débrancher de Facebook.  C'est peut-être ici, dorénavant, que je vais partager des points de vue, qu'ils soient plus ou moins substantiels, plus ou moins intelligents ou plus ou moins réfléchis. L'idée fait son chemin...

Ironiquement, cet espace numérique, ici, est propriété de Google... on s'en sort pas.

11/21/2017

L'éternel idéaliste

Je vous parlais il y a quelques jours de la série de sandwichs que je suis allé manger devant l'Assemblée nationale, chaque vendredi.

Lors de ces rencontres et discussions, plusieurs points ont été abordés. Dont les moyens de vaincre le cynisme. Un midi, ce cher Clément Laberge a suggéré que chaque personne du groupe rédige un texte sur le pourquoi de sa présence devant le parlement.

L'idée de rassembler ces témoignages dans un ouvrage a été évoquée, mais nous ne sommes pas allés plus loin.

Voici mon texte :

Pourquoi aller aux rendez-vous sandwich du vendredi midi, devant l’Assemblée nationale du Québec?

Lors des dernières élections générales au Québec, en 2014, sans doute inspiré par l’élan social du printemps de 2012, j’ai eu l’occasion de prendre part plus activement à la campagne. Idéaliste, je le faisais dans un parti souverainiste, par conviction, pour aider un ami candidat, mais je voulais aussi me rapprocher un peu plus de l’activité politique, plutôt que d’être simplement spectateur.

Depuis longtemps, je suis avec un certain intérêt les milieux politique et médiatique québécois. Que de stratégies à établir, que de décisions difficiles à prendre… jusqu’au moment le plus excitant : les élections.

On pourrait croire que c’est un simple jeu. Pourtant, dans les murs de ce bâtiment, au cœur de la capitale, devant la fontaine, près de ces statues, dont celle de René, d’importantes décisions se prennent. Et, il ne faut pas l’oublier, ces dernières ont des conséquences majeures sur nos vies.

Je vais aux rendez-vous des sandwichs pour plusieurs raisons.

Parce que juste de bouger et se rendre là-bas pour la cause, de discuter avec des gens qui croient en mieux, ça met un petit baume sur le climat politique actuel, qui ne s’améliore malheureusement pas beaucoup.

Parce que c’est un fichu de bon moyen de discuter de ce qui pourrait mieux fonctionner, de parler de solutions à ces problèmes, de partager nos observations, nos idées et opinions, sans jugement et sans insulte.

Mais aussi pour le symbole. Des citoyens, sans partisannerie, sont au poste, devant le parlement, maison des trois pouvoirs. Notre présence, à l’instar des médias, mais sans commune mesure, j’en conviens, je la vois un peu comme un mini chien de garde. Armés de nos tranches de pain et de notre protéine, qu’il s’agisse d’œufs, de jambon ou même d’un sandwich végé (ou même sa salade, on s’en fout au fond), nous disons non aux mensonges, non au populisme, non au cynisme, non à la désillusion… Et oui à la transparence, à la vérité et au progrès.

Oui, malgré tout, je suis encore idéaliste.

Tranquillement, ça avance. Je me pointe là (à chaque semaine, ou presque), pour démontrer que les citoyens surveillent et qu’ils veulent changer les choses. Qu’ils sont là.

Et qu’ils espèrent voir le politique au service du bien commun et de notre toujours fragile démocratie.

En terminant, avec la mise à jour économique du gouvernement (où il est question de baisses d'impôts), difficile de dire que nous ne venons pas d'entrer en campagne électorale non-officielle. À propos de la démocratie, voici un texte intéressant de Jean-Pierre Charbonneau, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien ministre de la Réforme des institutions démocratiques, sur la compétence civique, oxygène de la démocratie.

11/08/2017

Mes sandwichs du vendredi


Ce vendredi midi, ce sera la fin d'un petit rituel pour moi. C'est une petite habitude que j'ai prise depuis maintenant un an. L'an dernier, après avoir lu un billet de blogue de Clément Laberge, où il exprimait son ras-le-bol devant la situation politique, j'ai décidé de participé à son initiative. Et j'y ai pris goût.

Depuis un an, donc, un peu avant midi, chaque vendredi (ou presque; j'ai manqué quelques rendez-vous), je pars du bureau, je monte la côté, je salue René et je rejoins notre groupe devant l'Assemblée nationale du Québec. On jase actualité politique, de façon bien informelle, mais avec cette volonté ferme de combattre le cynisme. Le Soleil en a parlé samedi dernier. On a aussi publié notre texte de réflexion, qui se veut en quelque sorte l'aboutissement de notre démarche.

Ce vendredi, ce sera le dernier. On boucle la boucle. Tout le monde est invité à se joindre à nous, à midi, devant le parlement.

Peut-être que tout ça va prendre une autre forme, on ne sait pas encore. J'aimerais bien.

Je tenterai de faire un bref compte-rendu de cette rencontre la semaine prochaine.

11/18/2016

À propos du sociofinancement

Cette semaine, la chanteuse Annie Villeneuve a créé un petit émoi. Adepte du sociofinancement, j'ai suivi avec un certain intérêt cette affaire qui implique la chanteuse et La Ruche.

Rappelons le truc, brièvement. Annie Villeneuve, qu'on a pu connaître grâce à Star Académie entre autres, a annoncé cette semaine qu'elle lançait un projet de sociofinancement. "Son objectif : créer un dialogue avec ses fans afin d’amasser 60 000 $ qui serviront à financer son cinquième album", pouvait-on lire dans l'infolettre de La Ruche. L'artiste veut enregistrer son oeuvre à Nashville. Depuis cette annonce, son idée a fait l'objet de critiques et l'ancienne blonde de Guillaume Latendresse a dû se défendre.

Sentant probablement la pression monter, La Ruche publiait ce jeudi un communiqué pour remettre quelques pendules à l'heure et expliquer en quoi consiste le sociofinancement.

Annie Villeneuve est une auteure-compositrice-interprète de renom, il va sans dire. Même si elle est beaucoup plus connue que plein d'autres artistes, elle a bien le droit d'avoir recours au financement participatif. Dans sa description de projet, Annie Villeneuve dit proposer aux gens "une implication privilégiée dans le processus de création d'un album, en plus de sensibiliser les gens à la valeur de la musique". C'est tout à fait défendable. Et les récompenses qu'elle propose sont vraiment intéressantes (dont la superbe toile d'un artiste).

Sauf que ça n'a pas l'air de faire l'affaire de tous, si on se fie aux commentaires suscités par la campagne.

Et j'ai quand même un léger sourcillement en lisant ceci sur sa page de campagne :
Comment justifiez-vous le montant demandé ?
J'ai fait un budget.
Mais encore? Ça me semble bien mince comme explication. J'aurais été un peu plus explicite et j'aurais développé davantage sur cet aspect. Car c'est là l'élément le plus litigieux, à mon avis, d'autant plus qu'elle affirme vouloir sensibiliser les gens à la valeur de la musique. Peut-être aurait-il fallu élaborer sur ce point.

Personnellement, je conçois énormément le sociofinancement comme un moyen de financer le besoin d'une communauté ou une cause qui me tient à coeur. Comme dans cette campagne de la région de Québec. (En passant comme ça, en contribuant à cette campagne du Camp Stimuli, ce serait un excellent moyen de conserver ma fiche parfaite de contributeur : 13 en 13).

Mais c'est ma vision très personnelle de la chose. C'est pourquoi je ne donnerai pas à la campagne d'Annie Villeneuve. Si la musique d'Annie Villeneuve m'interpellait, peut-être que j'aurais donné. Mais c'est loin d'être le cas.

Cela dit, je me réjouis qu'on se soit pas mal intéressé au sociofinancement. Beaucoup de beaux projets méritent l'attention de la population, et le crowdfunding constitue un outil complémentaire aux prêts bancaires ou aux bourses et peut faire émerger de superbes initiatives et lancer des carrières ou des organismes.

Faites le tour du site de La Ruche (on peut explorer différentes régions). Et allez voir aussi sur Haricot.ca.

9/28/2016

Demain, j'y crois

Demain, un film de Cyril Dion et Mélanie Laurent.

Avis : oui, je recommence à bloguer. Pour combien de temps? Je ne saurais dire. Mais des fois, j'ai des choses à dire et j'aime ça qu'elles se trouvent ailleurs que sur Facebook, rapidement relayées à de l'histoire ancienne, tout en bas du fil de nouvelles.

J'ai célébré mes 30 ans plus tôt en septembre. Il y avait plusieurs invités, des gens que j'aime, et c'était bien agréable.

Qu'est-ce que ça change d'avoir 30 ans? Bof, rapidement comme ça, je ne sais pas trop. La vie continue, c'est pas mal ça. Je poursuis ma route, trop vite à mon goût, comme tout le monde, sur le chemin de la vie. Si ça se passe bien, je devrais être rendu environ au tiers de ce chemin.

Sauf que, après toutes ces années vécues, après les grands bouleversements qu'a connus la planète et devant les autres qui s'en viennent, je ne peux m'empêcher de faire un petit bilan de ce qui s'est passé depuis que je suis né. Et, surtout, de réfléchir à ce que j'aimerais voir arriver au cours des prochaines années, et même pendant les décennies qui vont suivre.


Le début

1986. J'ouvre les yeux et je vois le monde.

Je n'ai évidemment aucun souvenir de ma naissance. Ça va paraître comique, voire bizarre, mais je prends la peine d'affirmer ici, sans retenue et avec une grande conviction, qu'il s'agit d'un grand jour pour moi. Je voudrais d'ailleurs remercier mes parents, mes grands-parents, leurs parents et leurs ancêtres, car sans eux, je n'aurais pu sortir du ventre de ma mère.

Depuis ce temps, j'ai fait plusieurs trucs. J'ai appris à marcher, à manger comme du monde, à parler... Je suis allé à l'école pour apprendre un paquet de choses utiles à la vie, d'autres un peu moins. J'ai rencontré des personnes formidables. J'ai apprécié la compagnie de mon entourage.

J'ai aussi étudié pour enrichir mes connaissances et, au bout du compte, décrocher un diplôme. J'ai voyagé. J'ai changé (souvent) d'idée sur ce que je voulais faire dans la vie. J'ai travaillé au sein de différents milieux. J'ai pris une pause. J'ai réfléchi. J'ai gagné, j'ai perdu. J'ai vécu des réussites, des échecs...

Depuis 1986, il y a aussi eu :

  • un référendum sur la souveraineté du Québec (à mon avis volé)
  • le 11 septembre, qui a complètement changé le monde, considérant les ressources incroyables déployées pour combattre le terrorisme
  • beaucoup trop de suites au film Rapides et dangereux.


Demain, l'avenir

Avez-vous vu Demain, documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent? Il a longtemps été sur les écrans québécois. C'est vraiment inspirant, ce film. Je vous le recommande fortement.

Ça fait déjà un bout que je l'ai vu. Mais ça marque. On sort de la projection et on a juste le goût d'agir. Dans son plus récent édito du magazine L'Actualité, Carole Beaulieu en parle un peu : c'est un film qui "refuse le catastrophisme ambiant et table sur l’ingéniosité des humains pour trouver des solutions aux grands problèmes de l’heure". En substance, dans son texte, elle écrit que, même si on est porté à croire le contraire, d'un point de vue planétaire, nous vivons dans une meilleure époque qu'avant.

Voilà qui est rassurant. Mais il y a aura toujours de multiples problèmes (sociaux, environnementaux, économiques, etc.)

Quand ma mère a vu le film, elle m'a envoyé un courriel. "J'ai adoré et trouvé que ce film te ressemblait." J'ai pris la peine de répondre :

Salut maman, 
je considère cela comme un compliment.
Le film montre surtout qu'on peut changer des choses. Et qu'il le faut, mais ça, on le savait déjà pas mal. 
Il expose une panoplie de solutions aux grands et graves problèmes actuels. Je suis optimiste. Il y a une grande tendance, je pense, à vouloir renverser le cours des choses. 
Les changements doivent être plus qu'individuels. Ils doivent être présents aux niveaux municipal, provincial, national, voire mondial. 
Bonne semaine. Je t'aime xxx

Je crois en l'avenir. Malgré tout ce qui se passe, malgré les inepties qu'on entend parfois, malgré les âneries commises, je crois en un environnement plus sain, une économie plus durable, plus sociale, plus responsable; les solutions existent, des idées (certaines bonnes, d'autres sans doute moins) sont proposées, les projets pullulent.

Mais il faut s'y mettre. Et pourquoi pas maintenant plutôt que dans 20 ans ou même 30 ans, quand il sera peut-être trop tard?


De la volonté

Je tente de faire des efforts. Par exemple, cet été, à plusieurs reprises, j'ai enfourché mon vélo pour aller travailler. Je ne l'ai pas fait tous les jours, mais quand même. Je pense que j'avais déjà une excellente conscience environnementale et sociale, mais on dirait que depuis Demain, cette conscience a pris une forme encore plus forte et engagée.

(Parenthèse : au sujet des changements d'habitudes, je vous suggère cette chronique de Mikaël Bergeron du Voir.)

En fin de semaine, j'ai croisé un homme qui m'a demandé un peu d'argent. J'ai sorti un 2 $ et lui ai remis. Spontanément, j'ai ajouté "Pis toi, ça se passe bien aujourd'hui?". Il a répondu : "Oui, ça va bien." J'aurais pu juste lui remettre l'argent, mais je voulais en plus savoir si ça allait.

Tout ça pour dire que si on souhaite que les choses changent — et très sérieusement, c'est un de mes plus ardents désirs — il faut agir. Ça prend de la volonté, qu'elle soit individuelle, collective, politique.

On s'en reparle, peut-être.