C'est que le juge Jean-François de Grandpré considère que si un journaliste transmet une information obtenue grâce à un bris de confidentialité, il commet une faute. Extrait :
Et puis il y a ce passage, où le juge écrit que le journaliste qui acquiert une information «suite à la commission d'une faute » n'a « pas le droit de l'avaliser».
Il me semble bien, comme Boisvert le souligne, qu'on touche ici à l'essence même du journalisme d'enquête. Le but d'une enquête journalistique, c'est de fouiller. Par contre, il est de ces occasions où l'on peut difficilement fouiller une affaire sans que quelqu'un nous ait mis sur une piste.
Et c'est là qu'interviennent des sources anonymes, comme Ma chouette. Voyez le petit rectangle, dans le coin supérieur droite de cette page Web. Pour ceux qui l'ignorent, Ma chouette est la source qui a confié au journaliste Daniel Leblanc, du Globe and Mail, des informations ayant permis de faire la lumière sur le scandale des commandites.
Ce n'est pas rien. Et c'est pourquoi il faut protéger l'identité de Ma Chouette. Si plus personne n'ose informer les journalistes de malversations ou d'autres conneries de la part de dirigeants politiques, la démocratie, dans son ensemble, se voit passablement affaiblie.
Pour que d'autres magouilles du genre éclatent au grand jour, on se doit de permettre aux journalistes de s'informer autrement que par des sources officielles. Et, s'ils jugent l'information d'intérêt, les journalistes doivent dire ce qu'il en est.
Si un juge affirme que les journalistes n'ont pas le droit de faire leur boulot, il me semble bien qu'on se retrouve devant une aberration.