Je vous avais dit que je reviendrais quelque peu sur mon expérience d'entrevue à l'École nationale de l'humour, dans l'objectif espéré d'être admis comme étudiant pour le volet écriture. Voici ce que j'en retiens.
Évidemment, l'entrevue est à des lieux de l'audition : moins de préparation, beaucoup moins de stress, mais on demandait du contenu au préalable. À l'inscription, il fallait en effet inclure dans notre dossier deux textes, un monologue pour la scène et un texte de sketch pour la scène, la télé ou la radio et incluant des personnages. Pour les détails, tout est sur le site de l'École (bon, je sais, je pourrais créer un lien qui mène directement à l'adresse Internet, mais j'apprécie énormément l'effort, peu importe la forme qu'il prend. Alors prenez le temps de Googler ça, gang de paresseux!)
Alors je pénètre l'édifice avec quelques minutes d'avance, comme pour mon audition. Je ne me rappelle plus l'étage, alors je prends l’ascenseur et appuie le bouton d'un numéro qui, je pense, mène au bon plancher. Mais finalement, c'était pas le bon. J'ai envie, alors je cherche une toilette, mais bizarrement, les portes qui affichent des p'tits monsieurs et des p'tites madames présentent des poignées de porte avec clavier : je crois donc que l'ouverture de la porte nécessite un code. Ce clavier m'intimide et me fait un peu peur, alors je fuis l'étage... Oui, on a des réactions inexplicables, des fois...
Ah pis de la marde, j'irai pisser à l'étage de l'École. Sauf qu'il faut bien le trouver. Je descends les escaliers jusqu'au premier. L'agent à l'accueil se souvient de m'avoir vu tantôt et a le bon réflexe de me demander ce que je cherche.
Je n'ai pas été chanceux de trouver le bon étage du premier coup. Pourtant, j'aurais pu songer justement à cette très chère chance qui, encore aujourd'hui, à chaque semaine, envahit sans que je le comprenne le coeur de milliers d'aînés pendant La Poule à TVA. Oui, tout ce préambule pour ceci : l'ENH est au septième étage (chance, septième étage : concept!) du 2120, rue Sherbrooke Est.
Ah, tiens, un des juges est le même que la semaine passée pour l'audition. Au moins, il se souvient de moi... ce qui ne veut absolument pas dire que j'étais bon, par contre. Il a peut-être juste une bonne mémoire des visages, tsé. Peu importe, il (son nom : Luc Boily) est accompagné de Pierre Prince, un peu plus connu, et qui a eu son one-man show il y a quelques années, en 2004 selon ce site. Justement, quand ils m'ont appelé dans le corridor, je regardais son affiche de spectacle. D'ailleurs, si quelqu'un trouve son numéro sur l'eau, au cours duquel il a parfois une paille dans la bouche, faîtes-moi signe. J'aimerais revoir ça, j'avais aimé.
Qui dit entrevue dit questions, évidemment. Et oui, il y en a eu quelques-unes. Et des réponses aussi, certaines parfois hors sujet ou presque. "Pour qui t'aimerais écrire?" J'aurais dû y penser avant, c'est comme assez normal qu'on demande ça, mais j'ai d'abord dit "bonne question", puis réfléchit quelques secondes, avant de lancer plein de noms : Nantel (que j'avais mentionné la semaine précédente), Paquin, et d'autres gros noms (Houde, Matte). "Mais pas Dominic et Martin ou François Morency, ça me rejoint moins...", ai-je ajouté, sans trop élaborer.
Vient ensuite une question sur le sketch que j'ai écrit, lequel a été rédigé en une journée (sinon une moitié) et sans grande conviction, je dois dire. Il y est question d'un quiproquo entre amis qu'on doit avoir vu des milliers de fois dans le milieu, ou sinon, si personne n'y a pensé, ben c'est quand même quelque chose d'assez ordinaire je trouve. Je n'étais pas trop fier, je l'admets, mais il fallait bien que j'envoie un texte de sketch... J'explique donc aux deux intéressés devant moi que je trouvais ça un peu comique qu'un gars pense que son ami parle de sa blonde alors qu'il est plutôt question de sa mère (après réflexion, je juge le flash tout à fait banal et pas du tout matière à sketch).
Et mon monologue? C'était mon texte pour l'audition. Il traite des camps de vacances, une belle époque que j'ai vécu juste après mon adolescence et qui m'a rapidement fait découvrir tous les charmes de la gente féminine.
La discussion bifurque alors sur le fait que j'ai été refusé pour le volet humoriste. C'est là que Boily me dit que j'étais "pas prêt". Je le confronte un peu, amicalement bien sûr : "ah ouin. Pourquoi tu dis ça?". Et il me sort une image implacable et facilement compréhensible : le joueur de hockey. Jeune, le gars (ou la fille), pendant le recrutement, démontre qu'il (elle) a de bonnes mains et qu'il (elle) sait manier le disque de façon appréciable. Mais il faut qu'il (elle) développe d'autres habiletés, comme son coup de patin et sa robustesse. Il (elle) doit donc travailler fort pour améliorer certaines autres facettes de son jeu, comme tout bon joueur (joueuse. Ok, c'est ici que je m'arrête avec elle. Je crois avec ça avoir fait ma part pour le féminisme au Québec...). Des nouvelles d'ici lundi max (30 avril), salut!
Des dizaines d'heures plus tard, dans ma boîte de réception, la réponse : non (le titre le disait déjà et je l'avais déjà mentionné précédemment, mais bon, pour ceux qui viennent de se joindre à nous, comme on dit aux nouvelles en continu...)
À mon retour, mon père me demande si ça s'est bien passé. J'avais une tête de "bof, pas trop mal", mais j'ai dit quelque chose comme "quand même". Mais rien de plus positif. C'est tout dire. Je lui parle de la comparaison avec le hockey que Boily a fait, ce qui l'amène à pousser l'analogie plus loin. Pour être bon, faut que se pratiquer. Alors si tu veux être pris comme auteur, faut que t'écrives, pis que t'écrives, pis que t'écrives et que t'écrives encore...
Bout de viarge, c'est donc vrai. Ce blogue risque donc de renfermer, au cours des prochains mois et si tout se passe bien (quoi, je pourrais mourir, on le sait pas), quelques anecdotes comiques ou des gags qui me passent par la tête, et majoritairement de bon goût j'espère. J'ai déjà quelques idées, mais il faut que je les travaille et les rende un peu plus marrantes.
Alors voilà pour mon entrevue. Si vous lisez ceci, c'est que vous vous êtes rendu jusqu'aux derniers mots de ce billet. Bravo, d'abord, et je vous remercie de m'avoir accordé tant d'attention. Non vraiment, c'est trop.
Des fois, j'écris. Pour le plaisir, pour faire réagir, faire rire ou faire sourire. Faire réfléchir, enfin. De rien.
5/04/2012
5/02/2012
Malheureusement, non, pas cette fois
Ça fait déjà une semaine que j'ai passé mon entrevue pour le volet écriture à l'École nationale de l'humour (ENH). Un peu moins de sept jours que j'ai reçu un courriel pour m'aviser que "c’est avec regret que nous vous informons...". Et patati, et patata. La semaine d'avant, c'était à peu près la même formule, visiblement pré-rédigée, cette fois pour me dire que je n'avais pas été retenu pour le volet humoriste.
Bon, bon, bon. Si je suis déçu? Ben tsé, oui, un peu. Non mais je n'ai pas consacré plusieurs heures d'écriture, de réécriture et des journées complètes de répétition, seul devant un miroir, dans le but précis de me faire dire que "je n'étais pas prêt". Mais ils ont sûrement eu raison de ne pas me sélectionner. Sans oublier qu'il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus (donc, étant un non élu, je peux être Sénateur. Pousse-toi de là, Jacques Demers! Joke politique, et poche en plus. Pardonnez-moi.)
Mais si ça vous intéresse de savoir un peu plus en détails comment ça se passe, une audition...
Comme je l'écrivais dans un précédent billet, je me suis inscrit exactement la journée limite pour soumettre les candidatures. J'avais évidemment écrit mon numéro et mon sketch qu'il fallait envoyer avant pour être considéré dans la catégorie auteur, sans toutefois avoir pris la décision de m'inscrire de façon définitive. J'avais écrit les textes un peu pour le fun, pour me faire rêver (fantasmer, voire délirer) ou je ne sais trop quelle autre raison encore moins bonne.
Le lendemain de mon inscription, on m'appelle pour fixer mes dates d'audition (humoriste) et d'entrevue (auteur). Je note les journées dans mon agenda que j'utilise assez peu d'ailleurs, malheureusement (oui, pauvre lui. Désolé petit bouquin vert). Je raccroche et je me rends compte bien vite que mon audition est... dans deux semaines! Ah, fuck! 600 mots (même pas mal plus) à apprendre par coeur et à livrer de façon surprenante pour avoir une place à l'ENH. Pis en plus, il faut que ce soit drôle!
Je me pratique, donc, pas mal de fois. Je récite l'oeuvre (ben quoi, c'est de l'art...). Je m'enregistre avec mon gadget vieux de plusieurs années, donné par ma mère, à l'origine destiné à réaliser des entrevues, mais qui fonctionne encore à merveille. Je me pratique à nouveau. C'est dur, je n'arrive pas à me rappeler les segments. Je m'enregistre encore. Je vais prendre une marche, écouteurs sur les oreilles, pour l'apprendre un peu plus. Je répète encore. Encore. Encore. Ça s'en vient mieux. Je précise mes intonations, note où ça accroche et commence tranquillement à maîtriser mon numéro.
(Parenthèse, ici. Je ne sais toujours pas si mon numéro est drôle, encore à ce jour. J'ai beau l'avoir présenté à mes parents la veille de l'audition mais la famille est le pire juge et mes géniteurs ont surtout servi de public passif, pour me mettre de la pression, que de conseillers ou de spectateurs. À deux, ça rit pas mal moins que devant des centaines de personnes. Pendant l'audition, ils étaient trois (deux gars, une femme) et ils regardaient surtout mon jeu et ont en grande partie analysé ma performance. Bon, mon texte aussi, mais ils n'ont pas examiné le contenu du numéro minutieusement. Ils n'ont pas ri, sauf une fois peut-être, et ça m'a un peu dérangé même. Toujours est-il que je pense que ce que j'ai présenté est comique. En tout ça, moi, je trouve ça pas pire. Mais tsé, y a pas juste moi qui compte dans la vie. Faudrait que je le teste... Bref. Longue parenthèse terminée.)
Alors j'arrive au moins 20 minutes avant l'heure prévue pour l'audition. Le temps ne manque pas pour regarder les cadres des finissants (beaucoup pas du tout connus aujourd'hui et qui n'ont sûrement jamais percé, admettons le) ainsi que les affiches de spectacles de pros du domaine. Je croise un gars qui sort tout juste du local. Polis, on se souhaite bonne chance. J'entrevois Louise Richer (crimebine qu'elle parle fort, elle) et la salue brièvement en retour de son beau "bonjour". Celui censé passer avant moi n'est pas là, alors on m'invite à entrer dans le local. Il fait noir, mais un endroit est bien éclairé par des projecteurs sans être surélevé. "Ah bon, y a comme une scène...", dis-je nerveusement. Ben oui, tsé, j'avais comme pas pensé que ça pouvait être encore plus intimidant... On m'explique que c'est pour mieux voir mes mimiques et toutes les facettes de ma prestation.
Je m'y mets finalement, après quelques respirations profondes et un moment de recueillement trop succinct (non mais j'ai quand même un peu de vocabulaire, tsé). Puis go, c'est parti. J'oublie tout (sauf mon texte et les indications de jeu dans ma tête) et je déblatère (encore du vocabulaire. Mais où est le jeu de Scarbble?) devant trois personnes que je ne connais pas mais qui, malgré cela, m'écoutent attentivement.
En plein milieu de mon numéro, c'est là que je réalise ce qui se passe. Je suis à Montréal, à l'ENH, et je présente ma création à des gens qui vont peut-être déterminer le sort de mes deux prochaines années de vie et, qui sait, mon avenir en entier. Mes jambes se mettent à trembler. Tout ça dure seulement quelques secondes et je continue d'être sur le pilote automatique, si on peut s'exprimer ainsi. Je prends une pause pour me remémorer où j'en suis dans mon texte.
C'est fini. Je m'avance vers les juges et m'assois sur un tabouret pas du tout confortable. De toute façon, ça existe, un tabouret confortable, hein? NON! Recroquevillé, je réponds calmement aux questions des pros. Pourquoi l'humour? Je réponds (à peu près) : "Ça fait longtemps que j'y pense. Et je me suis dit pourquoi pas m'essayer et plonger?" On me demande ensuite qui j'aime ou m'intéresse. Je pense au côté absurde des Denis, à l'imagination débridée des Chick, au style provocateur de Wagner, à l'audace des Appendices et au contenu de Nantel.
Je leur mentionne au passage qu'on m'a déjà dit que je ressemblais à un certain Houde, Louis-José de son prénom. Un des juges, prof d'impro, répond que j'ai plutôt des airs de Pierre Verville (heille, là, woah! Je câle peut-être, mais pas tant que ça!). À bien y penser, c'est quand même un compliment (il était admirable dans "Les Lavigueur". Sauf que, petit pépin : c'est une série dramatique...).
Et pis c'est bebye, des nouvelles d'ici vendredi, on passe au suivant. Pas de commentaire sur l'exploit que je viens de réaliser. Si c'est oui, il y a une autre rencontre en groupe de 25 à peu près, puis on garde environ la moitié. Pendant mon retour à la maison, je me demande comment ça s'est déroulé. Je suis satisfait même si je crois avoir oublié un bout. Ou peut-être pas, en fin de compte. Je ne suis plus certain si j'ai conté tel gag, le tout ayant défilé dans ma tête beaucoup trop rapidement alors que je m'exécutais. Anyway, c'est fait, c'est fait.
Et ce fut un non, finalement.
Bon, ça fait. Pour en savoir plus sur l'entrevue (auteur), qui a eu lieu la semaine suivante (25 avril), va falloir lire un prochain billet. Celui-là est déjà assez long de même.
Bon, bon, bon. Si je suis déçu? Ben tsé, oui, un peu. Non mais je n'ai pas consacré plusieurs heures d'écriture, de réécriture et des journées complètes de répétition, seul devant un miroir, dans le but précis de me faire dire que "je n'étais pas prêt". Mais ils ont sûrement eu raison de ne pas me sélectionner. Sans oublier qu'il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus (donc, étant un non élu, je peux être Sénateur. Pousse-toi de là, Jacques Demers! Joke politique, et poche en plus. Pardonnez-moi.)
Mais si ça vous intéresse de savoir un peu plus en détails comment ça se passe, une audition...
Comme je l'écrivais dans un précédent billet, je me suis inscrit exactement la journée limite pour soumettre les candidatures. J'avais évidemment écrit mon numéro et mon sketch qu'il fallait envoyer avant pour être considéré dans la catégorie auteur, sans toutefois avoir pris la décision de m'inscrire de façon définitive. J'avais écrit les textes un peu pour le fun, pour me faire rêver (fantasmer, voire délirer) ou je ne sais trop quelle autre raison encore moins bonne.
Le lendemain de mon inscription, on m'appelle pour fixer mes dates d'audition (humoriste) et d'entrevue (auteur). Je note les journées dans mon agenda que j'utilise assez peu d'ailleurs, malheureusement (oui, pauvre lui. Désolé petit bouquin vert). Je raccroche et je me rends compte bien vite que mon audition est... dans deux semaines! Ah, fuck! 600 mots (même pas mal plus) à apprendre par coeur et à livrer de façon surprenante pour avoir une place à l'ENH. Pis en plus, il faut que ce soit drôle!
Je me pratique, donc, pas mal de fois. Je récite l'oeuvre (ben quoi, c'est de l'art...). Je m'enregistre avec mon gadget vieux de plusieurs années, donné par ma mère, à l'origine destiné à réaliser des entrevues, mais qui fonctionne encore à merveille. Je me pratique à nouveau. C'est dur, je n'arrive pas à me rappeler les segments. Je m'enregistre encore. Je vais prendre une marche, écouteurs sur les oreilles, pour l'apprendre un peu plus. Je répète encore. Encore. Encore. Ça s'en vient mieux. Je précise mes intonations, note où ça accroche et commence tranquillement à maîtriser mon numéro.
(Parenthèse, ici. Je ne sais toujours pas si mon numéro est drôle, encore à ce jour. J'ai beau l'avoir présenté à mes parents la veille de l'audition mais la famille est le pire juge et mes géniteurs ont surtout servi de public passif, pour me mettre de la pression, que de conseillers ou de spectateurs. À deux, ça rit pas mal moins que devant des centaines de personnes. Pendant l'audition, ils étaient trois (deux gars, une femme) et ils regardaient surtout mon jeu et ont en grande partie analysé ma performance. Bon, mon texte aussi, mais ils n'ont pas examiné le contenu du numéro minutieusement. Ils n'ont pas ri, sauf une fois peut-être, et ça m'a un peu dérangé même. Toujours est-il que je pense que ce que j'ai présenté est comique. En tout ça, moi, je trouve ça pas pire. Mais tsé, y a pas juste moi qui compte dans la vie. Faudrait que je le teste... Bref. Longue parenthèse terminée.)
Alors j'arrive au moins 20 minutes avant l'heure prévue pour l'audition. Le temps ne manque pas pour regarder les cadres des finissants (beaucoup pas du tout connus aujourd'hui et qui n'ont sûrement jamais percé, admettons le) ainsi que les affiches de spectacles de pros du domaine. Je croise un gars qui sort tout juste du local. Polis, on se souhaite bonne chance. J'entrevois Louise Richer (crimebine qu'elle parle fort, elle) et la salue brièvement en retour de son beau "bonjour". Celui censé passer avant moi n'est pas là, alors on m'invite à entrer dans le local. Il fait noir, mais un endroit est bien éclairé par des projecteurs sans être surélevé. "Ah bon, y a comme une scène...", dis-je nerveusement. Ben oui, tsé, j'avais comme pas pensé que ça pouvait être encore plus intimidant... On m'explique que c'est pour mieux voir mes mimiques et toutes les facettes de ma prestation.
Je m'y mets finalement, après quelques respirations profondes et un moment de recueillement trop succinct (non mais j'ai quand même un peu de vocabulaire, tsé). Puis go, c'est parti. J'oublie tout (sauf mon texte et les indications de jeu dans ma tête) et je déblatère (encore du vocabulaire. Mais où est le jeu de Scarbble?) devant trois personnes que je ne connais pas mais qui, malgré cela, m'écoutent attentivement.
En plein milieu de mon numéro, c'est là que je réalise ce qui se passe. Je suis à Montréal, à l'ENH, et je présente ma création à des gens qui vont peut-être déterminer le sort de mes deux prochaines années de vie et, qui sait, mon avenir en entier. Mes jambes se mettent à trembler. Tout ça dure seulement quelques secondes et je continue d'être sur le pilote automatique, si on peut s'exprimer ainsi. Je prends une pause pour me remémorer où j'en suis dans mon texte.
C'est fini. Je m'avance vers les juges et m'assois sur un tabouret pas du tout confortable. De toute façon, ça existe, un tabouret confortable, hein? NON! Recroquevillé, je réponds calmement aux questions des pros. Pourquoi l'humour? Je réponds (à peu près) : "Ça fait longtemps que j'y pense. Et je me suis dit pourquoi pas m'essayer et plonger?" On me demande ensuite qui j'aime ou m'intéresse. Je pense au côté absurde des Denis, à l'imagination débridée des Chick, au style provocateur de Wagner, à l'audace des Appendices et au contenu de Nantel.
Je leur mentionne au passage qu'on m'a déjà dit que je ressemblais à un certain Houde, Louis-José de son prénom. Un des juges, prof d'impro, répond que j'ai plutôt des airs de Pierre Verville (heille, là, woah! Je câle peut-être, mais pas tant que ça!). À bien y penser, c'est quand même un compliment (il était admirable dans "Les Lavigueur". Sauf que, petit pépin : c'est une série dramatique...).
Et pis c'est bebye, des nouvelles d'ici vendredi, on passe au suivant. Pas de commentaire sur l'exploit que je viens de réaliser. Si c'est oui, il y a une autre rencontre en groupe de 25 à peu près, puis on garde environ la moitié. Pendant mon retour à la maison, je me demande comment ça s'est déroulé. Je suis satisfait même si je crois avoir oublié un bout. Ou peut-être pas, en fin de compte. Je ne suis plus certain si j'ai conté tel gag, le tout ayant défilé dans ma tête beaucoup trop rapidement alors que je m'exécutais. Anyway, c'est fait, c'est fait.
Et ce fut un non, finalement.
Bon, ça fait. Pour en savoir plus sur l'entrevue (auteur), qui a eu lieu la semaine suivante (25 avril), va falloir lire un prochain billet. Celui-là est déjà assez long de même.
4/13/2012
L'inspiration Lassonde : laissez-moi rêver
Ce qu'on peut désormais appeler l'affaire Lassonde, en plus de faire couler beaucoup d'encre, a surtout fait reculer l'entreprise propriétaire des bons jus Oasis (j'aime leurs produits).
"Toute la fin de semaine, une véritable armée d'internautes ont pris Facebook et Twitter d'assaut pour faire connaître leur colère à la grande entreprise", peut-on lire dans cet article sur Lapresse.ca. En fait, le quotidien de la rue St-Jacques est à l'origine de toute cette saga (article ici pour ceux qui ne l'auraient pas lu). Et l'énorme pouvoir d'influence de Guy A. Lepage sur Twitter a contribué à tout ce mécontentement des internautes. "C'est un scandale", se sont sans doute dit plusieurs. Un monstre devenu pratiquement incontrôlable et aux conséquences plutôt néfastes pour la compagnie.
On peut parler d'une certaine victoire. Oui, il y a quelque chose de beau là-dedans.
Même le chroniqueur et blogueur Patrick Lagacé s'en est mêlé, avec deux billets et une chronique, rien de moins. Il traite la compagnie de "bully", à raison, qui veut tout contrôler.
Mais y a-t-il eu acharnement? Sérieusement, je me pose la question. D'ailleurs, le président de Lassonde, sur son blogue créé tout récemment, reproche à Lagacé sonimpartialité (ou plutôt l'inverse, sa partialité). Cela dit, l'animateur des Francs-Tireurs verse dans la chronique, il a donc le "droit" d'être biaisé.
J'aime le jus Oasis. Je n'arrêterai pas d'en boire à cause de cette affaire. Il s'agit tout de même d'une entreprise québécoise, et je me plais à boire de leur produit plutôt que du Tropicana, qu'on paye bien souvent pour la marque.
C'est vrai, la chose n'est pas juste, comme l'expliquait Yves Boisvert, dans sa chronique de lundi, et qui décortique habilement l'affaire. Alors parfait, au moins, Lassonde a appris qu'elle s'est comporté de façon bête et méchante, qu'elle a fait des erreurs, chose que la justice reconnaissait plus ou moins. L'opinion publique a gagné. L'appel au boycott a porté ses fruits, donc.
Mais quand j'y pense, je peux pas m'empêcher de me dire qu'on pourrait appliquer la recette Lassonde à autre chose maintenant. Il y a des années, sûrement vous en souvenez-vous, on recevait par courriel un Powerpoint qui nous encourageait à nous abstenir d'aller faire le plein d'essence chez une certaine pétrolière. Ensuite, on devait l'envoyer à d'autre gens pour que le message passe. Une espèce de chaîne de lettres qui, on l'espérait, allait faire boule de neige. Fuck, aujourd'hui, ce serait tellement plus facile, avec Facebook et Twitter, entre autres.
Non, vraiment, pourquoi pas se dire quelque chose dans le genre "ne gazons plus chez Shell, Esso ou Ultramar" (quitte à envahir leur page Facebook). Il n'y a peut-être pas eu d'article pour dénoncer le comportement de ces pétrolières, mais entre vous et moi, avons-nous vraiment besoin d'un média pour nous faire réaliser qu'on se fait royalement arnaquer par les pétrolières. C'est évident qu'on abuse des consommateurs. Ça, je trouve, c'est un énorme scandale. Un vrai. On est carrément à la merci des énormes multinationales dans ce cas-là précis.
C'est donc une idée que je lance, un peu naïvement, comme ça. Je pourrais être l'instigateur d'une page Facebook encourageant un boycott de Shell (ou une autre pétrolière). Véritables otages de la consommation d'essence, on est pris à la gorge par les pompes. Je me dis par contre qu'on pourrait faire mal (ne serait-ce qu'un peu) à un gros "méchant", si jamais on assistait à un mouvement semblable à celui vu avec Lassonde. Là, je serais encore plus fier de voir ça.
Il faudrait juste se concerter. Pis une vedette qui colporte le message. Quelqu'un de big, là.
Comme Dominic Champagne, le gars de toutes les causes, ces temps-ci. Mais il doit être trop occupé à préparer son rassemblement du 22 avril (qui sera grandiose, je l'espère).
Mais j'y pense, Normand L'amour, on le voit plus, lui. Je le verrais admirablement bien en porte-parole de la cause, avec son casse blanc, son franc parler légendaire, déclarant à tous avec une énergie débordante : "Je vous aime".
C'est une blague. Mais tout ce qui précède ce gag de porte-parole est sérieux.
Je rêve d'un autre mouvement comme celui de Oasis, mais qui vise encore plus juste.
"Toute la fin de semaine, une véritable armée d'internautes ont pris Facebook et Twitter d'assaut pour faire connaître leur colère à la grande entreprise", peut-on lire dans cet article sur Lapresse.ca. En fait, le quotidien de la rue St-Jacques est à l'origine de toute cette saga (article ici pour ceux qui ne l'auraient pas lu). Et l'énorme pouvoir d'influence de Guy A. Lepage sur Twitter a contribué à tout ce mécontentement des internautes. "C'est un scandale", se sont sans doute dit plusieurs. Un monstre devenu pratiquement incontrôlable et aux conséquences plutôt néfastes pour la compagnie.
On peut parler d'une certaine victoire. Oui, il y a quelque chose de beau là-dedans.
Même le chroniqueur et blogueur Patrick Lagacé s'en est mêlé, avec deux billets et une chronique, rien de moins. Il traite la compagnie de "bully", à raison, qui veut tout contrôler.
Mais y a-t-il eu acharnement? Sérieusement, je me pose la question. D'ailleurs, le président de Lassonde, sur son blogue créé tout récemment, reproche à Lagacé son
J'aime le jus Oasis. Je n'arrêterai pas d'en boire à cause de cette affaire. Il s'agit tout de même d'une entreprise québécoise, et je me plais à boire de leur produit plutôt que du Tropicana, qu'on paye bien souvent pour la marque.
C'est vrai, la chose n'est pas juste, comme l'expliquait Yves Boisvert, dans sa chronique de lundi, et qui décortique habilement l'affaire. Alors parfait, au moins, Lassonde a appris qu'elle s'est comporté de façon bête et méchante, qu'elle a fait des erreurs, chose que la justice reconnaissait plus ou moins. L'opinion publique a gagné. L'appel au boycott a porté ses fruits, donc.
Mais quand j'y pense, je peux pas m'empêcher de me dire qu'on pourrait appliquer la recette Lassonde à autre chose maintenant. Il y a des années, sûrement vous en souvenez-vous, on recevait par courriel un Powerpoint qui nous encourageait à nous abstenir d'aller faire le plein d'essence chez une certaine pétrolière. Ensuite, on devait l'envoyer à d'autre gens pour que le message passe. Une espèce de chaîne de lettres qui, on l'espérait, allait faire boule de neige. Fuck, aujourd'hui, ce serait tellement plus facile, avec Facebook et Twitter, entre autres.
Non, vraiment, pourquoi pas se dire quelque chose dans le genre "ne gazons plus chez Shell, Esso ou Ultramar" (quitte à envahir leur page Facebook). Il n'y a peut-être pas eu d'article pour dénoncer le comportement de ces pétrolières, mais entre vous et moi, avons-nous vraiment besoin d'un média pour nous faire réaliser qu'on se fait royalement arnaquer par les pétrolières. C'est évident qu'on abuse des consommateurs. Ça, je trouve, c'est un énorme scandale. Un vrai. On est carrément à la merci des énormes multinationales dans ce cas-là précis.
C'est donc une idée que je lance, un peu naïvement, comme ça. Je pourrais être l'instigateur d'une page Facebook encourageant un boycott de Shell (ou une autre pétrolière). Véritables otages de la consommation d'essence, on est pris à la gorge par les pompes. Je me dis par contre qu'on pourrait faire mal (ne serait-ce qu'un peu) à un gros "méchant", si jamais on assistait à un mouvement semblable à celui vu avec Lassonde. Là, je serais encore plus fier de voir ça.
Il faudrait juste se concerter. Pis une vedette qui colporte le message. Quelqu'un de big, là.
Comme Dominic Champagne, le gars de toutes les causes, ces temps-ci. Mais il doit être trop occupé à préparer son rassemblement du 22 avril (qui sera grandiose, je l'espère).
Mais j'y pense, Normand L'amour, on le voit plus, lui. Je le verrais admirablement bien en porte-parole de la cause, avec son casse blanc, son franc parler légendaire, déclarant à tous avec une énergie débordante : "Je vous aime".
C'est une blague. Mais tout ce qui précède ce gag de porte-parole est sérieux.
Je rêve d'un autre mouvement comme celui de Oasis, mais qui vise encore plus juste.
4/09/2012
Audition et entrevue bientôt pour l'ENH
Ça fait quand même quelques années que ça me trotte dans la tête. Finalement, j'ai fait le "move", comme on dit.
La date limite était le 2 avril. J'ai envoyé mes textes et mon inscription... le 2 avril, en après-midi. Ainsi donc, jeudi prochain, si tout se passe bien, je devrais être dans les locaux de l'École nationale de l'humour, à Montréal, soit en train de pleurer dans un coin, de pisser dans mes jeans, de vomir ou de faire mon numéro, les fesses serrées et les mains moites, devant le jury. J'espère juste que ça va être la dernière option parmi les quatre énumérées précédemment.
J'ai un peu fait ça en catimini. J'en ai parlé à quelques personnes, mais j'en ai fait l'annonce officielle à mes parents, ma grand-mère, ma soeur, mon frère et sa blonde hier, pendant le dessert du souper de Pâques. La réaction a été très bonne dans l'ensemble. Je crois même qu'on a tapé un peu des mains pour m'encourager, ou est-ce moi qui étais trop emballé par le moment...
Je sais pertinemment qu'on doit être des centaines, à chaque année, à vouloir une place dans les murs de l'ENH. "Douze (12) candidats sont admis dans chacun des programmes, suite aux inscriptions et au processus d'audition ou d'entrevue propre à chacun des programmes", explique le site Internet. Je n'ai pas vraiment d'expérience (aucune professionnelle). Par contre, je crois avoir un potentiel certain, ou du moins un certain potentiel. Mais bon, c'est pas une raison de ne pas essayer. Plongeons, juste pour voir, le vivre et éviter d'avoir des regrets.
Mon numéro pour l'audition, comique il va sans dire, parle des camps des vacances. J'explique à quel point c'est un bon endroit, quand on est moniteur, pour rencontrer des filles et forniquer en masse. C'est pissant (je vous le jure, je ne suis pas biaisé du tout...).
Ça, c'est pour le volet humoriste. Sinon, j'ai aussi payé pour qu'on s'intéresse à moi en tant qu'auteur. J'estime avoir une bonne plume, mais est-elle assez comique pour que les gens de l'ENH disent : "oui, lui, il a de l'avenir"? Ou finalement, ça va plus être "ouach, il est poche à mort, comment a-t-il pu croire qu'il pourrait faire un bon scripteur". La réponse après mon entrevue pour le volet auteur, qui a lieu dans deux semaines celle-là.
Inutile de souligner que je suis très nerveux. Depuis une semaine, je vais vraiment plus souvent à la toilette (#1 et #2), je dors moins bien. Mais en même temps, mes journées sont vraiment plus excitantes. Il y a comme une énergie qui m'envahit. Je ne veux pas trop me faire d'attentes, mais on dirait que c'est plus fort que moi. Je pourrais être déçu, je le sais bien.
Évidemment, les ondes positives, ou tout ce qui est positif, sont acceptées, exigées même. Je prends aussi les moitiés de batterie, à condition que vous gardiez le bout avec le "-" dessus (relire pour comprendre le gag, au cas où).
Bon, je pense ben que je vais aller apprendre mon numéro, moi là.
Je vous tiens au courant, évidemment.
La date limite était le 2 avril. J'ai envoyé mes textes et mon inscription... le 2 avril, en après-midi. Ainsi donc, jeudi prochain, si tout se passe bien, je devrais être dans les locaux de l'École nationale de l'humour, à Montréal, soit en train de pleurer dans un coin, de pisser dans mes jeans, de vomir ou de faire mon numéro, les fesses serrées et les mains moites, devant le jury. J'espère juste que ça va être la dernière option parmi les quatre énumérées précédemment.
J'ai un peu fait ça en catimini. J'en ai parlé à quelques personnes, mais j'en ai fait l'annonce officielle à mes parents, ma grand-mère, ma soeur, mon frère et sa blonde hier, pendant le dessert du souper de Pâques. La réaction a été très bonne dans l'ensemble. Je crois même qu'on a tapé un peu des mains pour m'encourager, ou est-ce moi qui étais trop emballé par le moment...
Je sais pertinemment qu'on doit être des centaines, à chaque année, à vouloir une place dans les murs de l'ENH. "Douze (12) candidats sont admis dans chacun des programmes, suite aux inscriptions et au processus d'audition ou d'entrevue propre à chacun des programmes", explique le site Internet. Je n'ai pas vraiment d'expérience (aucune professionnelle). Par contre, je crois avoir un potentiel certain, ou du moins un certain potentiel. Mais bon, c'est pas une raison de ne pas essayer. Plongeons, juste pour voir, le vivre et éviter d'avoir des regrets.
Mon numéro pour l'audition, comique il va sans dire, parle des camps des vacances. J'explique à quel point c'est un bon endroit, quand on est moniteur, pour rencontrer des filles et forniquer en masse. C'est pissant (je vous le jure, je ne suis pas biaisé du tout...).
Ça, c'est pour le volet humoriste. Sinon, j'ai aussi payé pour qu'on s'intéresse à moi en tant qu'auteur. J'estime avoir une bonne plume, mais est-elle assez comique pour que les gens de l'ENH disent : "oui, lui, il a de l'avenir"? Ou finalement, ça va plus être "ouach, il est poche à mort, comment a-t-il pu croire qu'il pourrait faire un bon scripteur". La réponse après mon entrevue pour le volet auteur, qui a lieu dans deux semaines celle-là.
Inutile de souligner que je suis très nerveux. Depuis une semaine, je vais vraiment plus souvent à la toilette (#1 et #2), je dors moins bien. Mais en même temps, mes journées sont vraiment plus excitantes. Il y a comme une énergie qui m'envahit. Je ne veux pas trop me faire d'attentes, mais on dirait que c'est plus fort que moi. Je pourrais être déçu, je le sais bien.
Évidemment, les ondes positives, ou tout ce qui est positif, sont acceptées, exigées même. Je prends aussi les moitiés de batterie, à condition que vous gardiez le bout avec le "-" dessus (relire pour comprendre le gag, au cas où).
Bon, je pense ben que je vais aller apprendre mon numéro, moi là.
Je vous tiens au courant, évidemment.
4/05/2012
C'est reparti (peut-être, probablement, sûrement. Sais pas trop finalement)
J'aimerais écrire plus souvent ici. Ça fait du bien.
J'ai été, ces derniers mois, passablement irrégulier depuis le temps que j'écris sur Internet. Les blogues commençaient à devenir plus populaires. À l'époque, je consultais les sites de quelques personnes, par intérêt personnel. J'estimais qu'elles avaient toutes des choses pertinentes à dire, qui valaient la peine d'être lues. Je savais qu'il se passait quelque chose. Les blogues se multipliaient et il y en a qui parvenaient à sortir leur épingle du jeu. Je rêvais de sortir du lot moi aussi, mais je me devais d'être assidu.
Sur ce site, mon premier billet remonte à 2007, quand même. Avant, je "sévissais" sur MSN Spaces, de Microsoft. J'ai voulu un moment donné retrouver là quelques-uns de mes premiers textes, juste pour le plaisir. J'ai appris finalement que tout avait été fermé et que les contenus n'étaient plus accessibles. Too bad.
Au départ, c'était comme un espèce de journal intime, mais que tout le monde pouvait consulter. J'y parlais d'à peu près tout ce que je pouvais vivre. D'une petite chirurgie (Quasimodo) à de belles rencontres (Coup de foudre au Bet?) et des tentatives d'invitation infructueuses (Le bal. Deuxième partie ici.) J'ai même abordé la mort de ma grand-mère (Libération).
J'écrivais, donc. Pas mal en plus. C'était comme rendu un besoin, voire une dépendance. Je devais m'exprimer. Je m'installais derrière mon ordi, le soir, avant de me coucher, puis je réfléchissais. Je me couchais tard, des fois, souvent. Un moment donné, c'était devenu comme une obsession. Sans farce : je faisais l'épicerie, je voyais quelque chose en particulier, j'avais des flash et aussitôt, je les notais quelque part. Tout ça dans le but, évidemment, d'avoir plus de matière, d'attirer des lecteurs et d'un jour devenir "une star du Web". Bon, c'est peut-être un peu fort. Mais quand même, je ne le nierai pas, je me cherchais une sorte de public pour mes écrits. Et les Interwebs constituaient l'endroit de prédilection pour cela à mon avis.
Il faut croire que j'avais vu juste. Puis est arrivé Facebook, puis Twitter. Déjà, j'avais négligé mon espace personnel avant que ces outils n'arrivent. J'ai sauté assez rapidement dans le projet de Mark Zuckerberg, en 2007 en fait, très curieux d'en constater les possibilités. Bien vite, j'ai trouvé ça très cool, constatant qu'il s'agissait d'un autre endroit pour moi, petite personne narcissique recherchant public, de partager du contenu avec une certaine communauté, laquelle croissait rapidement au fil des mois suivants.
Maintenant, ça fait un sacré bail que je ne blogue plus régulièrement. J'ai délaissé l'espace quasi au complet. Après avoir changé d'adresse, parce que je trouvais le nom et le modèle de l'autre poche, j'ai pensé dernièrement changer pour Wordpress. Cette dernière plate-forme, à ce qu'on dit, s'avère plus efficace et offre plus d'options. Plusieurs sites professionnels sont d'ailleurs construits à partir de Wordpress. Peut-être, un jour. J'ai mon adresse (http://etienneff.wordpress.com/), mais je ne me sens pas assez compétent pour élaborer quelque chose qui a de l'allure. Je pourrais y mettre du temps, mais j'aime bien ça ici aussi.
Tout ça pour dire, finalement, que Facebook et Twitter, que j'utilise régulièrement (trop?), ont un peu pris la place du blogue. La semaine passée, j'ai assisté à une conférence du professeur en communication Luc Dupont. Il a déclaré que le blogue constitue encore selon lui le plus puissant, le plus efficace, des média sociaux. J'avais déjà entendu aussi Michelle Blanc, célèbre personnalité de l'Internet (certains la surnomment la gourou du Web au Québec), affirmer la même chose.
Donc, j'ai décidé de m'y remettre, espérant développer une certaine discipline et un contenu d'une certaine qualité tout de même. Je ne sais pas ce que ça va donner. Je risque de parler beaucoup de médias, de journalisme, mais aussi d'actualité. Sauf que je voudrais aussi livrer du contenu un peu plus personnel, des réflexions sur la vie (ben quoi, je peux en avoir moi aussi). Ce pourrait être drôle ou triste, touchant ou désopilant, pertinent ou complètement inutile. Je n'en sais pour l'instant pas grand chose. Je vais voir comment les choses vont aller.
Un gars s'essaye.
J'ai été, ces derniers mois, passablement irrégulier depuis le temps que j'écris sur Internet. Les blogues commençaient à devenir plus populaires. À l'époque, je consultais les sites de quelques personnes, par intérêt personnel. J'estimais qu'elles avaient toutes des choses pertinentes à dire, qui valaient la peine d'être lues. Je savais qu'il se passait quelque chose. Les blogues se multipliaient et il y en a qui parvenaient à sortir leur épingle du jeu. Je rêvais de sortir du lot moi aussi, mais je me devais d'être assidu.
Sur ce site, mon premier billet remonte à 2007, quand même. Avant, je "sévissais" sur MSN Spaces, de Microsoft. J'ai voulu un moment donné retrouver là quelques-uns de mes premiers textes, juste pour le plaisir. J'ai appris finalement que tout avait été fermé et que les contenus n'étaient plus accessibles. Too bad.
Au départ, c'était comme un espèce de journal intime, mais que tout le monde pouvait consulter. J'y parlais d'à peu près tout ce que je pouvais vivre. D'une petite chirurgie (Quasimodo) à de belles rencontres (Coup de foudre au Bet?) et des tentatives d'invitation infructueuses (Le bal. Deuxième partie ici.) J'ai même abordé la mort de ma grand-mère (Libération).
J'écrivais, donc. Pas mal en plus. C'était comme rendu un besoin, voire une dépendance. Je devais m'exprimer. Je m'installais derrière mon ordi, le soir, avant de me coucher, puis je réfléchissais. Je me couchais tard, des fois, souvent. Un moment donné, c'était devenu comme une obsession. Sans farce : je faisais l'épicerie, je voyais quelque chose en particulier, j'avais des flash et aussitôt, je les notais quelque part. Tout ça dans le but, évidemment, d'avoir plus de matière, d'attirer des lecteurs et d'un jour devenir "une star du Web". Bon, c'est peut-être un peu fort. Mais quand même, je ne le nierai pas, je me cherchais une sorte de public pour mes écrits. Et les Interwebs constituaient l'endroit de prédilection pour cela à mon avis.
Il faut croire que j'avais vu juste. Puis est arrivé Facebook, puis Twitter. Déjà, j'avais négligé mon espace personnel avant que ces outils n'arrivent. J'ai sauté assez rapidement dans le projet de Mark Zuckerberg, en 2007 en fait, très curieux d'en constater les possibilités. Bien vite, j'ai trouvé ça très cool, constatant qu'il s'agissait d'un autre endroit pour moi, petite personne narcissique recherchant public, de partager du contenu avec une certaine communauté, laquelle croissait rapidement au fil des mois suivants.
Maintenant, ça fait un sacré bail que je ne blogue plus régulièrement. J'ai délaissé l'espace quasi au complet. Après avoir changé d'adresse, parce que je trouvais le nom et le modèle de l'autre poche, j'ai pensé dernièrement changer pour Wordpress. Cette dernière plate-forme, à ce qu'on dit, s'avère plus efficace et offre plus d'options. Plusieurs sites professionnels sont d'ailleurs construits à partir de Wordpress. Peut-être, un jour. J'ai mon adresse (http://etienneff.wordpress.com/), mais je ne me sens pas assez compétent pour élaborer quelque chose qui a de l'allure. Je pourrais y mettre du temps, mais j'aime bien ça ici aussi.
Tout ça pour dire, finalement, que Facebook et Twitter, que j'utilise régulièrement (trop?), ont un peu pris la place du blogue. La semaine passée, j'ai assisté à une conférence du professeur en communication Luc Dupont. Il a déclaré que le blogue constitue encore selon lui le plus puissant, le plus efficace, des média sociaux. J'avais déjà entendu aussi Michelle Blanc, célèbre personnalité de l'Internet (certains la surnomment la gourou du Web au Québec), affirmer la même chose.
Donc, j'ai décidé de m'y remettre, espérant développer une certaine discipline et un contenu d'une certaine qualité tout de même. Je ne sais pas ce que ça va donner. Je risque de parler beaucoup de médias, de journalisme, mais aussi d'actualité. Sauf que je voudrais aussi livrer du contenu un peu plus personnel, des réflexions sur la vie (ben quoi, je peux en avoir moi aussi). Ce pourrait être drôle ou triste, touchant ou désopilant, pertinent ou complètement inutile. Je n'en sais pour l'instant pas grand chose. Je vais voir comment les choses vont aller.
Un gars s'essaye.
4/03/2012
J'ai pleuré
Je me sens plus sensible ces temps-ci. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je crois bien que ma récente rupture amoureuse y est pour quelque chose. Mais ça, je ne veux pas en parler ici.
Ce lundi, un nouvel épisode de la série française Bref m'a fait pleurer. Les autres vidéos étaient d'ordinaire comiques, parfois tendres. Il y a une simplicité dans ces clips qui a tout pour plaire. À de nombreuses occasions, je me reconnais dans le protagoniste à l'attitude un peu loser. Comme dans celle où le gars décide de monter un meuble Ikea seul.
Mais cette vidéo-ci, la dernière qui est sortie, m'a passablement surpris.
En un peu plus de deux minutes, une vidéo sur Internet a réussi à m'arracher des larmes. Il n'en a pas fallu beaucoup. Constat : ma masculinité est en danger. Ben non, je blague, voyons.
C'est vrai, par contre, je ne pleure pas nécessairement souvent. Je suis de nature plutôt indifférent, voire renfermé, ou introverti tiens. Il m'en faut pas mal pour me faire réagir de cette façon, habituellement. Par contre, les films arrivent maintes fois à me donner le besoin de mouchoirs pour m'essuyer les yeux. Édouard aux mains d'argent ou Braveheart, par exemple, pour ne nommer que ceux-là. Parce qu'ils sont puissants. Ou même Retour au bercail, à la limite, car le contexte s'y prête bien. Pis parce que c'est dont cute voir des animaux revenir à la maison sains et saufs. Les émotions transpercent l'écran et arrivent droit au coeur.
Je pleure plus ces temps-ci, après des années de quiétude. Reste que c'est arrivé encore, dernièrement, quand ma soeur m'a montré un album de photos que je n'avais jamais vu. J'étais de passage à son appartement de Sherbrooke, pour prendre part à une audition pour un quiz télé (on a été pris, d'ailleurs. On enregistre dans deux semaines...). De retour de l'hôtel où avait eu lieu l'audition, Caro a eu la brillante idée d'ouvrir devant mes yeux un album photo que papa lui avait remis quand elle était ado ou à peu près. J'étais loin d'être né. De vieilles photos où on voit Caro toute petite, en train de regarder son père dormir. Ou cette autre photo jaunie où notre paternel porte de grosses lunettes et arbore une longue moustache, noire, qui tombe de chaque côté de ses lèvres.
Puis, Caro sort cette carte, toute simple, mise entre deux pages d'album. C'était un message de papa, écrit à l'époque.
Et me faire réaliser que le monde est si beau. Même quand on pleure.
Ce lundi, un nouvel épisode de la série française Bref m'a fait pleurer. Les autres vidéos étaient d'ordinaire comiques, parfois tendres. Il y a une simplicité dans ces clips qui a tout pour plaire. À de nombreuses occasions, je me reconnais dans le protagoniste à l'attitude un peu loser. Comme dans celle où le gars décide de monter un meuble Ikea seul.
Mais cette vidéo-ci, la dernière qui est sortie, m'a passablement surpris.
En un peu plus de deux minutes, une vidéo sur Internet a réussi à m'arracher des larmes. Il n'en a pas fallu beaucoup. Constat : ma masculinité est en danger. Ben non, je blague, voyons.
C'est vrai, par contre, je ne pleure pas nécessairement souvent. Je suis de nature plutôt indifférent, voire renfermé, ou introverti tiens. Il m'en faut pas mal pour me faire réagir de cette façon, habituellement. Par contre, les films arrivent maintes fois à me donner le besoin de mouchoirs pour m'essuyer les yeux. Édouard aux mains d'argent ou Braveheart, par exemple, pour ne nommer que ceux-là. Parce qu'ils sont puissants. Ou même Retour au bercail, à la limite, car le contexte s'y prête bien. Pis parce que c'est dont cute voir des animaux revenir à la maison sains et saufs. Les émotions transpercent l'écran et arrivent droit au coeur.
Je pleure plus ces temps-ci, après des années de quiétude. Reste que c'est arrivé encore, dernièrement, quand ma soeur m'a montré un album de photos que je n'avais jamais vu. J'étais de passage à son appartement de Sherbrooke, pour prendre part à une audition pour un quiz télé (on a été pris, d'ailleurs. On enregistre dans deux semaines...). De retour de l'hôtel où avait eu lieu l'audition, Caro a eu la brillante idée d'ouvrir devant mes yeux un album photo que papa lui avait remis quand elle était ado ou à peu près. J'étais loin d'être né. De vieilles photos où on voit Caro toute petite, en train de regarder son père dormir. Ou cette autre photo jaunie où notre paternel porte de grosses lunettes et arbore une longue moustache, noire, qui tombe de chaque côté de ses lèvres.
Puis, Caro sort cette carte, toute simple, mise entre deux pages d'album. C'était un message de papa, écrit à l'époque.
"Caroline,
Voici quelques photos. Elles me sont très chères et représentent beaucoup de souvenirs pour moi. Qui sait, peut-être un jour te demanderais-je d'ouvrir cet album et de me les raconter pour me les faire revivre.
Papa"C'est sorti tout seul. Je n'en pouvais plus. La boule dans la gorge, les yeux qui se remplissent. Ces images de complicité et ce message d'amour sincère m'ont chamboulé en assez peu de temps, mais bien suffisamment pour rendre mes yeux humides au point d'avoir besoin d'aller à la salle de bain chercher un Kleenex.
Et me faire réaliser que le monde est si beau. Même quand on pleure.
2/26/2012
La démagogie de V
Des soubresauts ont eu lieu à Radio-Canada cette semaine. Non seulement Alain Saulnier a-t-il été remercié dans des circonstances douteuses, mais Pierre Duchesne, journaliste à l'Assemblée nationale depuis quelques années, quitte la colline parlementaire et revient à Montréal (article de Voir ici).
Ce sont deux gros morceaux qui partent. Des gens d'expérience, estimés par leurs pairs, dont le travail est considéré exemplaire. Jeudi, la chaîne RDI a interrompu pendant quelques minutes sa programmation pour souligner le départ de Saulnier. De passage dans la salle des nouvelles, Saulnier a été applaudi de tous. À C'est juste de la TV, sur Artv, Liza Frulla a mentionné que certaines gens pleuraient tellement ils étaient attristés par le congédiement (c'est pas mal ça, au fond) de leur patron. La vidéo est sur YouTube :
Saulnier a en effet fait beaucoup pour l'information à Radio-Canada. Il a entre autres été responsable de l'implantation de l'émission Enquête à Radio-Canada et a contribué à l'essor (si on peut dire ça) de l'information internationale. De l'info nécessaire mais qui coûte diablement plus cher. Yves Boisvert, dans sa chronique de samedi, y va d'un bel hommage au cran et à l'audace de M. Saulnier.
Mais voilà qu'en consultant mon fil Facebook, je vois cette vidéo de Mario Dumont et son comparse Martin Pelletier, de l'émission Dumont à V.
Dumont et Pelletier ont un gros problème. D'abord, ils ne démontrent aucune compassion et ne reconnaissent pas du tout les accomplissements de Saulnier. Ils n'ont absolument rien compris qu'il s'agissait d'un hommage bien mérité, sans oublier qu'ils font des liens avec le passé de Saulnier, liens plus que discutables. Saulnier croyait en l'information de qualité et il s'est donné les moyens pour parvenir à contribuer à l'essor d'une chaîne d'information respectable, tout le contraire de V. Tout ça semble échapper à nos deux amis de V qui, eux, se balancent complètement des faits. Avec des arguments aussi faibles, ça s'apparente à de la propagande.
Il y a un mot pour ça : démagogie.
Ce sont deux gros morceaux qui partent. Des gens d'expérience, estimés par leurs pairs, dont le travail est considéré exemplaire. Jeudi, la chaîne RDI a interrompu pendant quelques minutes sa programmation pour souligner le départ de Saulnier. De passage dans la salle des nouvelles, Saulnier a été applaudi de tous. À C'est juste de la TV, sur Artv, Liza Frulla a mentionné que certaines gens pleuraient tellement ils étaient attristés par le congédiement (c'est pas mal ça, au fond) de leur patron. La vidéo est sur YouTube :
Saulnier a en effet fait beaucoup pour l'information à Radio-Canada. Il a entre autres été responsable de l'implantation de l'émission Enquête à Radio-Canada et a contribué à l'essor (si on peut dire ça) de l'information internationale. De l'info nécessaire mais qui coûte diablement plus cher. Yves Boisvert, dans sa chronique de samedi, y va d'un bel hommage au cran et à l'audace de M. Saulnier.
Mais voilà qu'en consultant mon fil Facebook, je vois cette vidéo de Mario Dumont et son comparse Martin Pelletier, de l'émission Dumont à V.
Dumont et Pelletier ont un gros problème. D'abord, ils ne démontrent aucune compassion et ne reconnaissent pas du tout les accomplissements de Saulnier. Ils n'ont absolument rien compris qu'il s'agissait d'un hommage bien mérité, sans oublier qu'ils font des liens avec le passé de Saulnier, liens plus que discutables. Saulnier croyait en l'information de qualité et il s'est donné les moyens pour parvenir à contribuer à l'essor d'une chaîne d'information respectable, tout le contraire de V. Tout ça semble échapper à nos deux amis de V qui, eux, se balancent complètement des faits. Avec des arguments aussi faibles, ça s'apparente à de la propagande.
Il y a un mot pour ça : démagogie.
2/01/2012
Allons Voir, en attendant le Huffington Post Québec
Bonjour,
j'avais écrit en décembre dernier ici au sujet de la venue du Huffington Post Québec et de leurs possibles blogueurs (ça fait un bail, je sais. Je vais essayer d'être plus régulier).
Disons que le portrait a changé pas mal, dernièrement, et qu'il vaut le coup d'oeil. D'abord, le Voir a instauré toute une série de blogues pas mal intéressants. Il y a par exemple celui d'une avocate de la défense au criminel, Véronique Robert (par ici), ou encore celui de Catherine Voyer-Léger, qui travaille en édition (par là). J'en passe d'autres, dont celui de Normand Baillargeon, qui était censé écrire pour le Post avant, mais s'est ravisé par la suite. Bref, tout plein de bon monde, qui ont plusieurs opinions sur bien des sujets.
Et aujourd'hui, on apprenait que d'autres blogueurs potentiels avaient changé d'idée quant à leur participation au Post (l'article sur Cyberpresse à ce sujet). Après Amir Khadir et Françoise David, qui avaient déjà fait savoir leur retrait du projet, voilà maintenant que Jean Barbe, Steven Guilbeault, Pierre Curzi et Bernard Drainville, pour ne nommer que ceux-là, ne veulent plus bloguer gratuitement pour le Post. L'éditrice des blogues au Huffington Post, Tamy Emma Pepin, n'y voit pas de perte, selon ce qu'on rapporte dans cet article. Elle rappelle d'ailleurs que le modèle est connu depuis le début : les blogueurs ne sont pas payés; n'importe qui peut écrire, et sur n'importe quoi. Par contre, les journalistes, eux, évidemment, sont payés.
Tout ça pour dire que je révise un peu ma position. Je tiens d'abord à féliciter les gens de Voir, spécialement Simon Jodoin, responsable des médias numériques. En quelques semaines à peine, ils ont réussi à créer toute une communauté florissante et débordante d'idées. Bravo pour ce foisonnement original réussi et purement québécois!
Mais n'oublions pas le Huffington Post Québec pour autant. Le site est prévu dans une semaine et, avec le temps, saura s'imposer, je crois. Bref, je l'espère encore.
À bientôt!
j'avais écrit en décembre dernier ici au sujet de la venue du Huffington Post Québec et de leurs possibles blogueurs (ça fait un bail, je sais. Je vais essayer d'être plus régulier).
Disons que le portrait a changé pas mal, dernièrement, et qu'il vaut le coup d'oeil. D'abord, le Voir a instauré toute une série de blogues pas mal intéressants. Il y a par exemple celui d'une avocate de la défense au criminel, Véronique Robert (par ici), ou encore celui de Catherine Voyer-Léger, qui travaille en édition (par là). J'en passe d'autres, dont celui de Normand Baillargeon, qui était censé écrire pour le Post avant, mais s'est ravisé par la suite. Bref, tout plein de bon monde, qui ont plusieurs opinions sur bien des sujets.
Et aujourd'hui, on apprenait que d'autres blogueurs potentiels avaient changé d'idée quant à leur participation au Post (l'article sur Cyberpresse à ce sujet). Après Amir Khadir et Françoise David, qui avaient déjà fait savoir leur retrait du projet, voilà maintenant que Jean Barbe, Steven Guilbeault, Pierre Curzi et Bernard Drainville, pour ne nommer que ceux-là, ne veulent plus bloguer gratuitement pour le Post. L'éditrice des blogues au Huffington Post, Tamy Emma Pepin, n'y voit pas de perte, selon ce qu'on rapporte dans cet article. Elle rappelle d'ailleurs que le modèle est connu depuis le début : les blogueurs ne sont pas payés; n'importe qui peut écrire, et sur n'importe quoi. Par contre, les journalistes, eux, évidemment, sont payés.
Tout ça pour dire que je révise un peu ma position. Je tiens d'abord à féliciter les gens de Voir, spécialement Simon Jodoin, responsable des médias numériques. En quelques semaines à peine, ils ont réussi à créer toute une communauté florissante et débordante d'idées. Bravo pour ce foisonnement original réussi et purement québécois!
Mais n'oublions pas le Huffington Post Québec pour autant. Le site est prévu dans une semaine et, avec le temps, saura s'imposer, je crois. Bref, je l'espère encore.
À bientôt!
12/18/2011
Huffington Post Québec : la chance au coureur
La divulgation de potentiels blogueurs de gauche pour le nouveau site de la version québécoise du Huffington Post a créé un certain émoi ces derniers jours. Le site devrait être en ligne d'ici quelques semaines, mais déjà, ses possibles rédacteurs soulèvent des questions.
Quand il a appris que Françoise David et Amir Khadir, de Québec Solidaire, ainsi que l'écrivain Jean Barbe, entre autres, avaient accepté de contribuer au Huffington Post, Simon Jodoin n'en revenait tout simplement pas. Dans une missive publiée le vendredi 16 décembre, le directeur du développement des nouveaux médias pour le journal Voir s'insurge du fait que Khadir et compagnie effectuent du bénévolat pour America Online, propriétaire des sites Huffington Post. La formule du Huff Post, dont des volets canadiens et anglais ont vu le jour cette année, consiste à diffuser des textes de blogueurs sans que ceux-ci soient payés. Le site américain fait d'ailleurs face à une poursuite, des blogueurs réclamant d'être payés.
Jodoin ne comprend donc pas les blogueurs d'offrir du contenu pour Huffington Post Québec. estimant qu'ils sont "complètement tombés sur la tête". Il y voit un gros manque de cohérence avec les discours des rédacteurs, surtout Barbe, qui n'a pas caché partager l'idéologie du mouvement des "indignés" il y a quelques semaines à peine. Jodoin aurait préféré qu'ils réfléchissent un peu et s'abstiennent d'encourager un modèle qui s'apparente à de l'exploitation de créateurs. Pourtant, le site Voir.ca offre ce genre de tribune, aussi sans rémunération. En deuxième partie d'un autre billet sur le sujet, Simon Jodoin ironise à propos du modèle du Huffington Post.
MAJ : En fait, non, désolé, Voir paye ses blogueurs, à raison de 5 $ pour 1000 pages vues (voir article ici).
Mais quand même, pensons-y un peu. Il ne faut pas capoter, d'abord. De plus, c'est un peu décevant à dire, mais si Voir avait eu l'idée de réunir des têtes aussi brillantes que Khadir, Barbe et Normand Baillargeon, peut-être auraient-ils accepté. Je dis vraiment ça comme ça. Les personnes qui ont été contactées pour contribuer au site, sans savoir dans quoi elles s'embarquaient complètement, ont certainement jugé qu'il serait intéressant que leur point de vue apparaisse sur un site comme celui du Huff Post. Il aurait tout aussi bien pu apparaître sur un espace créé par Voir ou un autre média (bon, peut-être pas Quebecor). Voir a raté une belle occasion de recruter de belles collaborations, malheureusement.
Le Huffington Post Québec est d'ailleurs destiné à devenir un média d'information (et d'opinion), entièrement sur le Web, en misant entre autres sur l'interaction avec les lecteurs. J'y vois beaucoup de bon. Le site aura des journalistes, payés, et offrira également une tribune en reprenant des textes de personnes influentes. Il y a un buzz autour de Huff Post, c'est clair, "de quoi stimuler le milieu médiatique québécois", selon la professeure en journalisme Colette Brin, de l'Université Laval.
Présentement, voyant la petite polémique que cela crée, certains réfléchissent à leur collaboration. Normand Baillargeon consulte ses contacts Facebook. La sexologue Jocelyne Robert ne change pas d'idée, par contre, jugeant que "tout ne se paie pas". "Dans mon esprit, c’est non seulement un droit mais un devoir de décliner mes idées et ma pensée là où je juge qu’elles sont le plus susceptibles d'atteindre un public large et diversifié." La formule du Huff Post attire bien des regards, et les rédacteurs approchés seraient bien fous de ne pas profiter de la tribune qu'on leur offre. Peut-être cela est-il discutable, au plan éthique, mais reste que plus de gens vont lire des opinions qui risquent d'être fort pertinentes.
Sérieusement, je ne vois pas trop de mal à consulter les opinions de Khadir, Drainville, Curzi et bien d'autres même si elles ne sont pas hébergées sur un site québécois. Si le contenu y est de qualité, je vais le lire, n'en déplaise à Simon Jodoin. Vraiment, je suis très curieux de connaître ce que va proposer le Huff Post, version Québec. Donnons la chance au coureur.
Quand il a appris que Françoise David et Amir Khadir, de Québec Solidaire, ainsi que l'écrivain Jean Barbe, entre autres, avaient accepté de contribuer au Huffington Post, Simon Jodoin n'en revenait tout simplement pas. Dans une missive publiée le vendredi 16 décembre, le directeur du développement des nouveaux médias pour le journal Voir s'insurge du fait que Khadir et compagnie effectuent du bénévolat pour America Online, propriétaire des sites Huffington Post. La formule du Huff Post, dont des volets canadiens et anglais ont vu le jour cette année, consiste à diffuser des textes de blogueurs sans que ceux-ci soient payés. Le site américain fait d'ailleurs face à une poursuite, des blogueurs réclamant d'être payés.
Jodoin ne comprend donc pas les blogueurs d'offrir du contenu pour Huffington Post Québec. estimant qu'ils sont "complètement tombés sur la tête". Il y voit un gros manque de cohérence avec les discours des rédacteurs, surtout Barbe, qui n'a pas caché partager l'idéologie du mouvement des "indignés" il y a quelques semaines à peine. Jodoin aurait préféré qu'ils réfléchissent un peu et s'abstiennent d'encourager un modèle qui s'apparente à de l'exploitation de créateurs. Pourtant, le site Voir.ca offre ce genre de tribune, aussi sans rémunération. En deuxième partie d'un autre billet sur le sujet, Simon Jodoin ironise à propos du modèle du Huffington Post.
MAJ : En fait, non, désolé, Voir paye ses blogueurs, à raison de 5 $ pour 1000 pages vues (voir article ici).
Mais quand même, pensons-y un peu. Il ne faut pas capoter, d'abord. De plus, c'est un peu décevant à dire, mais si Voir avait eu l'idée de réunir des têtes aussi brillantes que Khadir, Barbe et Normand Baillargeon, peut-être auraient-ils accepté. Je dis vraiment ça comme ça. Les personnes qui ont été contactées pour contribuer au site, sans savoir dans quoi elles s'embarquaient complètement, ont certainement jugé qu'il serait intéressant que leur point de vue apparaisse sur un site comme celui du Huff Post. Il aurait tout aussi bien pu apparaître sur un espace créé par Voir ou un autre média (bon, peut-être pas Quebecor). Voir a raté une belle occasion de recruter de belles collaborations, malheureusement.
Le Huffington Post Québec est d'ailleurs destiné à devenir un média d'information (et d'opinion), entièrement sur le Web, en misant entre autres sur l'interaction avec les lecteurs. J'y vois beaucoup de bon. Le site aura des journalistes, payés, et offrira également une tribune en reprenant des textes de personnes influentes. Il y a un buzz autour de Huff Post, c'est clair, "de quoi stimuler le milieu médiatique québécois", selon la professeure en journalisme Colette Brin, de l'Université Laval.
Présentement, voyant la petite polémique que cela crée, certains réfléchissent à leur collaboration. Normand Baillargeon consulte ses contacts Facebook. La sexologue Jocelyne Robert ne change pas d'idée, par contre, jugeant que "tout ne se paie pas". "Dans mon esprit, c’est non seulement un droit mais un devoir de décliner mes idées et ma pensée là où je juge qu’elles sont le plus susceptibles d'atteindre un public large et diversifié." La formule du Huff Post attire bien des regards, et les rédacteurs approchés seraient bien fous de ne pas profiter de la tribune qu'on leur offre. Peut-être cela est-il discutable, au plan éthique, mais reste que plus de gens vont lire des opinions qui risquent d'être fort pertinentes.
Sérieusement, je ne vois pas trop de mal à consulter les opinions de Khadir, Drainville, Curzi et bien d'autres même si elles ne sont pas hébergées sur un site québécois. Si le contenu y est de qualité, je vais le lire, n'en déplaise à Simon Jodoin. Vraiment, je suis très curieux de connaître ce que va proposer le Huff Post, version Québec. Donnons la chance au coureur.
6/21/2011
L'homme qui change les choses
C'est fou comment on peut avoir de la difficulté à mettre à jour cet espace. Je voulais dire ça en partant, alors voilà c'est fait. Maintenant, passons à autre chose.
J'ai suivi un peu les dernières péripéties de Pierre Lavoie. Ce dieu du sport et génie de l'exercice physique réussit vraiment à changer les choses, je pense. Son message passe plus que n'importe quel politicien, journaliste, grande gueule ou militant au Québec.
Sa cause est noble et son histoire personnelle s'avère complètement inspirante. J'ai vu, il y a quelques semaines, le documentaire sur son parcours, intitulé "À toute épreuve". Mes parents l'avaient acheté après avoir vu une conférence de Pierre lors d'un congrès ou je ne me souviens plus trop quel événement. Ils étaient revenus avec le DVD et mon père m'a parlé de Pierre comme d'un gars extraordinaire. Son nom commençait à être de plus en plus connu. Son histoire aussi. C'était il y a quelques années. Depuis, on peut déclarer que Lavoie en a fait du chemin. Seulement au Saguenay il y a quelques années, sa motivation et son énergie ont conquis tout le Québec.
Ce gars-là est tenace comme pas un. Deux de ses enfants sont morts de l'acidose lactique, une maladie héréditaire rare. Ce fut Laurie d'abord, en 1997, puis Raphaël, en 2000. Des épreuves qui ne l'ont pas empêché de se redresser et de réaliser de grandes choses. Le site Internet du Grand défi parle du Défi comme de l'événement santé le plus important de la province. C'est vrai.
Vous en connaissez beaucoup de personnes, vous, qui réussissent à mobiliser tant de personnes? Beaucoup de gens veulent changer les choses. Beaucoup de gens le font. Mais Pierre Lavoie est dans une classe à part, je pense. D'abord athlète phénoménal, c'est un communicateur hors pair et un ambassadeur pour le Québec. Il a une leçon de vie à transmettre et il la véhicule habilement. Porteur d'un message, il cherche toujours à se dépasser et encourage les autres autour de lui à sortir de leur zone de confort. Il ne s'implique pas, il s'investit. Et il croit que c'est ce que tout le monde devrait faire, sans toutefois vouloir donner de leçon à quiconque. Très humble, ce grand humaniste souhaite que tous et toutes deviennent de meilleures personnes, plus en forme et en meilleure santé.
Tout récemment, une étude de l'Institut canadien sur la santé indiquait qu'un adulte sur quatre au Canada est obèse. Woah. Heille, c'est pas rien. Je ne veux pas être platte, mais il suffit de sortir et de regarder autour de nous pour le constater : on est gros. D'abord on mange trop. Mais surtout, on ne bouge pas. Je n'ose même pas imaginer combien ce surpoids et cette inactivité physique nous coûte, en tant que société. C'est un des combats de Pierre Lavoie, qui, ne s'arrêtant pas là, souhaite maintenant s'attaquer à l'éducation des jeunes avec le concours "Aiguise ta matière grise". Non mais quel homme!
Maintenant, supposons un instant que Lavoie se fasse offrir un poste en politique, afin qu'il devienne un jour ministre de l'Éducation, des Loisirs et du Sport, mettons. Est-ce qu'il ferait autant bouger les choses dans cette machine qui prend tant de temps à régler des problèmes? Je ne crois pas. Il est bien là où il est. Il réalise de beaux projets et parvient à changer cette culture du confort et de l'inactivité. Ses gestes ont beaucoup de conséquences.
À présent, il ne me reste plus qu'à bouger et à passer le mot. "Influencer les autres", a dit Pierre à son arrivée à Montréal, dimanche.
En passant, bravo Pierre Lavoie! On te l'a sûrement dit des milliers de fois, mais tu es un modèle.
J'ai suivi un peu les dernières péripéties de Pierre Lavoie. Ce dieu du sport et génie de l'exercice physique réussit vraiment à changer les choses, je pense. Son message passe plus que n'importe quel politicien, journaliste, grande gueule ou militant au Québec.
Sa cause est noble et son histoire personnelle s'avère complètement inspirante. J'ai vu, il y a quelques semaines, le documentaire sur son parcours, intitulé "À toute épreuve". Mes parents l'avaient acheté après avoir vu une conférence de Pierre lors d'un congrès ou je ne me souviens plus trop quel événement. Ils étaient revenus avec le DVD et mon père m'a parlé de Pierre comme d'un gars extraordinaire. Son nom commençait à être de plus en plus connu. Son histoire aussi. C'était il y a quelques années. Depuis, on peut déclarer que Lavoie en a fait du chemin. Seulement au Saguenay il y a quelques années, sa motivation et son énergie ont conquis tout le Québec.
Ce gars-là est tenace comme pas un. Deux de ses enfants sont morts de l'acidose lactique, une maladie héréditaire rare. Ce fut Laurie d'abord, en 1997, puis Raphaël, en 2000. Des épreuves qui ne l'ont pas empêché de se redresser et de réaliser de grandes choses. Le site Internet du Grand défi parle du Défi comme de l'événement santé le plus important de la province. C'est vrai.
Vous en connaissez beaucoup de personnes, vous, qui réussissent à mobiliser tant de personnes? Beaucoup de gens veulent changer les choses. Beaucoup de gens le font. Mais Pierre Lavoie est dans une classe à part, je pense. D'abord athlète phénoménal, c'est un communicateur hors pair et un ambassadeur pour le Québec. Il a une leçon de vie à transmettre et il la véhicule habilement. Porteur d'un message, il cherche toujours à se dépasser et encourage les autres autour de lui à sortir de leur zone de confort. Il ne s'implique pas, il s'investit. Et il croit que c'est ce que tout le monde devrait faire, sans toutefois vouloir donner de leçon à quiconque. Très humble, ce grand humaniste souhaite que tous et toutes deviennent de meilleures personnes, plus en forme et en meilleure santé.
Tout récemment, une étude de l'Institut canadien sur la santé indiquait qu'un adulte sur quatre au Canada est obèse. Woah. Heille, c'est pas rien. Je ne veux pas être platte, mais il suffit de sortir et de regarder autour de nous pour le constater : on est gros. D'abord on mange trop. Mais surtout, on ne bouge pas. Je n'ose même pas imaginer combien ce surpoids et cette inactivité physique nous coûte, en tant que société. C'est un des combats de Pierre Lavoie, qui, ne s'arrêtant pas là, souhaite maintenant s'attaquer à l'éducation des jeunes avec le concours "Aiguise ta matière grise". Non mais quel homme!
Maintenant, supposons un instant que Lavoie se fasse offrir un poste en politique, afin qu'il devienne un jour ministre de l'Éducation, des Loisirs et du Sport, mettons. Est-ce qu'il ferait autant bouger les choses dans cette machine qui prend tant de temps à régler des problèmes? Je ne crois pas. Il est bien là où il est. Il réalise de beaux projets et parvient à changer cette culture du confort et de l'inactivité. Ses gestes ont beaucoup de conséquences.
À présent, il ne me reste plus qu'à bouger et à passer le mot. "Influencer les autres", a dit Pierre à son arrivée à Montréal, dimanche.
En passant, bravo Pierre Lavoie! On te l'a sûrement dit des milliers de fois, mais tu es un modèle.
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