8/17/2012

Des invitations logiques

Le débat des chefs, si on exclut les face-à-face de TVA qui a décidé de faire bande à part, aura lieu dimanche. Jusqu'à maintenant, ils seront quatre à discuter, je l'espère, de leur vision du Québec. J'aime mieux qu'ils jasent de l'avenir du Québec au lieu de s'attaquer sur des anecdotes (le poids de Barrette, entre autres), même si je pense bien que ça va arriver. "Non mais, M. Charest, allez-vous condamner les propos désobligeants de Jean Tremblay à l'endroit de ma candidate Taj Mahal Benson & Hedges Djemila Benhabib?", pourrait demander Marois...

Assez. Oublions cet épisode certes malheureux et attardons nous aux choses sérieuses. Parlant de chose sérieuse, je n'arrive encore pas à comprendre pour quelle raison on a décidé de mettre de côté Jean-Martin Aussant, d'Option Nationale.

Je sais, c'est une question de politique éditoriale des diffuseurs. L'idée de l'inviter a été débattue à l'interne, selon ce qu'on peut comprendre dans ce pertinent texte du magazine du Conseil de presse du Québec. "Nous sommes très conscients de notre responsabilité. Cela dit, le débat des chefs, c’est une émission d’affaires publiques dont l’objectif est d’informer les téléspectateurs. Il faut aussi garder à l’esprit que le débat des chefs est un des éléments de notre couverture de la campagne électorale et que, dans l’ensemble de notre couverture des 35 jours de campagne, tous les partis reçoivent notre attention", plaide Michel Cormier, directeur de l'info à Radio-Can.

Mais justement, si ce sont les objectifs des diffuseurs, il me semble que d'inviter ON au débat va de soi. Mais le meilleur est la suite, la critique que fait Marc-François Bernier, loin d'être un deux de pique dans le monde de l'éhtique des médias. "Ce genre de décision me semble davantage motivée par la performance des cotes d’écoute que par la volonté d’informer tous les publics." Voilà, c'est dit.

Un chef de parti ne peut pas imposer sa présence, affirment les diffuseurs, dans cet article du Devoir. Mais n'empêche que c'est injuste et tout à fait arbitraire. À ce que je sache, rien n'empêche ces chers diffuseurs de changer d'avis. Sur Facebook, Radio-Canada a demandé mardi si ON devrait être présent pendant les débats des chefs. La question a suscité plus de 1 600 commentaires, en très grande majorité sinon tous favorables à la venue de M. Aussant sur les plateaux de télé.

Petite parenthèse ici : quelques jours à peine après le début de la campagne, le magazine L'Actualité a décidé de créer la Maison des candidats. Au départ, quand la patente a été lancée, il n'y avait pas de blogue pour ON. La publication s'est rapidement expliquée en commentaire : "Deux raisons ont motivé notre choix d’offrir des blogues à quatre candidats. Tout d’abord, il va de soi qu’une telle opération demande déjà beaucoup de ressources techniques et humaines. Nous ne pouvions offrir des blogues aux 20 partis autorisés et devions procéder à une sélection. Ensuite, l’objectif de notre «maison des candidats» est de permettre aux internautes d’avoir accès aux coulisses de la campagne, mais surtout d’en apprendre davantage sur les positions des partis qui risquent de former le prochain gouvernement. Nous avons donc fait notre sélection sur la base des intentions de vote des électeurs et avons retenu les partis qui démarraient la campagne avec plus de 5% des appuis. Évidemment, si un cinquième parti gagnait suffisamment de terrain pour se hisser plus haut dans les intentions de vote, nous pourrions envisager lui créer un blogue."

Plusieurs internautes ont critiqué la décision du magazine, dont moi. J'acceptais difficilement l'argument sur les ressources. "De plus, on sait pas mal tous que QS ne risque pas de former le prochain gouvernement. Alors votre deuxième argument, je ne le comprends pas. Surtout que, à moins que je me trompe, les contenus seront rédigés par les candidats... La diversité des voix, j'y crois beaucoup", ai-je ajouté. Quelques jours plus tard, je voyais que la charmante Catherine Dorion avait son blogue. Pourtant, selon les derniers sondages, ON obtient 3 % seulement. Les gens de L'Actualité ont réalisé qu'ils n'ont pas bien évalué leur approche et ont ajouté un blogue pour ON. Bravo!

Donc, chers diffuseurs, je pense que c'est assez clair, vous trouvez pas? La pression populaire devrait vous faire changer d'avis. Bien des gens, et spécifiquement des jeunes, veulent les représentants de QS et ON. Vous avez vraiment avantage à faire venir Aussant et Khadir ou David sur vos plateaux, comme les autres candidats, même si Legault, rappelons-le, n'est même pas élu... Un peu de respect pour la démocratie. Cette démocratie que les journalistes, bien souvent, se targuent de défendre en se qualifiant de chiens de garde. 

Eh bien au tour des citoyens de grogner et de réclamer des décisions plus justes et équitables de votre part.

Aux dernières nouvelles, Aussant avait demandé une injonction et était en attente de la décision de Jean-François Émond, de la Cour supérieure. J'espère ardemment que, comme n'importe quelle fille qui se ferait demander en mariage par Ryan Gosling, il dira oui.

Pour signer une pétition réclamant la présence non seulement de JM Aussant mais aussi d'Amir Khadir, cochef de Québec solidaire, aux débats qui s'en viennent, c'est ici. À noter que Françoise David, l'autre cochef de QS, participe au débat de dimanche.

Je termine en glissant un mot à propos d'une discussion que j'ai eue avec Émilie Guimond-Bélanger, candidate de Québec solidaire dans Jean-Talon, après un débat de candidats à Québec. Elle a dit que souvent, elle recevait des appels de journalistes qui lui demandaient ses commentaires sur tel événement qui faisait l'actualité. Après leur avoir répondu qu'elle voulait davantage parler de questions de fond et du contenu de la plateforme de son parti, elle se faisait dire par les journalistes que, malheureusement, ils n'allaient pas prendre ce qu'elle leur offrait comme propos.

Puis après, on vient déplorer que les couteaux volent bas et que les manchettes traitent de sujets superficiels. Et qu'en plus QS et ON n'ont pas de visibilité. Je crois, surtout ici, que c'est en partie à cause des médias qui s'attardent trop à des pacotilles. Ils ont une responsabilité énorme mais réalisent rarement leur véritable mission d'informer le public.

"Nous avons l’impression que seuls les coups d’éclat peuvent être couverts", affirme d'ailleurs JM Aussant dans cette entrevue, qualifiant la couverture médiatique de son parti de "difficile".

Disons le franchement : les médias doivent se regarder le nombril un peu et se demander : "bon, c'est quoi notre objectif?". S'ils prétendent alimenter le débat et permettre aux citoyens/électeurs de se faire une tête à propos de la prochaine élection en abordant les véritables enjeux, moi je réponds : iissh, pas sûr.

Enfin, j'ai même vu des annonces de manifs devant Radio-Can. C'est dire à quel point les gens veulent des débats diversifiés et qui font entendre ceux et celle qui le méritent.

MAJ vendredi midi : Finalement, Aussant ne pourra participer aux débats des chefs, a tranché la Cour Supérieure, vendredi. Il est très déçu. Moi aussi.

8/07/2012

Des pancartes, encore en 2012?

Elles sont faites en coroplast et pullulent pendant les jours de campagne. Je ne les aime pas. Elles ne servent à rien, on dirait. Je parle bien évidemment des pancartes électorales.

Ça fait déjà quelques années que je me le dis dans ma petite tête. Mais là, cette année, à l'ère des médias sociaux et avec toute l'effervescence entourant le prochain scrutin (à moins que je me trompe là-dessus), on dirait que je trouve ça encore plus ridicule.

Je ne comprends pas trop pour quelles raisons les militants et les élus accordent du temps à faire faire des pancartes et à les installer sur des poteaux un peu partout. Heille, j'ai vu des gens consacrer leur samedi soir à en poser!

Vous avez vu ce petit vidéo du gars frustré et qui n'arrête pas de dire "Guy Leclair"?



Il y a de l'abus, clairement. Tout ça coûte des sous. De l'argent qui, il me semble, pourrait aller ailleurs. Comme à la promotion du contenu plutôt que des visages et des slogans.

J'ai fait le commentaire sur Twitter. Laid, polluant et pas très utile, que je disais. Un membre du PQ m'a répondu qu'elles sont recyclées, en majeure partie. C'est vrai. Je voulais d'ailleurs écrire un article là-dessus l'an passé pour le journal pour lequel je travaillais. Des écoles s'en servent pour le bricolage et les chasseurs, pour s'isoler du froid, parait-il. Finalement, il n'a jamais été publié. Bref... Le monsieur du PQ a ajouté qu'il en avait discuté à l'interne, mais qu'il paraît que ça vise une tranche de la population et que c'est efficace. Les plus vieux, sûrement.

Parce qu'on s'entend, c'est rarement beau tout ça. À part peut-être celles de Québec Solidaire, à mon avis les plus réussies esthétiquement parlant. En tout cas, moi, les pancartes, ça me rejoint pas ben ben.

N'empêche, les affiches exigent des ressources, tant humaines que matérielles. La pollution visuelle, ça existe. Pire, les pancartes engendrent du vandalisme, comme on peut le constater dans cet article du média hyperlocal ruemasson.com. Et là tout le monde accuse tout le monde de ne pas respecter le matériel de l'autre. Bla, bla, bla...

Et on évacue la profondeur dans les contenus, encore une fois. L'essentiel, le débat d'idées, est écarté.

Sans oublier que si les personnes ne connaissent pas leurs candidats, ni les chefs de partis, ni les partis eux-mêmes, j'imagine que c'est parce que les élections, aussi excitantes et importantes soient-elles, ne les intéressent pas trop trop. C'est dommage, oui, mais on ne peut pas les forcer. Alors ces personnes n'iront pas voter, probablement. C'est plate, mais c'est ça.

"Qui sont les candidats chez nous?" C'est pas l'affaire la plus compliquée à demander à des amis ou des voisins. Il y a Internet, aussi, en passant. Aujourd'hui, pas d'excuse pour dire "ben, je savais pas qui était qui...". Déjà que les candidats de la CAQ vont avoir "équipe François Legault" d'écrit à côté, si je me trompe pas. Tsé, pour être sûr que les gens comprennent bien qu'Option Nationale, ben c'est pas Legault. Pis que si tu veux voter pour le petit monsieur aux cheveux slick qui souhaite du changement, pis qui a réussi à recruter dans son équipe l'enquêteur qui parle tout le temps de corruption, il s'appelle Legault, pas Aussant. Non mais des erreurs d'inattention, ça arrive, tsé...

Pourtant, c'est pas si mêlant que ça, je trouve. Remarquez, j'en demande peut-être trop aux électeurs. Je sais pas.

Juste de même, commentaire comme ça : si le nombre de pancartes influence la décision d'un électeur, je trouve ça sincèrement pas mal bizarre. Et plutôt superficiel.

Donc, je pense qu'on peut sérieusement se le demander : pourquoi des pancartes électorales en 2012? Je serais prêt à les interdire aux prochaines élections. Ou à en limiter grandement le nombre. Genre tous les candidats dans les mêmes coins et pas plus. Comme ça, tout le monde a la même visibilité.

On est rendus là, je pense. Faut évoluer, des fois.

8/02/2012

Faut pas s'en foutre

Ce que j'attendais depuis pas mal de semaines a enfin été déclenché ce mercredi. Les Québécois iront aux urnes le 4 septembre prochain. La journée de ma fête ou un peu avant, je devrais donc savoir qui sera le premier ministre pour quelques temps au Québec.

J'avais hâte à ce début de campagne. D'abord, une campagne, disons-le, c'est bien souvent, sinon tout le temps, excitant. Et si je me fie aux quelques lectures que j'ai faites ces derniers jours, ça va être diablement intéressant. Tout est possible et rien n'est acquis. Alors on aura peut-être droit à des surprises. Je ne m'attends pas à entendre Patrice Roy annoncer la défaite de Jean Charest dans Sherbrooke comme l'a déjà fait un certain M. Derome. Mais ça se peut qu'il se produise des "choses", des revirements de situations.

Comment vont s'en sortir les candidats vedettes? Parce qu'on dirait qu'il y en a en mautadine, des vedettes, depuis quelques jours. Les annonces arrêtent pas. Lisée a confirmé lundi soir qu'il allait être candidat dans Rosement. Et y a même pas un ancien candidat de Star Académie dans la gang...

Les Pierre Duchesne, Gaétan Barrette et Robert Poëti, qui jouissent d'une certaine renommée, vont-ils mordre la poussière? Même la victoire de Khadir, même s'il affronte un candidat qu'on dirait parachuté, ne semble pas trop assurée.

Je suis donc excité. On déplore souvent qu'on ne discute pas assez des questions de fond pendant la chasse aux votes. Des candidats se lancent des pointes mesquines, les chefs se répondent avec autant de respect que des ennemis jurés. Bref, le débat demeure superficiel, dit-on.

Disons la chose simplement : c'est complexe, la politique. La preuve : la Boussole électorale, "outil d'éducation développé par des universitaires", où on peut se situer dans le paysage politique québécoise. J'ai répondu aux questions. Très bien fait, le site permet un peu plus de comprendre les idées et politiques promues par les différents partis. Et après, on peut procéder à une analyse des résultats. Il y a une Foire aux questions, des explications, pas toujours limpides comme de l'eau embouteillée ou du robinet. Faut dire que ma culture politique n'est pas des plus élevées. Mais déjà, je suis un peu boulimique d'info, alors c'est mieux que rien.

J'ai téléchargé, juste par curiosité, le pdf décrivant l'algorithme de la boussole de Radio-Canada. Euh... j'ai beau avoir étudié quelques années en maths, je comprends pas grand chose.

Tout ça pour dire, malgré tout, que pour en savoir plus, il faut s'informer. C'est bête de même. Télé, radio, Internet et médias sociaux : les moyens ne manquent pas pour être au courant de ce qui se passe au Québec. Il n'est pas nécessairement primordial de tout savoir, mais tsé, juste de connaître un peu qui est qui, qui propose quoi, ce qu'ils prônent, ce qu'ils rejettent, ce qu'ils désirent, ce qu'ils dénoncent, ce dont ils rêvent... Et je crois profondément que pour voter, il faut tout de même avoir une idée des enjeux et des positions de ceux et celles qui nous représenteront à l'Assemblée nationale et auront un mot à dire sur des politiques qui, dans une certaine mesure, auront un impact sur notre société.

C'est pas une petite question du genre "Avez-vous bien dormi cette nuit?", là! Des enjeux importants sont déterminés par les élections. Juste de se dire ça, tout le monde devrait se pitcher dans les isoloirs. "Pousse-toi mononc', tassez-vous madame, je veux voter! Où est le petit crayon, man?"

Et pourtant... non.

Personnellement, je me promets de consacrer quelques minutes à la lecture des différentes plateformes des cinq partis suggérés dans la boussole. Juste pour confirmer un peu mes idées. Je connais un peu les programmes, mais j'y ai pensé tantôt en terminant de répondre aux questions de la boussole : je n'en sais pas assez.

Alors, à vos antennes, parce que l'info est quand même facile d'accès. Et j'espère voir un taux de participation supérieur à 70 %. Je n'en demande pas trop, je pense. On vit actuellement un épisode important au Québec, je crois, une période intense. Et il serait aberrant de ne pas s'en soucier.

Oui, il y a les insultes, les attaques vicieuses, les coups bas... Mais il y a autre chose.

Pis si tu t'en fous complètement, que la politique te dit absolument rien et que tu ne te sens pas du tout concerné... ben je trouve ça bien dommage...

Pis je te parle plus, tiens.


7/26/2012

Coucou, cocotte!

C'était lundi. Ma mère voulait me passer le téléphone. Elle venait de parler à son fils aîné, mon frère, tout nouveau papa. Il appelait de l'hôpital.

J'ai pris le combiné dans ma main et l'ai posé à mon oreille. Je n'ai pas eu le temps de dire allô. Mon frère n'a donc pas pu me répondre par le même mot. Tout ce que j'ai entendu, ce sont des pleurs. Et c'était assez pour me faire réaliser que c'était vrai.

Je suis oncle depuis lundi passé, en effet.

Ces premiers sons que j'ai entendus m'ont ému tout à coup. "Étienne, entends-tu ta nièce?". Oui, oui, je l'entends. Et j'adore ça. Okay, c'était juste trop; je me suis mis à pleurer.

Parce que quand on a su la nouvelle que ma belle-soeur était enceinte, l'automne dernier, j'ai bien évidemment démontré des signes de joie, j'ai donné des petits becs et des caresses et tout, mais pour je ne sais quelle raison, je n'étais pas super emballé. C'est comme si je pensais que ça n'arrivait pas à moi. En fait, c'est un peu vrai : je suis loin d'avoir porté le bébé ou d'avoir vu, quotidiennement, un ventre de plus en plus gros à côté de moi en me couchant.

Mais on dirait qu'avec les pleurs et les premiers sons de ce poupon qui recevra énormément d'amour, là, la réalité me rattrapait. C'était vrai. Elle existait. J'allais pouvoir la toucher bientôt et voir cette petite source qui a généré, j'en suis certain, une extrême joie dans plusieurs coeurs, à commencer par ceux des parents. Même si des kilomètres nous séparaient, je pouvais percevoir que mon frère venait de vivre quelque chose d'extraordinaire. Il y avait une excitation dans sa voix.

Il m'a dit qu'il ne pensait jamais vivre ça de sa vie. La formule est peut-être bizarre. Peut-être a-t-il voulu dire qu'il ne croyait pas vivre une une émotion aussi intense. Sûrement quelque chose comme ça. Heille, on s'en sacre de toute façon : Marilou est née! Yahoo!

Je n'ai pas encore vu la petite. J'ai hâte de lui faire un beau "Coucou, cocotte!" ou quelque chose dans le genre. Ou "bienvenue, beau bébé". Je ne veux pas devenir trop gaga, par contre. Alors on va se limiter à ces deux presque banales allitérations.

Je suis surtout content que la mère, le père et l'enfant aillent bien. C'est clair que c'est ça le plus important. La santé. On s'en souhaite à tous les ans, ça doit être bon pour nous, peu importe le nombre de jours d'existence. Même si c'est un seul.

Je ne mérite pas vraiment de félicitations. Je n'ai rien accompli, en réalité. Mon frère et sa blonde ont fait tout le travail. Je ne pense pas me tromper en disant que ce lundi 23 juillet 2012 a été le plus beau jour de leur vie.

Bravo à vous deux!

Je vous aime. Tous les trois.


Désolé pour la longue pause. Le dernier billet remonte à la mi-juin. J'essaierai d'être plus régulier prochainement.

6/15/2012

Dans l'urne

Récemment, j'apprenais qu'un ex-collègue d'étude se lançait en politique. En effet, il est candidat pour Option nationale, le jeune parti souverainiste de Jean-Martin Aussant, dans la région de Montréal. Sérieusement, je lui souhaite la meilleure des chances, même s'il affrontera une ministre aux prochaines élections.

"Ça sera vraiment une bataille difficile (je me bats contre Marguerite Blais), mais bon, l'important c'est de combattre... et de ne pas s'enfoncer encore et encore dans le cynisme", a écrit Luc Lefebvre sur sa page Facebook, peu de temps après avoir annoncé officiellement sa candidature.

C'est important d'avoir des idéaux dans la vie. Et j'admire les personnes qui osent. Bravo Luc! On a beau chiâler tant qu'on veut sur les décisions que prennent le gouvernement, si on reste là à ne rien faire, ça ne mène à rien, justement.

Le cynisme, en politique, est encore de bon ton aujourd'hui. Et on dirait qu'il l'est depuis longtemps. Trop longtemps, je trouve. "Oui mais c'est toute la même affaire", diront certains. Euh, non.

C'est évident qu'avec tout ce qu'on voit aux nouvelles, à la télé, sur Internet, ça peut sembler très répandu. On a l'impression que les politiciens sont tous des menteurs, des corrompus, des gens malhonnêtes. Avec le témoignage de Jacques Duchesneau à la Commission Charbonneau, difficile de croire le contraire. On peut alors se demander s'il y a autre chose que des magouilleurs dans le domaine de la construction, un milieu, on le devine, assez près de la politique. Pourtant, et c'est important de le mentionner, il y a des politiciens dévoués, sincères et intègres. Dans tous les partis.

Le gouvernement Charest a fait adopter la loi 78 le mois dernier. Aux yeux de plusieurs (j'en suis), on a dépassé les limites. J'ai d'ailleurs assez hâte de voir comment ça va se passer au mois d'août, alors qu'on en sera au retour en classe pour ceux et celles dont la session a été suspendue. Ce ne sera sûrement pas très beau. Désolé d'être aussi pessimiste, mais j'appréhende ce moment.

C'est désolant, mais étant donné que les députés libéraux sont majoritaires, ce ne fut pas bien difficile d'adopter la loi. Les heures de déclarations et de discours à l'Assemblée nationale, avant l'adoption, n'ont pas servi à grand chose, sinon de faire entendre les députés opposés à ce projet de loi. Je pense entre autres à Véronique Hivon, député de Joliette, dont l'intervention était remarquable. C'est sur YouTube, ici, pour ceux qui ne l'ont pas vue.

Tout ce marasme, cette situation qui pourrait sembler sans issue, peut changer. Aux prochaines élections, entre autres. Dehors, Charest? Bien. Mais puisqu'il ne semble pas prêt de démissionner, vous savez quoi faire, chers concitoyens : il faut voter.

Les élections partielles dans Argenteuil et Lafontaine ont révélé des taux de participation encore trop bas. C'est particulièrement inquiétant dans le comté de l'ex-ministre Tony Tomassi. 25 %, fuck, c'est à se demander si les électeurs étaient au courant qu'une partielle avait lieu chez eux!

La population peut se faire entendre. Dans la rue, oui, sans problème. Mais aussi dans l'urne, sur un bulletin de vote. Ne l'oublions pas.


6/11/2012

Pétage de gueule

Je faisais partie de la programmation des Jeudis de l'humour, à la Ninkasi, jeudi soir. Les Gitans de l'humour, responsable de la programmation, m'offraient donc ma première expérience de scène pour présenter devant public un petit numéro comique de mon cru.

- Pis, pis, comment ça s'est passé?

Avant de vous répondre, une observation comme ça, d'entrée de jeu : faire rire, c'est pas évident. Pis c'est encore moins facile quand :
  • à quelques secondes de ta prestation, dans ta tête, ton texte est en morceaux et très confus
  • tu stresses sans bon sens
  • t'es incertain à propos de tout ce qui va se passer pendant le temps que tu vas être sur les planches
  • juste avant de monter sur scène, tu te demandes ce que t'as fait et dans quoi tu t'es embarqué
Bon, disons le franchement, je me suis un peu pété la gueule. Certains gags ont marché, mais l'ensemble, non.

J'avais reçu le mot de Cambronne par mon père et ma soeur ainsi qu'un bonne chance de ma mère. Un ami prévoyait que j'allais faire un tabac. Mon chandail Baltrakon sur le dos, j'avais même pris la peine de me parfumer légèrement et de choisir une pas pire toune (The New Dawn, de Franck Deweare) pour mon entrée sur scène. Mais tout ça n'a pas suffi.

Les premières secondes se sont bien déroulées, je pense, j'espère. Mais après, ça s'est gâté pas mal. Je me suis trompé dans mon texte juste après l'intro et j'ai figé. Bang! Black out, blanc, je ne sais pas trop c'était quoi... mais c'était pas trop agréable. Et la résultat n'a pas du tout fait mouche.

Auparavant, j'avais fait de la visualisation. Mais dans mes visions, je me trompais et ça tombait à plat. Soyons honnête : j'étais pas prêt et pas assez bien préparé. Le seul petit problème, c'est que je l'ai compris après mon numéro et non avant.

Pour décompresser, avant mon numéro, j'aurais pu penser au fait que j'étais quand même pas mal à l'aise devant le jury quand j'ai fait mon numéro en audition pour l'École, en avril. Sérieusement, pour ceux qui ont vu la mini-catastrophe de jeudi, c'était solidement plus solide (la répétition est volontaire). Je prévoyais en effet faire la même chose jeudi soir, avec quelques modifications, dont une nouvelle intro. J'avais aussi ajouté quelques gags au cours des derniers jours... et heures. En y repensant, je constate que j'aurais dû m'attarder à maîtriser mon matériel au lieu d'en rajouter et de ne pas trop savoir où je m'en allais. C'est sensiblement ce qui est arrivé.

Et je le sentais dans la salle. Je crois même que le public, franchement sympathique et plutôt réceptif, a eu un peu de peine pour moi. Moi, voir quelqu'un sur scène qui, visiblement, ne parvient pas à faire son numéro comme il le voudrait, je serais déçu. Déçu tant pour moi, qui ne rirais pas tant que je l'aurais pensé, mais aussi pour la personne qui bûcher sur scène.

Sans oublier que j'ai fait une autre erreur, outre mon absence de maîtrise de contenu. Quelques heures avant le show, je m'étais préparé un petit papier aide-mémoire, avec des mots écrits dessus pour me repérer dans mon contenu. À ne pas faire! En tout cas, dans mon cas, ça a envenimé les choses. J'étais encore moins à l'aise sur scène. La première fois que j'ai sorti ma note de ma poche de pantalon, je savais que j'avais perdu mes moyens. Tout venait de s'écrouler.

Je suis déçu, il va sans dire. Je me rassure un tant soit peu en me disant que ça aurait pu être pire. J'aurais pu quitter le stage sans avertir. Ou pleurer et demander ma maman en hurlant... J'aurais pu figer pendant plusieurs secondes, la bouche ouverte et les yeux ronds. Je l'ai fait, j'ai figé, le temps de m'apercevoir que ça pouvait juste pas finir de même. Mais fallait que je me sorte de là. Comment? Je m'en suis sorti avec une blague complètement improvisée. Et bien c'était la meilleure de mon numéro, si on se fie aux réactions! Merci, Vicky Robitaille, d'avoir eu un terrible blanc pendant une présentation orale à l'école primaire. Tu m'as inspiré un gag rapido et, par conséquent, sauvé un peu.

Ma meilleure joke, hey, ça donne une idée du reste... Non, sans blague, je persiste à croire que mon numéro, livré avec plus d'aplomb, une meilleure préparation et plus de fluidité, n'était pas si mauvais. Je me dis aussi que j'ai pas vraiment adapté mes gags au public. Je m'étais concentré à créer un numéro avec un certain fil conducteur. Ça m'a nui. Pas mal, même, je trouve. Parce qu'aussitôt que je me suis enfargé en début de parcours, je ne suis pas parvenu à revenir dans mon numéro et à poursuivre de façon naturelle et décontractée.

Ah, maudit papier! Je dois l'avoir sorti dix fois de ma poche et ça m'a pas servi pantoute... c'était pire! Peut-être certaine personnes ont pensé que c'était un gag, qui est devenu un running gag. Mais là, après, c'était pas drôle. Pas du tout, même. Tout ça a fait que j'avais plus aucune confiance en moi. J'ai lancé des blagues comme ça, celles dont je me souvenais. Mais elles manquaient royalement de contexte et je n'ai pas pu bien les rendre. Dommage.

Mais bon, trop tard. En fait, non, pas tant que ça. J'ai quand même beaucoup appris avec cette première expérience. Je remercie l'animateur, Franck Dupuis, Claude Villeneuve (qui en était aussi à sa première fois. Bon numéro, mec!) et Sébastien Louis-XVI, magicien-humoriste et rassureur de gars légèrement parfumé qui a manqué son numéro. À la fin du show, Franck a invité les artistes à remonter sur scène pour des applaudissements. J'en ai eus (vraiment sympathique, la foule, je le rappelle), surtout, je crois, pour me signifier de ne pas lâcher. J'ai félicité les autres entertainers et ils m'ont dit de ne pas trop m'en faire.

C'est vrai, c'est pas trop grave. Il n'y avait pas d'enjeu sérieux et encore moins de vie en danger. Déjà, j'ai eu l'audace de tenter quelque chose. Des amis me l'ont signalé, je les remercie. Et surtout, je ne baisse pas les bras. J'ai écrit à la gang des Gitans pour leur dire que j'étais désolé pour ce pétage de gueule. "Pas de trouble le vieux. Tu reviendras la saison prochaine." Sont quand même cools.

Je suis tombé, peut-être, mais en tombant, j'ai véritablement brisé la glace.

C'est vrai que j'ai jamais été très fort sur une patinoire en patins. ;)

5/31/2012

Pas dans la poubelle

Je blogue rarement environnement, ou si peu. Pourtant, je crois que c'est un sujet super important. Aussi important, sinon plus, que les droits de scolarité, qui font encore les manchettes depuis quoi, trois mois et demi maintenant.

Oui, il y a les plus gros dossiers, qui sont parfois révoltants, mais pour lesquels on ne peut pas grand chose. Comme ici, par exemple, où l'on parle parle de l'abolition de la Région des lacs expérimentaux.

Mais il existe encore des causes pour lesquelles on peut faire quelque chose. Où l'individu peut jouer un rôle clé, essentiel même.

Hier, j'ai croisé un père et ses deux filles. Il faisait un peu chaud et le gars avait eu la brillante idée de traîner une bouteille d'eau réutilisable, question de désaltérer toute la famille. Ils ont trouvé une canette de Red Bull juste en dessous du banc sur lequel ils étaient assis. Je suis passé à côté d'eux et j'ai pensé "Oh mon Dieu, une canette! Cinq cennes! Mais surtout, c'est facilement récupérable. Quel con a foutu ça là!".

J'ai poursuivi ma route en plein parking, à côté du centre d'achats. Quelques secondes plus tard, j'entends des bruits de pas derrière moi. Je me retourne et aperçois une des deux petites en train de mettre la canette d'aluminium dans une poubelle.

Bravo, petite puce! Non mais, elle aurait très bien pu juste ne pas la ramasser, tsé. Son père lui a peut-être suggérer de la ramasser, d'ailleurs. Bref, l'important, c'est que la canette soit dans la poubelle. Mais, en fait, non, pas vraiment. Je veux dire, ce qui aurait été encore mieux, c'est que la petite famille sacre le Reb Bull vide dans un bac de récupération ou une machine qui gobe des canettes et donne de l'argent en retour. Ça existe encore, et ça marche toujours.

L'info est divulguée de temps en temps, mais il vaut la peine de la rappeler. On perd des millions de dollars par année en ne profitant pas des consignes. On parlait de 21 M $ l'an dernier (voir ici). Surtout que l'alu, c'est recyclable à 100 % et à l'infini. Quand même, c'est pas rien. Et c'est vraiment pas compliqué, il me semble. Dans un contexte d'épuisement des ressources naturelles, je crois que ces infos méritent amplement réflexion.

Quelqu'un me disait récemment qu'elle avait été témoin d'une scène surprenante. Un gars avait laissé tomber sa cannette (de bière, on suppose) dans la rue. Un témoin l'avait apostrophé pour lui dire que c'était pas correct. Il a reçu un véritable char de marde, avec tout ce que ça peut comporter d'injures et de sacres. Décidément, il y a encore du chemin à faire.

C'est pas une joke : en recyclant l'aluminium, on change le monde. Pour moi, sérieux, c'est un sacrilège que de voir une cannette pas récupérée. J'ai un peu de difficulté avec le fait qu'en 2012, Même sur les trottoirs et le bord des rues, il y en a. Je les ramasse. Bon, pas tout le temps, c'est vrai, mais de temps en temps. Ça m'arrive d'en ramasser sur le bord du trottoir, de l'autoroute même. C'est pas hyper invitant quand elles sont écrasées et sales, mais quand elles ne sont pas trop endommagées et pas trop crasses, je les prends.

Je n'ai pas ramassé celle tout près du père et de ses enfants. Par orgueil (c'est encore mal vu de nos jours, malheureusement) et par paresse, surtout. Désolé, chère planète!

Mais je compte me racheter bientôt. Sur la route.


5/17/2012

Pow, t'es mort!

Même presque une semaine après l'activité, je ressens encore des mini douleurs au coco et à l'épaule. Je croyais vraiment être plus "tough" (ça s'écrit comme ça, mais ça se prononce "toffe").

Cousins, oncles, mon père et moi étions réunis, samedi dernier, au Cap-de-la-Madeleine, pour une journée dédiée au paint-ball. Une première expérience pour moi. Bizarrement, j'étais quand même fébrile à l'idée de pouvoir tirer sur des gens avec un fusil. J'ai beau avoir un petit côté fille, celui qui me fait brailler, j'en ai aussi un autre, un peu plus dominant : celui mâle. Après avoir enfilé mon équipement d'armée, j'étais fin prêt à exterminer toute personne du clan adverse devant moi. Ma soeur dit que j'affichais un sourire carnassier. À vous d'en juger...



Fusil en main, je voulais vraiment tirer sur des gens, tout détruire sur mon passage, me prendre pour un invincible. Envoye, amenez-en des adversaires, je vais tous les planter...

À bien y penser, c'était la première fois que je prenais une arme qui pouvait vraiment faire mal, voire blesser sérieusement si mal employée. On est en effet assez loin du petit fusil à pétards nécessitant de petits anneaux rouges et qui fait du bruit. Sinon, mes seuls autres références étaient celles des jeux vidéo, au cours desquelles, et je dis ça bien humblement, il m'est arrivé de bien performer.

Quand tu réalises finalement que ce que tu as entre les mains est dangereux, aussi absurde que ça puisse paraître (en tout cas, dans mon cas, c'est ce qui est arrivé), un espèce de sentiment de puissance t'envahit. Ta ta ta ta ta... juste tirer sur un arbre, c'est cool!

Mais j'avais comme oublié quelque chose dans l'équation, une affaire qu'on pourrait qualifier d'assez importante, mettons : les autres aussi, ils veulent avoir ta peau. Et dans ta face, s'il le faut. Je peux témoigner : de la peinture dans la bouche, ça goûte pas bon. Pendant la toute première partie, je dois l'avouer, c'est assez enivrant. On te jette comme ça dans le feu de l'action, le but de l'activité étant d'éliminer les membres des carrés rouges. Moi, j'étais dans le camp de Richard Martineau, si on se fie à son dernier passage sur le plateau de Guy A : j'étais dans l'équipe des jaunes.

3...2...1... C'est parti. Les rouges sont à l'autre bout du terrain et place à la bataille. Couché par terre, puis caché derrière une roche, j'avance tranquillement. Pan, pan, pan! Poussez-vous, j'arrive. Je me suis rendu jusqu'à la tour de télécomm. Objectif réussi. Maintenant, faut attaquer. Je sors ma tête pour regarder à travers la fenêtre et tout de suite, je suis bombardé. Quelques minutes plus tard, j'allais rejoindre mon père au cimetière (la zone protégée et neutre du terrain), en attendant que ça se termine.

Alors j'ai apprécié mon expérience, oui, mais j'ai quand même rapidement pris mon trou. J'ai peut-être retiré quelques ennemis du jeu, mais j'ai reçu des leçons plus que j'en ai données. Avec aucune expérience, c'est sûr que je pouvais pas m'attendre à être le king, mais j'espérais être un tireur plus efficace. À chaque fois que tu t'aventures un peu trop, les balles ennemies arrivent. Même pas le temps de voir où tu peux en tirer. Tsé, c'est pas juste!

Je veux pas faire ma moumoune, mais ayoye, quand tu reçois une balle de peinture, ça pince. Devant la télé, manette de console au bout des doigts, t'as beau recevoir des centaines de balles, t'es ressens pas une mautadine. Mais là, c'est pour vrai. Pis quand tu te fais mitrailler dans la réalité, ça surprend pis tout ce que tu veux, c'est sacrer ton camp d'où t'es présentement, si c'est possible.

Plus tard dans la journée, j'en ai reçu une sur le casque et mes oreilles cillaient. Après, c'était une directement sur la tête, le casque ne protégeant pas la totalité de la cabouche. Du deuxième étage, un bozo a tiré en angle vers moi pis paf, j'étais sonné, encore une fois. Au point où après quelques minutes, commençant à trouver la chose désagréable, j'ai quitté le dernier terrain de jeu prévu à l'horaire, celui plus urbain, avec bâtiments et véhicule. J'ai préféré les parties dans le bois, où on est moins exposé et plus éloigné. Alors sourire carnassier peut-être, mais entendons-nous pour dire que c'était juste une tentative d'intimidation. Pis encore là, je savais pas trop dans quoi je m'embarquais.

Je ne dis que c'est fini pour moi, les journées paint-ball. Mais j'en mange pas, disons. Pas plus que de la peinture de projectile d'ailleurs.



5/10/2012

Désolé papa

J'aimerais profiter de cette tribune qui m'est offerte (en fait, c'est plutôt moi qui me l'offre... anyway) pour m'excuser.

M'excuser auprès de mon paternel, aujourd'hui retraité mais toujours aussi bon vivant.

Voyez-vous, c'était sa fête le 29 avril dernier. 66 ans. Et tout ce que j'ai fait pour son anniversaire, c'est le serrer dans mes bras et lui souhaiter une belle journée. Rien que ça.

Je ne suis pas du tout fan de cadeaux. Pas pantoute, même. J'ai encore beaucoup de difficulté à apprivoiser cette idée de donner un bien matériel en raison d'un âge qui augmente.

Sauf que d'habitude, je prends la peine d'écrire une carte. Je m'efforce d'écrire un beau mot d'amour à l'intérieur dudit objet, pour signifier à la personne dont on célèbre l'anniversaire à quel point elle compte dans ma vie, lui dire que je l'apprécie beaucoup, la remercier d'être dans ma vie et lui souhaiter tout ce qu'elle désire. Le cadeau, il est bien plus là-dedans, à mon avis, que dans un cd ou un livre.

Mon frère et sa blonde ont fait ça, eux. Ma belle-soeur est rendue une vraie pro dans la confection de cartes. Et je ne sais pas exactement ce qui était écrit dedans, mais ça a ému mon père. C'était beau à voir. J'étais content pour lui, vraiment.

J'ignore encore pourquoi (sûrement pas un manque de temps), mais moi, je ne l'ai pas fait cette fois-ci. Aucune carte. C'est plutôt rare. Et depuis quelques jours, je trouve ça pas mal poche. Je m'en veux un peu.

Ironiquement, c'est justement mon père qui me fait des cadeaux durant l'année. Un livre, tiens, juste comme ça. Pour le fun, de même, dans tes temps libres. Des petites surprises qui me font toujours plaisir. Et mon très cher paternel va m'en faire un autre, un cadeau, en fin de semaine. Il a accepté de prendre part à une activité de paint-ball avec la famille élargie. Peut-être a-t-il croulé sous la pression sociale, mais j'espère sincèrement juste qu'il va s'amuser et que ça va lui faire du bien. On annonce beau, tant mieux.

C'est que je l'aime beaucoup, mon papa. Je ne voudrais surtout pas qu'il s'emmerde. Toujours prêt à discuter, à l'écoute des autres. Tsé, il y a des gens essentiellement bons dans la vie... mon père est indubitablement l'un d'eux.

Au fond, je dis ça, mais je sais très bien qu'il sait que je l'aime. Et je suis convaincu qu'il comprend parfaitement le non-achat de cadeau. Mais pas de carte non plus, rien, moi, je ne veux plus que ça se reproduise. Pis une carte en retard, ben ça parait que c'est pour me rattraper...

Donc pardonne-moi p'pa. À toi seulement, je dédie ce petit simple billet. Et crois-moi, il est rempli d'amour.

Je t'aime


5/09/2012

À bout des furoncles

Je crois que je peux désormais crier "victoire". Après quelques jours de trempette de doigt dans l'eau de javel diluée, de diachylon et d'onguent antibiotique, c'est terminé pour de bon, je pense.

Il y a deux semaines, je sentais une petite douleur à mon majeur gauche. Au début, et c'est tout le temps un peu la même affaire en ce qui me concerne, tu te dis que c'est rien du tout et que ça va passer. Puis, le lendemain, tu te cognes le doigt juste à la pas bonne place. Et ça fait mal! À ce moment, tu te dis que faudrait peut-être que tu t'y attardes un peu. "Mamaaann?"

Tu apprends que ça ressemble pas mal à un furoncle. Un furongle? Non, un furoncle. Tu regardes sur Wikipédia c'est quoi un furoncle et tu as un peu peur... Alors maman pharmacienne te conseille de faire tremper ton doigt dans un récipient contenant deux sortes d'eaux, dont une seule est potable, l'autre étant "de Javel" (Javel? C'est qui, lui... Jamais entendu parler). Alors te voilà pris pendant vingt minutes, le doigt dans une tasse à mesurer.

Idéalement, faudrait tremper trois fois par jour, chaque fois pendant 20 minutes. Pas juste ça à faire moi là. J'ai tout de même été assidu dans mon "traitement", si on peut l'appeler ainsi. On m'avait dit qu'il fallait procéder ainsi jusqu'à ce que la rougeur et la douleur disparaissent. Après un premier trempage, j'ai appuyé sur mon doigt et du pue est sorti du coin de mon ongle. Bon, assez de détails... Il y avait donc bien infection. Mais j'étais quand même content de m'être chargé de la chose au bon moment et de ne pas avoir trop attendu.

J'étais confiant que ça n'allait pas durer des semaines. Le tout a en effet pris deux semaines à se résorber. Un moment donné, bien franchement, je n'y croyais plus. Mais il y a quelques jours, j'ai vu une certaine amélioration. Je croyais que c'était enfin terminé pour mon majeur quand tout à coup, après un roupillon, je constate que mon annulaire gauche, délicat voisin du"fuck you", a des airs de début de rougeur. Serait-ce un autre furongle furoncle. Heille, non, là, ça se peut pas. Pas une autre de cette affaire, juste à côté de l'ancienne. J'ai pas pris de chances, je l'ai fait tremper quelques jours lui aussi.

Et enfin, aujourd'hui, je crois que ça y est. Tout est parti. Aucune sensibilité, aucune rougeur. J'ai des bouts de doigts bien normaux maintenant. Que d'aventure!

Ça m'a fait penser au fait que je me ronge encore les ongles, même à vingt-cinq ans. Je n'ai pas appris de mes erreurs et des me souffrances antécédentes. Plus jeune, au primaire, je me souviens très bien de mes pouces, qui saignaient après une partie de ballon-chasseur. Quand venait le temps d'attraper le ballon, ma peau sous mon ongle de pouce subissait une légère pression vers l'arrière. C'était suffisant pour que ça ouvre un peu et que ça saigne.

Mais le pire, et c'est probablement ce qui a causé mon furoncle, c'est quand, en te rongeant les ongles, une petite peau se détache un tout petit peu de ton doigt. Et là, tu l'arraches et elle longe le côté de ton ongle. Pis là, ça chauffe un peu et tu regrettes tellement d'y avoir touché.

Je vais essayer de tout arrêter. Les ongles, les petites peaux, tout. Contrairement aux fumeurs, je peux pas vraiment dire que je suis "dépendant" de ça. Quoique... Même que j'en ai fait une résolution de début d'année. Mais je la tiens jamais. L'an prochain peut-être.