Des fois, j'écris. Pour le plaisir, pour faire réagir, faire rire ou faire sourire. Faire réfléchir, enfin. De rien.
12/26/2007
12/18/2007
Le retour
Je décroche. Justement, c'est sa mère. Elle me dit que ma moitié manquante est arrivée, qu'elle a froid et qu'elle m'attend.
Ah ben! J'avais calculé dix heures. Il faut croire que sa chauffeuse a clanché. Mais tant mieux, merde! Fuck le balai! Fuck le ménage! Elle est là! Elle est tout près. Tout ce que j'ai à faire, c'est sauter dans l'auto, appuyer sur deux pédales de temps en temps et tourner le volant quelques fois à gauche, quelques fois à droite et ça va y être. Malgré l'extrême enthousiasme qui m'envahit, je devrais bien être capable de faire ça.
Je suis plus qu'excité. Je virevolte sur place dans ma minuscule chambre de résidence, le temps de réaliser que j'ajoute quelques secondes aux quelques minutes restantes. Et puis, après ces quelques minutes, ce sera fini. J'aurai tenu le coup.
Allez, allez, faut y aller! Bottes pas attachées, manteau zippé à moitié, ma tuque mal mise sur mes cheveux ébouriffés, mon cul est sur le siège du conducteur et j'approche du but. Le décompte vient d'être déclenché dans ma tête. C'est désormais véritablement une question de secondes. Et ce n'est pas un rêve. Trente. Vingt-neuf. Vingt-huit... Quinze, quatorze... Trois. Deux. Un...
Je la vois, son sac sur le dos, gelée jusqu'aux oreilles. Elle est contente. Je le suis tout autant. J'accoure vers elle. J'ouvre les bras. Elle me saute dessus. On s'embrasse.
Une fin de semaine, c'est pas beaucoup. J'aurais préféré des années, mais bon, faut faire avec. Au moins, elle est plus près qu'à des centaines de kilomètres.
Alors voilà, Nadia. Pour de plus amples détails, on se garde une petite gêne...
12/14/2007
Garda
C'est ce qui me fascine le plus chez ces hommes qui vont de guichet en guichet récupérer du cash. Cette attitude et cette démarche si uniques. Ils sortent de leur camion, tranquilles mais aux aguets, juste au cas où un imbécile sortirait de nulle part et essayerait de leur voler l'argent, d'en prendre un en otage ou tout simplement d'en attaquer un d'une quelconque manière.
Sans aucune raison, juste pour le fun, j'imagine souvent une scène semblable, dans laquelle je serais évidemment invincible. Caché au bon endroit, je pourrais tout voir. Remarquer comment les deux polices réagiraient, comment l'auteur du crime s'y prendrait, comment les gens autour se mettraient à capoter. Et puis moi, au beau milieu de cette situation complètement surréaliste, surgissant de ma planque, je réussirais à appréhender le méchant d'une technique remarquable.
Ensuite, des gens m'aborderaient d'abord pour me féliciter, ensuite pour me dire qu'ils m'admirent, que je suis leur idole. Et puis, le lendemain, à la une du journal, ma face fendante, confiante et sympathique juste à côté du grand titre "Quel courage!". Les journalistes fusant de toutes parts, leurs micros tout près de ma bouche, me demandant de commenter mon exploit. Et moi de dire que je n'ai fait que mon devoir de citoyen.
Et le summum : des gens qui, dorénavant, me reconnaissent sur la rue ou sur les trottoirs.
- Est-ce que c'est vous qui...?
- Ouais, c'est moi!
- Bien bravo! C'est vraiment impressionnant, ce que vous avez fait.
Je le sais bien, que c'est impressionnant. Mais je sais aussi que si, un beau jour (ou plutôt un mauvais...), un événement de la sorte se produit, "feluette" comme je suis, je vais être le premier à paniquer comme une dinde pas de tête, me mettre à pleurer et demander ma maman.
Mais juste pour le fun, tsé. Parce que c'est cool, des fois, de s'imaginer les scénarios les plus incroyables...
12/09/2007
Présentation
Bonjour ou salut, c’est selon… Étienne, 21 ans, vient de la région de Lanaudière. Assez souvent débridé, sérieux à l’occasion. De sources sûres, excellent blagueur et blogueur d’enfer. Mange, boit, dort, urine et va à la selle, un peu comme tout le monde, quoi…Aussitôt atterri en communication publique, j’ai cru bon de m’intégrer de façon très raisonnable, sans accommodements, à la belle équipe de l’Intercom. Outre l’extrême liberté qui nous est offerte au sein du journal, il y a les rencontres avec d’autres passionnés du crayon (ou plutôt du clavier…) J’espère bien poursuivre pendant des années à vous transmettre ces idées qui chevauchent mes neurones. Ah oui, tant qu’à y être, Noël s’en vient, alors, en primeur, en exclusivité, LE scoop que trop peu de gens savent : le vieux barbu sur son traîneau n’existe pas! Et puis on n’abuse pas du chocolat, histoire de pouvoir remettre les mêmes pantalons en janvier… Bonnes fêtes (ben pas dans le sens d’anniversaires, là…)
Même pas eu besoin de le retaper : j'ai juste eu à faire copier/coller.
12/06/2007
Question de survie
Voilà, voilà. Enfin, enfin. Finalement, finalement...
Je vais la voir. Elle va me voir. Plus précisément, on va se revoir. L'amour va renaître de façon plus palpable, mettons.
Comment j'ai survécu? Je me le demande encore. Je ne sais pas trop. Je pensais qu'après un mois, vers le début du mois d'octobre, j'allais oublier un peu, que j'allais faire comme si tout était normal. Ce ne fut pas le cas. Constamment, de petites pensées. C'était soit quelque chose que je voyais qui me faisait penser à elle, comme les petits rubans de tape blanc, identifiant contenants de plastique (gruau, couscous, riz, etc.), qu'elle a généreusement écrits. Son toutou qui m'a suivi durant tout le périple stationnaire.
Plus que tout, je dois dire que la musique m'a bien supporté.
Durant ces trois mois d'absence, j'ai gardé dans mon auto des albums qui se trouvaient dans mon lecteur lorsqu'elle est partie. En char, je me rappelais tout le temps de beaux souvenirs.
Get Behind Me Satan, de The White Stripes. Le disque n'a pas arrêté de tourner lors de notre escapade au camping de Shawinigan.
Chemical City, de Sam Roberts. J'écoutais ça la première fois que je suis allé chez elle, à La Plaine. Dans le tapis pour ma chérie!
(What's the story) Morning Glory?, de Oasis. Cd qu'elle aime bien mais les tounes se ressemblent un peu. Elle a un peu raison. Je saute moi-même quelques pistes. Reste qu'on fredonnait tous les deux les paroles quand jouait la pièce Wonderwall.
Plus que quelques heures...
Un cousin m'a demandé il y a un mois à peu près si je commençais à m'ennuyer. J'ai commencé à m'ennuyer une semaine après qu'elle soit partie.
Je discutais de cela avec des collègues de bacc féminines. Elles m'ont demandé la même chose, si je m'ennuyais. Bien évidemment. L'une d'entre elles m'a parlé d'une certaine crainte.
-T'as pas peur? Il me semble que moi, si ça m'arriverait, j'aurais peur un peu. Je me demanderais s'il m'aime encore...
-Non, du tout.
-C'est vrai que moi, j'ai pas tellement confiance en moi de toute façon...
-Moi non plus, pas vraiment... Mais j'ai confiance en nous...
J'ai eu droit à des "Ooooonnnnn" de la part des trois filles, signe que ce que je venais de dire, c'était cute à mort.
12/02/2007
Jour J
J pour Judy.
J pour Je t'aime.
C'était planifié depuis des lunes. J'allais enfiler de belles jeans fraîchement lavées, mon chandail préféré (le sien aussi), par-dessus, une belle veste dont elle a déjà dit qu'elle avait "de la gueule". Menton, joues et autres surfaces environnantes fraîchement rasées, cheveux légèrement redressés et petit crème à mains appliquée : sans aucun doute, j'allais être le plus bel homme sur cette terre.
À l'aéroport, ma pancarte à bouts de bras dans les airs, le coeur qui palpite, mes yeux scrutant l'horizon à la recherche de celle qui, par son sourire radieux, allait me donner une joie si immense, allait sûrement me faire pleurer aussi. Il fallait bien que je me le répète pour y croire : dans quelques minutes, j'allais poser mes lèvres sur celles de la plus belle fille du monde.
Et puis, cet appel en après-midi...
Quand j'ai décroché le combiné, sachant que j'allais parlé à maman Beauté, je croyais bien qu'elle retournait mon appel pour me confirmer le tout. Je peux arriver chez eux à telle heure, on jase un peu et puis on fly pour l'aéroport. Mais ce n'était pas tout à fait ça.
- Allô!
- Oui, est-ce que je pourrais parler à Étienne, s'il-vous-plaît?
- C'est moi.
- Tu m'aimeras pas, Étienne.
- Ah non, pas sérieuse.
- Oui.
Ostie!
C'est le seul mot qui me vient en tête, malheureusement. Le jour J que je m'étais imaginé depuis tant de journées n'aura pas lieu comme prévu. Il sera en fait retardé de plusieurs heures.
Madame avait fait une erreur en me disant que ma chérie arriverait dans la nuit de lundi à mardi. C'est plutôt vingt-quatre heures plus tard que Beauté va atterrir à Montréal, chamboulant ainsi tous mes plans de même que mon esprit. Parce que je pourrai pas être là ce soir-là.
Inutile de le dire, je suis extrêmement déçu. Frustré aussi, bien évidemment.
Ostie, comme je disais.
11/30/2007
Thumb up
Je n'ai jamais osé embarquer un pouceux avec moi, dans mon auto. Sûrement par prudence d'abord. Pourtant, quand j'ai vu le monsieur, j'y ai pensé quelques secondes, le temps que mon automobile soit déjà à une centaine de mètres de lui.
Le gars n'avait pas des airs de tueur ni d'agresseur quelconque. À mon avis, il avait simplement besoin d'aide. J'aurais pu l'aider. J'aurais pu arrêter mon auto et le laisser monter, c'est vrai. Après tout, quels sont les risques? Je veux dire, il n'y a pas vraiment beaucoup de chances que la personne ait de mauvaises intentions. Mais il y en a.
Et là, t'es pas mal cuit. Encore plus si t'es tout seul. Il aurait pu sortir un couteau ou je ne sais quoi et me menacer. Je me serais alors retrouvé dans une sale situation, regrettant à mort de l'avoir embarqué. Alors je n'ai pas pris de chance.
En fait, ce n'est pas tout à fait ça. J'aurais pu l'embarquer : il y avait de la place. Mais non, pas le temps, ou trop pressé, ou ça ne me tentait pas. Voilà mes vraies excuses, si insignifiantes et égocentriques soient-elles.
J'espère juste que monsieur, s'il nécessitait vraiment de l'aide, s'est rendu à destination grâce à une bonne âme légèrement naïve ou un peu inconsciente du danger.
11/28/2007
Bonhomme, bonhomme
11/27/2007
Jus de bottes
Du moins, dans mon cas, c'est réglé. Je vais à la bibliothèque presque tous les jours. Depuis qu'il y a des tapis blancs dehors, je me déplace en bottes plutôt qu'en souliers. Et je m'assois sur la même chaise à chaque occasion.
La neige sous mes maisons de pieds fond et de l'eau se répand sur le sol du bâtiment. Et cette semaine, sur ce même plancher, mon empreinte de jus de bottes est claire et nette.
Voilà qui est fait.
11/26/2007
Bravo!
Pourtant, à peine un an auparavant, j'avais les deux globules rivés à l'écran à l'occasion de la troisième saison. Je connaissais tous les concurrents et les concurrentes, des plus cons aux plus belles. C'était vraiment la frénésie totale, je ne me tenais plus debout quand c'était le moment d'OD à la télé. Le lendemain, j'en jasais avec des collègues féminines à l'université. La veille, on s'était promis de ne pas en manquer une seconde. J'y allais de mes opinions et de mes commentaires. Les filles faisaient de même. On s'emportait à l'occasion. Bref, c'était du sérieux. On avait tous nos préférés et préférées. J'allais même jusqu'à consacrer de mon précieux temps pour aller sur le site Web de l'émission et consulter les fiches des pétards concernés. Sans compter le visionnement des vidéos gratuites. J'aurais pu devenir membre VIP, mais il fallait payer, et je me suis dit que jamais je ne rabaisserai à un tel niveau d'incompétence.
N'empêche, j'avais un étonnant plaisir à voir comment vivait la gang dans leurs deux somptueuses maisons ou à partir quelques jours vers des destinations sublimes. J'étais devenu un gros accro, entièrement assumé en plus. J'étais dans le jeu à pleine tête, constatant stratégies, attachements et rapprochements. À chaque pause publicitaire, je me levais de ma chaise, question de me relâcher et de respirer par le nez après tant de suspense, d'emballement et de fébrilité. Je m'étais aussi grandement attaché à ces quelques individus qui, dans tout ce contexte social de compétition et d'imprévus, cherchaient à vivre une expérience des plus réjouissantes. D'une certaine façon, je les aimais, les admirais peut-être. En tout cas, certes, ils étaient beaux. Ils m'avaient sans aucun doute séduit.
Il faut dire que c'est dangereux, ce genre d'émissions-là. T'écoutes la première version et aussitôt, même si tu ne crois pas mordre, tu gobes l'hameçon à belle dent. Avec toutes les conséquences que ça peut amener. Il est fort probable que certaines gens, des individus qui ne connaissaient personnellement aucun des candidats participant, aient dépensé de leurs sous pour encourager tel ou tel candidat de l'émission. Je continue de croire que c'est parfaitement stupide, qu'il y a des choses beaucoup plus intéressantes dans la vie que de se vider les poches pour alimenter une telle industrie.
Ce matin, j'ai appris sur Cyberpresse que la saison s'était terminée hier. Ah ben, tiens, c'est fini. Je ne l'ai même pas vu passer, celle-là. Chose bine a choisi madame plutôt que l'autre garce. Bravo! La photo les montrait en train de s'embrasser. Je leur souhaite bonne chance malgré tout. Je reste toutefois sceptique par rapport à cet amour un tantinet arrangé, il faut bien le dire.
Le pire, c'est qu'avant que cette quatrième saison débute, je croyais bien y attarder un certain oeil. Je m'étais même dit que ça m'occuperait un peu en attendant que Beauté revienne de l'Équateur. Que ça me ferait quelque chose à suivre avec attention. Mais non! Pas du tout. Trop occupé à vivre ma vie au lieu de suivre celles des autres. À écouter des émissions plus intelligentes et imaginatives que ces téléréalités. Tout le monde en parle, Il va y avoir du sport, Les Francs-tireurs et C.A. ont très bien fait leur travail de substitution télévisuelle. Et puis, bien franchement, je ne crois pas avoir manqué quelque chose de grandiose.
Justement, sur Cyberpresse :
Question du jour : Avez-vous apprécié la finale d'Occupation Double hier soir?
- Oui
- Non
- Je n'écoute pas Occupation Double
Sauf que qui sait, peut-être un jour vais-je retomber dans cet enfer incroyablement traître que peut être OD.